‹ MerrâkechChapitre 69 sur 223 · COURS DE L’OUM ER RBÎÀ · texte numérisé non relu

COURS DE L’OUM ER RBÎÀ

qui s’élèvent entre eux au sujet du prix, chacun cherchant à tromper l’autre, les cris des hêtes et les hurlements que les conducteurs poussent pour les exciter, et vous aurez une idée de cette scène bruyante et mouvementée, cependant que l’oued, dans son cadre sauvage, continue à rouler ses ondes rapides et silencieuses.

Pendant longtemps, les cartes ont dessiné le cours de 10um-er-Rbîâ comme à peu près rectiligne dans toute sa partie inférieure qui sert de frontière entre les Châouia et les Doukkûla. Ce n est que dans ces dernières années que MM. Weissgerber et Th. Fischer (b en ont à peu près dessiné le cours et montré qu’il est extrêmement sinueux, au point de décrire des méandres comparables à ceux de la Seine dans sa basse vallée. M. Fischer a pu placer, à titre de comparaison, à côté de la boucle de Bou l'Aouân, la boucle de la Moselle à Marienbourg.

A Bou l'Aouân, à plus de 60 kilomètres de son embouchure, l’Oum er Rbîâ décrit en effet un S dont une des boucles est presque fermée; au milieu de cette boucle se dresse sur une haute colline une vieille casha de laquelle on peut contempler la vallée sauvage, tortueuse et encaissée dans laquelle le fleuve coule rapide et trouble. Lorsqu’il a plu ses eaux sont presque rouges, et du haut des bordj crénelés de la forteresse, c’est un étrange paysage que l’on a sous les yeux : ces vastes ruines, les pentes abruptes de la montagne, les espaces déserts qui bornent la vue, les lacets du torrent aux Ilots sanglants et tumultueux, tout cela

(1) Th. Fischer, «Wissentsch. Ergeb. einer Reise in Atlas- Vorland », p. 105 seq.; « Meina 3e Forschungsreise im Atl.-Vorl. », p. 104 seq.; W eissgerber, « L Oum er Rebîâ », dans « La Géographie », 15 mai 1902.

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