ITINÉRAIRE DANS LES DOUKKÂLA
(Itinéraire de Guerrando a El Rerbiya et d’El Rerbiya a Mazagan).
(15 octobre 1902). Nous partons de Guerrando dans l’après-midi (2 h. 45) en nous dirigeant à peu près vers le N.-W. Nous sommes bientôt (3 h. 25) au douar de Si Sêddîk où se trouvent sept à buit groupes de « nouâla ». Bientôt nous passons auprès du remarquable mausolée de Sîdi Mohammed el 'Aiem, curieux bâtiment dont la coupole est flanquée de quatre autres coupoles en carré ce qui lui donne un air monumental et le rend très reconnaissable de loin. Au lieu du pays âpre, dur, montueux que nous venons de traverser (les Rehâmna), c’est maintenant un pays plat , fertile , cultivé partout respirant l’aisance. Une herbe verte et drue, nouvellement poussée à la suite des dernières pluies, couvre le chemin et des chameaux la paissent de tous côtés; beaucoup de villages consistant en buttes cylindro-coniques, sont situés au milieu des ruines d anciennes constructions en pierre. C’est d’un effet parfois très impressionnant : les nouâla se dressent au milieu des ruines des maisons, entre les pans de murs à moitié écroulés, sous les portiques restés debout ; on dirait que c’est la barbarie campée sur les ruines de la civilisation. Et si vraiment cette dernière expression est un peu forte, elle enferme pourtant, nous aurons l’occasion de le montrer, une grande part de vérité ; il fut un temps ou de petites cités sédentaires se dressaient là où aujourd’hui ne s’élèvent plus que de primitives cabanes. Nous marchons maintenant sur le bouk el 'Arba'a, marché du mercredi : c’est une grande route, extrêmement fréquentée, comme il ne peut yen avoir que dans un pays prospère. Bientôt nous laissons de côté les