GARDES
ÉGISTHE, dans le fond du théâtre, à Ismém'e. Est-ce là cette reine auguste et malheureuse ; Celle de qui la gloire et l'infortune affreuse Retentit jusqu'à moi dans le fond des déserts ?t
ISMÉNIE
Rassurez-vous, c'est elle.
( Elle sort.)
* Figure hardie et convenable au style poétique, où les soupçone peuvent interroger. La prose serait plus discrète.
f II faudrait, pour la correction, a retenti ou retentissait.
ÉGISTHE
O Dieu de l'univers, Dieu qui formas ses traits, veille sur ton image ! La vertu sur le trône est ton plus digne ouvrage.
C'est là ce meurtrier! Se peut-il qu'un mortel Sous des dehors si doux ait un cœur si cruel ? Approche, malheureux, et dissipe tes craintes. Réponds-moi: de quel sang tes mains sont-elles teintes?
ÉGISTHE
O reine, pardonnez ! le trouble, le respect, Glacent ma triste voix, tremblante à votre aspect.
(A Euryclès.) Mon âme, en s>a présence, étonnée, attendrie...
Parle. De qui ton bras a-t-il tranché la vie ?
ÉGISTHE
D'un jeune audacieux, que les arrê's du sort Et ses propres fureurs ont conduit à la mort
D'un jeune homme ! Mon sang s'est glacé dans mes
veines.
Ah !... T'était-il connu ?
ÉGISTHE
Non : les champs de Messènes, Ses murs, leurs citoyens, tout est nouveau pour moi.
Quoi ! ce jeune inconnu s'est armé contre toi ? Tu n'aurais emplové qu'une juste défense ?
ÉGISTHE
J'en atteste le ciel ; il sait mon innocence. Aux bords de la Tamise, en un temple sacré Où l'un de vos aïeux, Hercule, est adoré,