‹ Merlin, l'enchanteurChapitre 84 sur 177 · LIVRE xvin. m · texte numérisé non relu

LIVRE xvin. m

J'arriverai avec les roses. Félicite! félicité! voilà ce que peut ajouter aujourd'hui Votre fils et féal,

MeIILIiN L ËKGUANTEUa.

P. S. J'ai proposé tour à tour à Viviane de nous fixer soit au. golfe de Golconde, soit à l'Alhambra, soit au Pérou. J'ai aussi quelque domaine dans l'Eldorado, quoiqu'il soit encore en friche. Décidez comme vous lentendrez; votre choix sera le mien.

Au besoin, si tout venait à nous manquer, je pourrais faire un cours de magie en Allemagne. Avec la connaissance que j'ai de ce pays-là, nous en vivrions fort à notre aise.

MERLIN A VIVLVNE.

Un dernier mot, Viviane; non pas une lettre, mais un hymne; non pas un hymne, mais une triade, notre épithalamel

Que disaient-ils que les bardes ne peuvent chanter les jours heureux? Au contraire, le malheur appauvrit le cœur de l'homme. Rien de plus monotone que la plainte étemelle du roseau sur la grève.

Moi,, je chanterai ma félicité sur tes lèvres et je le bâtirai un hymne que le temps ne pourra renverser*

Les êtres heureux le répéteront d'âge en âge, dans la saison prinlanière, jusqu'à ce que la terre elle-même bondisse dans Tenfantement d'un jour nouveau.

Allez! publiez cette nouvelle, vous, troupe bigarrée, oiseaux des forêts, qui possédez un trésor de chansons bocagères dans vos gosiers enivrés de la rosée du matin I

Dites, publiez au loin : « Merlin épouse aujourd'hui Viviane! »

Qu'ils se réjouissent au fond de leurs cœurs, tous ceux qui aiment, et que les mondes consolés oublient les pleurs qu'ils ont versés.

P. S. Viens au-devant de moi, Viviane, par le petit sentier du bois ; c'est là que je* veux le revoir.

A peine Alifantina fut instruit des projets de départ de Merlin, il mit tout en œuvre pour le retenir. Car chaque jour le roi appréciait davantage notre enchanteur, et peu s'en fallait qu'il n'eût remis entre ses mains la direction de l'empire. Aussi est-il reconnu que jamais les Espagnes n'avaient été si prospères.

Tantôt Merlin enseignait à un coutelier de Tolède Fart de tremper dans le Tage les bonnes lames recour-

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