RANÇOIS-MARIE AROUET DE VOLTAIRE
JL naquit à Châtenay, piès de Paris, le 20 février, 1694, sous le règne de Louis XIV. Il était le fils de François Arouet, notaire et trésorier de la chambre des comptes, et de Marguerite d'Aumart. Plus tard il prit le nom de Voltaire, qu'il tira d'un petit domaine appartenant à sa mère.
A l'âge de 10 ans le jeune Arouet entra au collège Louis-le-Grand, dirigé alors par les Jésuites, où il se fit remarquer par ses talents et son ardeur pour le travail. Destiné à la magistrature, it fut placé à sa sortie du collège (17 10) chez un procureur, mais une vocation précoce l'entraîna irrésistiblement vers les lettres et la poésie (1712).
Voltaire s'est raconté tout entier dans ces vers* : —
Au sortir du berceau, j'ai bégayé des vers . . . D'autres ont fait des vers pour le plaisir d'en faire ; Je fus poëte malgré moi.
Après avoir été emprisonné deux fois à la Bastille {17 17 et 1726), Voltaire se retira en Angleterre. Un séjour de trois ans qu'il fit à Londres eut une grande influence sur son esprit. Il y étudia les sjstèmes de Newton et de Locke.
Rentré en France il s'attira l'inimitié du clergé, par suite de ses attaques réitérées contre la religion. Il se retira (1734) au château de Cirey, en Champagne, chez
* Mercure, 1732. Œuvres, tome xiii., p. 85.
la Marquise du Châtelet, qu'il immortalisa sous le nom d'Emilie. En 1746 il fut reçu membre de l'Académie française. Après la mort de la Marquise il alla s'établir à Berlin, à la cour du roi de Prusse, Frédéric II. (1749) ; mais bientôt ils se brouillèrent et Voltaire revint à Paris. De nouveau persécuté à cause de ses ouvrages contre la religion, il résolut de se fixer hors du royaume
(1753) . Après avoir habité successivement Monrion
(1754) et les Délices (1755), près de Genève, il acheta 3a terre de Ferney, devenue si cé èbre (1758). C'est là qu'il passa les vingt dernières années de sa vie. Durant ce temps, Ferney fut la métropole de l'Europe* et reçut la visite et le tribut d'hommages du monde entier. Voltaire y régna sur les arts, sur la littérature, sur la politique même; l'éclat de ce règne effaça de beaucoup celui de Louis XV.
Cependant Voltaire voulut revoir Paris pour y jouir de sa gloire, il y rentra en février, 1778, et c'est là qu'il mourut le 30 mai de la même anné-% sous le règne de Louis XV., chez le Marquis de Villette, sur le quai qui s'appelle encore aujourd'hui quai Voltaire.
Peu d'auteurs ont tant écrit que Voltaire; ses principaux ouvrages en vers sont : la Henriade, le seul poème épique que possède la France ; ses tragédies : Œdipe, Brutus, Zaïre, Mérope, la Mort de César, Semiramis, Alzire, Mahomet, Oreste, Tancrède. Il possède surtout une grande supériorité dans les poésies légères. En prose il nous a laissé des modèles de style : l'Histoire de Charles XIL, celle de Pierre le Grand, le siècle de Louis XIV. et celui de Louis XV. Son immense correspondance, des romans, un Dictionnaire philosophique et d'autres ouvrages de ce genre.
ARISTOTE nous apprend qu'une des meilleures tragédies d'Euripide, intitulée Cresphonte, avait pour sujet l'épisode suivant, tiré de l'histoire mythologique grecque.
Mérope, fille de Cypsélus, roi d'Àrcadie, épousa (vers 1190 av. J. C.) Cresphonte, un des Héraclides, et roi de Messénie, dont elle eut trois enfants. Polyphonte réussit, à la faveur d'une attaque nocturne, à tuer l'é oux de Mérope et deux de ses fils, et il allait la contraindre à l'accepter lui-même pour époux et à lui donner la couronne, quand Epytus (autrement Téléphonte), le troisième fils de la reine, reparut, et tua l'assassin de son père.
Le Cresphonte d'Euripide est perdu. Voltaire nous le rend, avec l'addition de quelques personnages subalternes, sous le titre de Mérope. Le nom d'Épytus est changé en Égisthe.
Voici le résumé des 5 actes qui composent cette tragédie : —