‹ MerrâkechChapitre 67 sur 223 · L’Oum er Rbîâ; Azemmoûr · texte numérisé non relu

L’Oum er Rbîâ; Azemmoûr

Nous arrivons au bord de l’Oum er Rbîâ (régulièrement a Oumm-ar-Rabî' »), vers trois heures et demie. Son nom

(1) Voy. notamment Orig-ène, Exh. Mart., passim.

(2) « Christi sanctissimæ passionis merito per spiritum sanctum caritas Dei diffunditur in cordibus ». (Conc. de Trente, Sess. VI, De jnstif.).

L’OUM ER RBÎÂ

signifierait, si l’on en croit l’explication courante, « la mère des pâturages » ou « la mère du printemps », explications, en somme, aussi peu satisfaisantes l’une que l’autre. Suivant la phonétique magribine, le mot se prononce dans te dialecte marocain : « rnorbêâ », comme l’orthographie fort bien Weissgerber ; Léon l’appelle Ommirahih, Marmol Umarabea, Mouette Marbea, Host Omarbà, Ali-Rey Morhèa et Th. Fischer, après Chénier et Lemprière, Morheya. Quant à nous, nous avons conservé l’orthographe régulière, bien qu’en principe, nous nous soyions fait une loi de toujours adopter l’orthographe conforme à la phonétique de la langue parlée • mais le nom d’Oum er Rbîâ est presque classique parmi les géographes (h.

L’Oum er Rbîâ coule impétueusement dans un lit resserré, mais que l’on sent profond ; avec son eau, troublée par les argiles arrachées aux berges d’amont, il donne vraiment 1 impression d un maître lleuve. Surla rive opposée, les murs des vieilles constructions portugaises d’Azemmoûr tomben t à pic sur la rivière où leur hase noirâtre semble plonger ; le haut des murailles est blanc et des centaines de cigognes se pressent sur le sommet. Trois grandes barques servent à traverser le fleuve et nous nous dirigeons vers l’em-

(1) Weissgerber, dans « La Géographie », 15 mai 1902, p. 321, pense que le mot « Morbêâ » est un nom berbère, Cette opinion ne nous semble guère soutenable. « Morbêâ » est typique comme exemple de déformation de la languie régulière dans le dialecte. D’ailleurs, l’ancien nom berbère du fleuve nous est donné par El Bekri, p. 154 du texte et 351 de la traduction, sous la forme de « Ouâd Ouansifen ». Il faut observer que « Ouansifen » est le pluriel en annexion d’un singulier « ansif », dont le féminin ou le diminutif serait « tansift », nom de la rivière qui passe à Merrâkech et se jette dans l’Océan entre Mogador et Saffi. Cependant le texte d’El Bekri ne peut s appliquer à l’Ouâd Tensift. La signification d’un mot berbère tel que « ansif », est inconnue des berbérisants,

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