LE PLATEAU SUBATLANTIQUE
que en employant ce mot dans toute l’étendue de sa moderne signification ; les courses géologiques de Brives nous en ont enfin révélé clairement la statigraphie (B. En ce qui nous concerne personnellement, nous n’avons fait que profiter, dans nos voyages, des résultats obtenus par ces savants sans avoir la présomption de les compléter 5 seules, nos observations ethnographiques et sociologiques que nous exposerons plus loin, peuvent être en grande partie tenues pour inédites. Il n’en est pas de même du présent paragraphe, mais nous devons toutefois faire observer que, sauf les quelques lignes consacrées à un très court exposé géologique, les pages qui suivent sont écrites d’une façon tout-à-fait indépendante.
La région comprise entre le Haut-Atlas au Sud, le Moyen- Atlas à l’Est et l’Océan forme ce que Th. Fischer a appelé l’avant-pays, le « Yorland » de l’Atlas, et ce que nous apppelons plus volontiers en Algérie « le plateau subatlantique ». C’est une vaste étendue formée de deux terrasses superposées que tous les voyageurs ont remarquées, même les moins géologues : la première inférieure à300m, la deuxième inférieure à 600m. Labordure qui sépare la première terrasse de la seconde est constituée par une chaîne de hauteurs dont font partie le Jbel Lakhdar et le Jbel Felnâça. Au-dessus de cette deuxième terrasse s’élèvent les débris d’une troisième, précisément au Jbel Lakdar, puis dans le massif des Béni Meskîn et enfin dans la chaîne si remarquable des Jbîlèt.
H) Il serait injuste d’omettre ici les noms des deux collaborateurs de M. Th. Fischer, le L)r Kampfiîneyer et le Dr Weissgerber. Le premier a publié ses impressions qui ont la valeur de véritables études, dans ses « Reisebriefe » que nous avons déjà eu l'occasion de citer. Le second a publié le résultat de ses nombreux voyages à travers le Hoûz dans «La Géographie », dans la « Revue générale des Sciences » et dans son livre déjà cité, « Trois mois de campagne au Maroc ».
GEOLOGIE DU PLATEAU
La première terrasse offre, d’après Brives, la succession suivante de terrains :
Lacune correspondant aux dénudations des mers précédentes.
1. Dépôts relevés : schistes siluriens très plissés, très relevés, parfois même renversés.
Ces schistes anciens ont leurs plis orientés N. 20° E. ; ils représentent les débris d une ancienne chaîne hercynienne qui s’étendait au Sud j usque dans le Sahara et dont les plis, découverts pour la première fois par Flamand (h dans l’Extrême Sud-Ouest oranais, ont ôté en dernier lieu étudiés par Brives au Maroc et par E. F. Gautier au Sahara (2). On sait que le continent hercynien eut son maximum d’extension a 1 époque carbonifère ; c’est sur les côtes de ce continent ou dans ses lagunes intérieures que s’est formée la houille. Aussi la découverte des ridements hercyniens du iNoid de 1 Afrique a-t-elle fait naître de nouvelles espérances au sujet de la possibilité de trouver des gîtes de charbon de tene , et il semble que si la houille pouvait se trouver quelque paît dans ces pays, c’est au Maroc et dans le Sahara qu’il faudiait la chercher. Si en effet, dans la région qui nous
il) G. B. M. Flamand, «Sur la présence du Dévonien inférieur dans le Sahara Occidental », dans « G. -R. Ac. Sc. », 2 juin et 21 juillet 1902.
(2) Brives, « Considérations géographiques sur le Maroc occidental », p. 4 du t. à p. ; E. F. Gautier, « C.-R. Acad. Sc. », 8 décembre 1902, m f. ; « Sahara oranais », dans « Ann. de Géog. », XII, 1903, p. 243.