MANIÈRE DE PORTER LE HAÏ K
lement un mouchoir riche (n° 1). Le tlemcénien met ensuite le hâïk comme notre marocain, et, au n°2, il est dans la même position que celui-ci au n° 4 de la fîg. 56 : à ce moment le tlemcénien, au lieu de rejeter tout le pan restant par dessus l’épaule gauche n’en laisse tomber en arrière de cette épaule qu’une moitié, celle qui correspond au bord inférieur; il retient dans sa main celle qui correspond au bord supérieur (n° 3) et la rejette par dessus la tête, de gauche à droite, de façon que l’extrême bout retombe sur l’épaule droite ; alors il abaisse son bras gauche et le dernier tour du hâïk sur la poitrine, qui était retroussé, retombe tout uni (n° 4). Ainsi dans la mode tlemcénienne, moins gracieuse que la mode marocaine, le haut du corps est étroitement et entièrement recouvert par devant et la tète est couverte deux fois par le hâïk. Quand le tlemcénien veut avoir les mains libres, il prend la partie du hâïk qui, dans la dernière position (n° 4) est tendue devant le haut du corps, il la plisse dans ses deux mains , l’élève et la passe par dessus la tète, de façon qu’elle retombe derrière la nuque; ensuite il complète l’aisance des mouvements en relevant à hauteur de la poitrine la portion du hâïk restant par devant, qui forme une espèce d’écharpe (fig. 59). Les quatre membres se trouvent ainsi dégagés.
Revenons au vêtement des Doukkâla : c’est tout simplement un hâïk en laine qu’ils portent exactement comme les citadins portent leur léger liâïk de soie. La fig. 60, n° 1, montre un Doukkâli ainsi
Fig. 59. — Hàïk h la mode tlemcénienne :
tenue de travail
(Cliché de l’auteur)