LIVRE XXIV. - ' 4-2r
Puis venaient encore, couronnés de myrte, les douze grands dieux ; et tous ceux qui se trouvaient sur le chemin quittaient leurs demeures pour grossir cette jégion.
Beaucoup avaient des pieds de bouc, ou de chèvre, ou de taureau, quelques-uns d'antilope, et marchaient en sautillant.
Prométhée les chassait devant lui comme le berger qui presse le troupeau ; là où ils s'arrêtaient, il les menaçait des débris de ses fers.
Suivait la Mort sur son cheval pâle, efflanqué, hors d'haleine. Elle était couverte d'une armure de fer; mais elle suivait à un long intervalle et semblait aussi du nombre des vaincus.
Et le cortège feisait ainsi le tour de la terre!
Là où la mer commençait, se trouvaient des vaisseaux* qui l'emportaient sur l'autre bord.
Ces vaisseaux hennissaient comme des chevaux de mer, et une noire vapeur leur sortait des naseaux.
Puis venaient les dragons et les taureaux ailés qui avaient porté Isaïe, Daniel et les anciens prophètes.
Maintenant haletants, ils prenaient le prophète nouveau sur leurs ailes et lui faisaient traverser l'abîme.
Pendant qu'ils passaient, les îles tressaillaient d'espérance. Les continents perdus dans les vastes mers émergeaient du fond des eaux, sur des colonnes de corail, à l'approche du roi de la justice.
Les hommes errants qui se repaissent de la moelle du palmier.
4ii MEULIN I/ENCIlANTEUn.
Ceux qui vivent dans les cabanes de bambous.
Ceux qui ne connaissent pas encore le feu, Ceux qui se ceignent du paraug et qui se revêtent du sarong, Ceux qui mangent la chair et le cœur de Thomme, Montèrent sur les sommets des rochers, et ils pensaient en eux-mêmes : « Est-ce le grand Esprit qui passe? »
Et il n'y eut pas alors une île, un golfe, un désert, une fente de là terre, d'où ne sortît cette voix ; c( Triomphe ! ô triomphe ! I/cnfer est vaincu ! »
FJN