MANIÈRE DE PORTER LE HAÏK
secrètes W ». Ainsi le vêtement unique semble bien être venu plus tard, de même que le vêtement cousu est venu après le vêtement sans couture. Celui-ci s’est conservé au Maroc chez les hommes, sous la forme du ksâ ou hâïk
Voici comment les marocains des villes mettent généralement le haïk V. L'homme place un des coins de la pièce d’étoffe sur son épaule gauche, en saisissant le bout avec la main du même côté ; le reste du hâïk passe derrière le dos et est provisoirement appuyé sur son épaule droite, l’extrémité traînant à terre (fig. 56, n° 1). Puis on l’enlève de dessus cette dernière épaule, on le fait passer sous le bras droit et remonter à gauche, par devant * on le repasse derrière le dos par dessus le bras gauche et on le tient un instant élevé au-dessus de la tète avec les deux mains (n° 2). A ce moment on l’ajuste sur la tête et on donne du jeu à l’étoffe à gauche, de façon qu’elle couvre entièrement le bras de ce côté; le bras droit est rabattu naturellement et laisse retomber le hâïk a droite (ii° 3). On rabat ensuite le bras gauche en tendant l’étoffe, ce qui fixe le hâïk de ce côté(n°4). Dans cette situation, il n’y a plus qu’à envoyer avec la main droite par dessus l’épaule gauche le reste du hâïk qui pend à droite (n° 5). Le « telhîf » est terminé : le hâïk fait deux fois le tour du corps et passe sur la tète ; le dernier pan traîne par derrière jusqu’à terre (n°7); vu par devant, le vêtement découvre seulement un triangle au milieu du corps (n° 6), mais si on a fait le premier tour du hâïk plus haut, le haïk ne laisse rien à découvert; on peut même s’arranger de
(1) Léon in Ramusio, fol. 13, CL; trad. Temporal, I, p. 120.
(2) Parmi les différents auteurs qui ont donné des détails sur le hâïk, on doit citer surtout : Hôst, « Nachricliten von Maroko », p. 115, avec une figure ; Urquhart, « Pillars of Hercules », t. I, p. 232 et Meakin, « The Moors », p. 51 .