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SENS DU JEU DE LA « KOÛRA

Cette particularité curieuse, que le jeu de balle est, en quelque manière, une attribution des tolba, des clercs, pourrions-nous dire, se rencontre en d’autres pays : sans aller plus loin que notre propre pays, nous savons qu’en France au moyen-âge on jouait à la balle dans les églises ; jusqu’à la Révolution, le jour du mardi-gras, l’évêque d’Avranches et ses chanoines jouaient une partie de balle à la crosse sur la grève et on en donnait le signal en sonnant à toute volée le bourdon de la cathédrale (b. Or, c’est également vers la même époque qu’il est habituel, dans 1 Afrique du Nord, de jouer à la koûra. En effet, dans un très grand nombre de pays elle ne se joue qu’au printemps et dans tous les pays où on la joue à une autre époque, le printemps demeure néanmoins sa saison classique, principalement pour les tolba. Dans l’Aurès,etprobablement ailleurs, elle est une partie intégrante des cérémonies qui ont lieu à la fêle du printemps, « melkar rbîâ » (2). Mais très souvent on organise en temps de sécheresse et à n’importe quelle époque des parties de koûra «pour amener la pluie». On ne saurait donc assimiler la koûra à un simple sport, car on n’y joue point dans les fêtes indigènes en général: elle n’est point, comme la fantasia, l’accompagnement obligé de toute réjouissance. Si 1 on veut bien réfléchir à ces diverses circonstances, on ne peut méconnaître que le jeu delà koûra, qui a lieu à certaines dates solaires ou pour amener un changement de temps et qui est souvent le privilège d’une classe à caractère religieux, a tout à fait les caractères d’une survivance de cérémonie

(1) Simeon Lnce, «France pend, la Guerre de Cent ans»,p. 118-119. — Mais vo3rez surtout sur le jeu de balle dans le rituel de l’Eglise catholique Mannhardt, « Baumkultus », p. 477, avec de curieuses citations.

(2) Masqueray, « Cilés », p. 37 ; C1 Lartigue, « Mon. de l’Aurès », p. 393.

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