HAÏ K, VÊTEMENT PRIMITIF
pagne est nommé dans ce cas « izâr » et le manteau « rida (F ». Ici, comme toujours, nous trouvons, cristallisés
sous la forme de rites religieux des usages anciens et tombés en désuétude ailleurs que dans les cérémonies sacrées ; c’est
ainsi que chez nous, les habits et les ornements du prêtre catholique sont tous des survivances de l'habillement des anciens âges. Ce vêtement antiqüe a dû être en usage chez bien d’autres peuples que les arabes : les Hâha du Maroc, à l’époque de Léon l’Africain, le portaient encore. « La plus grande partie de cette nation, dit cet auteur, porte pour habillement un gros drap de laine qu’ils appellent elchise lequel est fait à la semblance d’un simple loudier, de quoi l’on couvre les lits en Italie, et se l'entortillent autoui d eux bien étroitement, se ceignant au-dessous des hanches avec un bandeau de laine, duquel ils se couvrent les parties
(1) Niebuhr, « Voy. en Arabie »,i.I,p. 54; Mouradja d’Ohsson, «Empire ottoman », t. 3, p. 44; Burckhardt, «Voy. en Arabie», trait. Eyries, t. I, p. 116; Barton, « Pilgrimaje », p. 389. Dozy, « Dict. », s. v., a noté que le mot izàr est déjà dans Hérodote, VII, 59, sons la forme ;stph qui signale ce vêtement comme porté par les Arabes. Plus tard, izâr s’est prolongé dans le sens de pagne, caleçon (Dozy, «Vêtements arabes», p. 37). Le «zonnâr», que les juives et les chrétiennes portaient sous l’izâr d’après Nowéïri, cité par Dozy, op. laud., p. 28, était peut-être quelque chose de semblable (cpr zonnâr dans un sens peut-être analogue, ibid. , p. 196). Le mot « ihrâm », paraît avoir été longtemps en usage au Magrib, dans le sens de manteau fait-d’une seule pièce. Cf. Dozy, op. laud. , citant Ibn Batoûta ; la signification de manteau conviendrait mieux, semble-t-il dans ce passage que celle de coiffure : arg. « Dict. », s. v. Quant au mot rida’, en arabe magnbin « nia», il a encore, dans certaines régions de l’Algérie, la signification d izâr des femmes et aussi celle de pièce d’étoffe (Marçais, « Dialecte de Tlemcen », p. 307).
(2) C’est, le mot « ksa », sous la forme berbère « leksa », dans laquelle T article arabe est soudé au mot, suivant les lois constantes de la phonétique berbère.