ACTE III. SCÈNE VI
Quel transport vous égare !
Il mourra.
Lui ?
POLYPHONTE
Sa mort pourra vous consoler.
Ah ! je veux à l'instant le voir et lui parler.
POLYPHONTE
Ce mélange inouï d'horreur et de tendresse, Ces transports dont votre âme à peine est la maîtresse, Ces discours commencés, ce visage interdit, Pourraient de quelque ombrage alarmer mon esprit. Mais puis-je m'expliquer avec moins de contrainte ? D'un déplaisir nouveau votr^. âme semble atteinte. Qu'a donc dit ce vieillaid que l'on vient d'amener ? Pourquoi fuit-il mes yeux ? que dois-je en soupçonner ? Quel est-il ?
Eh ! seigneur, à peine sur le trône, La crainte, le soupçon, déjà vous environne I*
POLYPHONTE
Partagez donc ce trône : et, sûr de mon bonheur, Je verrai les soupçons exilés de mon cœur. L'autel attend déjà Mérope et Polyphonte.
MÉROPE, en pleurant.
Les dieux vous ont donné le tiôue de Cresphonte ; 11 y manquait sa femme : et ce comble d'horreur, Ce crime épouvantable..,
ISMÉNIE
Eh ! madame !
• Trône et environne riment mal, puisque dans le premier mot la voyelle est longue et qu'elle est brève dans le second. C'est une rime provençale.
46 MÊPOVÇ.
Ah ! seigneur, Pardonnez... Vous voyez une mère éperdue. Les dieux m'ont tout ravi ; les dieux m'ont confondue. Pardonnez... De mon fils rendez-moi l'assassin.
POLYPHONTE
Tout son sang, s'il le faut, va couler sous ma main. Venez, madame.
O dieux ! dans l'horreur qui me presse. Secourez une mère, et cachez sa faiblesse !