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LE JEU DE LA « KOÛRA

faire une pirouette sur les mains (« itchekleb »), donner un coup à celui qui se trouve le plus près de lui et lancer ensuite la pelote à son tour : il ne peut la relancer qu’après avoir fait cette pirouette et donné ce coup. On est confondu de voir la prestesse avec laquelle les indigènes exécutent ce rituel compliqué; les coups portés ainsi, généralement avec les pieds, sont très violents et rendent le jeu d’une grande brutalité. On n’est pas divisé en camps et c’est celui qui est le plus résistant qui est le vainqueur. Cette forme de jeu a naturellement un caractère beaucoup plus populaire que les autres. Dans certaines contrées du Maroc on joue de cette manière avec une belfa ou babouche en guise de koûra. Il en est ainsi, par exemple, chez les Cliiâdma : là, les joueurs se mettent en cercle ; l’un d’eux tient une belfa et la jette à un autre joueur, à sa volonté. Celui-ci reçoit la belfa, fait une pirouette sur les mains en cherchant à frapper un autre qui essaie d’esquiver le coup et il lance la belfa à un troisième qui recommence. Si celui à qui est envoyée la belfa n’a pu la recevoir au vol, il la ramasse et doit la passer à son voisin sans faire de pirouette, au lieu que celui qui l'a reçue régulièrement peut la jeter à qui il veut.

Le jeu de la koûra, avons-nous dit, est joué dans toute l’Afrique du Nord; en particulier, il est très répandu dans toute l’Algérie, où on le joue surtout avec un bâton. Les joueurs forment deux camps et chacun est armé d’une crosse. O11 choisit de préférence un terrain plat ; quand tout le monde est réuni un des joueurs lance la koûra en l’air; autour de lui les joueurs sont en arrêt, le bâton en main, cherchant chacun à frapper la balle de manière à la mener vers son camp. Dès lors la mêlée ne cesse plus, tous les joueurs s’acharnent sur la balle, les uns pour la mener d’un côté, les autres de l’autre. Souvent aussi chacun se sert de son bâton

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