LE JEU I)E LA « KOÜRA
sans bâton ; il porte, dans ce cas, dans la Petite Kabylie de Collo et Djidjelli, te nom de « doûkha » ; la balle est lancée à la main (P.
Il est bien remarquable qu’au Maroc la koûra soit principalement jouée par les tolba ; ce fait paraît moins net en Algérie. Au Maroc même, le jeu de la koûra, sans bâton et avec le pied, est le monopole des tolba et il n’y a qu’eux qui y jouent, au moins de cette façon (1 2 3). Ainsi dans les Hâha, par exemple, que nous avons spécialement étudiés, il n’y a que les tolba qui jouent à la koûra et ils le font de la façon suivante : ils sont d’abord divisés en deux camps et se lancent alternativement la balle avec le pied ; peu à peu les deux camps se rapprochent et une véritable mêlée s’engage. Chacun cherche à faire tomber celui qui s’approche de la pelote, pour la relancer du pied, mais il est interdit pour cela de se servir des mains ; on ne peut que pousser avec la poitrine, ou l’épaule, ou la jambe, ou le pied; on peut même donner des crocs-en-jambe, mais on doit garder les deux mains pendantes. A Mogador, tout le monde joue à la koûra, avec le pied, mais sans donner de coups : seuls les tolba, qui jouent séparément, suivent ta même mode que dans les Hâba, en sorte que ce jeu est presque en même temps une véritable lutte. Cette manière de jouer semble du reste être la plus répandue chez les tolba du Maroc (3).
(1) M. Ménétret, administrateur de la commune mixte d’El Milia ; Constant ine) et M. Bugéja, administrateur de la commune mixte de Téniet el Hàd (Alger), m’ont fourni sur le jeu de la koûra, tel qu’il est pratiqué dans les régions qu’ils habitent, les plus précieuses indications.
(2) Ci Mouliéras, « Maroc Inconnu », II, p. 50-51, 178; Bonsaï, « Morocco as il is », p. 190 ; Harris, « Tafilet », p. 211.
(3) Sur la brutalité de ce jeu, cf El Oufrâni, « Nozliet el Hàdi », p. 338 et s.