‹ MerrâkechChapitre 128 sur 223 · NOMS ETHNIQUES · texte numérisé non relu

NOMS ETHNIQUES

que le confirme un autre passage d’Ibn Khaldoûn fi). Ce dernier est le seul auteur qui admette leur origine sanhâdjienne : El Idrîci et El Merrâkchi (2) en font des Masmoûda, ce qui paraît la version la plus probable. Aujourd’hui les Doukkâla sont massés entre l’Ouâd Tensift et EOum er Rbîâ : avec les 'Abda, ils occupent entre ces deux fleuves la terrasse inférieure du plateau subatlantique. Une de leurs fractions habite le Rarb aux environs d’El lysar el Kebîr (1 2 3). Les Doukkâla sont un mélange de berbères et d arabes : ces derniers ont été introduits dans le pays par 1 almohade El Mansoûr et sont aujourd’hui assez bien fusionnés avec les premiers occupants du sol; mais au temps de Léon et de Marmol, on les en discernait encore facilement et cette distinction paraît avoir été courante alors (4) .

L’étymologie du mot Doukkâla nous est inconnue ; tandis que les ethniques comme Châouia, Serâfna, Rehâmna sont des mots arabes ayant un sens, une forme grammaticale connue, d’autres noms comme Doukkâla, ’Abda, Alimar, Hâha, Sanhâja, Masmoûda apparaissent, au moins aujourd’hui, comme de véritables noms propres, dont l’étymologie nous échappe dans le plus grand nombre des

(1) Ibn Khaldoûn, op. laud., II, p. 135, nonobstant la note du traducteur.

(2) El Merrâkclii. « Hist. des Almohades », trad. Eagnan, p. 292.

(3) Ct Le Châtelier, «A illes et tribus du Maroc», I, p. 35 ; de Ségonzac,

« Voyages », p. 87.

(4) ^ oy. p. ex. Marmol, « Alinea», II, fol. 46 v. , et des passages nombreux dans les « lextos en aljamia» de Lopes, ainsi que dans les « Documentos da Torre do Tombo » ; cf aussi Kampffmeyer, « Chaouia », in « Mitt. Or. Sem. », 1903, p. 32. — Le che'ïkh Zemmoûri (Salmon, « Arch. maroc. », \ol. II, fasc. 3, p. 281) dit que les Doukkâla descendent d’un certain Haçan Abou-l-Bezâzel, c’est-à-dire « l’homme aux tétons ».

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