‹ MéropeChapitre 40 sur 80 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MÉROPE, POLYPHONTE, ÉROX, ISMÉNIE, suite. POLYPHONTE.

Le trône vous attend, et les autels sont prêts ; * L'hymen qui va vous joindre unit nos iniérês. Comme roi, comme époux, le devoir me commande Que je venge le meurtre, et que je vous défende. Deux complices déjà, par mon ordre saisis, Vont payer de leur sang le sang de votre fils, Mais, malgré tous mes soins, votre lente vengeance A bien mal secondé ma prompte vigilance, avais à votre bras remis cet assassin : ous-meme, disiez-vous, deviez percer son sein.

* Voilà un nouveau coup de théâtre, prévu sans doute, et cependant d'un puissant intérêt dramatique.

Plût aux dieux que mon bras fût le vengeur du crime !

POLYPHONTE

C'est le devoir des rois, c'est le soin qui m'anime.

Vous 1

POLYPHONTE

Pourquoi donc, madame, avez- vous différé ? Votre amour pour un fils serait-il altéré ?

Puissent ses ennemis périr dans les supplices ! Mais si ce meurtrier, seigneur, a des complices; Si je pouvais par lui reconnaître le bras, Le bras dont mon époux a reçu le trépas... Ceux dont la race impie a massacré le père Poursuivront à jamais et le fils et la mère. Si Ton pouvait...

POLYPHONTE

C'est là ce que je veux savoir ; Et déjà le coupable est mis en mon pouvoir.

Il est entre vos mains ?

POLYPHONTE

Oui, madame, et j'espère Percer, en lui parlant, ce ténébreux mystère.

Ah! barbare ! A moi seule il faut qu'il soit remis. Rendez-moi... Vous savez que vous l'avez promis. {à part.)

O mon sang ! ô mon sang ! quel sort on vous prépare !

(à Polyphonie.) Seigneur, a)ez pitié...

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