‹ MerrâkechChapitre 111 sur 223 · SENS DU MOT « TIRS · texte numérisé non relu

SENS DU MOT « TIRS

et pour cela nous devons avouer que la compétence nous manquait.

Pour en revenir à la question débattue entre Th. Fischer et B rives, au sujet de l’origine du tirs, ce ne sont pas les analyses de terre qui en fourniront la solution. S’il nous était permis d’élever la voix dans un tel conflit, nous ferions remarquer d’abord que les divergences portent uniquement sur la terre noire des Châouia, Doukkâla, 'Abda et non sur celles des Béni Haçan ou autres dont Th. Fischer ne conteste pas l’origine sédimentaire. Ensuite, nous ferions encore remarquer que Brives écrit : « A mesure que le dessèchement (des lagunes où se déposait le tirs) se produit, l’humus formé se mélange avec les apports quelconques, ceux du vent , ceux des eaux de ruissellement et constitue ainsi des terres argileuses noires)) (p. 5 du t. à p). D’autre part, Th. Fischer accorde (p. 4 dut à p.) que «les débris organiques que la terre contient en quantités importantes, proviennent en partie des apports de poussières du vent, en partie de l’humus formé sur place » et que « V humidité entretenue par les pluies et la végétation contribuent à retenir les poussières et à les accumuler. » 11 semble donc que les deux explications pourraient chacune être vraies et que les deux savants auraient peut-être raison à la fois ?

Avant de quitter ce terrain scabreux, je ferai remarquer qu’étymologiquement « Lîrs » ne signifie pas « terre noire »: l’idée de noir n’est pas dans cette racine. Le mot est répandu en Algérie et désigne les terres fortes, argileuses, dures en été, boueuses en hiver. On emploie aussi souvent la forme pluriel « touàres ». Nous avons entendu dire à des indigènes expropriés de Sîdi Bel 'Abbés : « Khdou lna t-touâres », c’est-à-dire ; « ils nous ont pris nos tirs, nos bonnes terres », en parlant des Français. 11 existe plusieurs territoires qui

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