D’Azemmoûr a Guerrando
(27 mars). La pluie embrume ce matin les maisons d’ Azemmoûr qui semble encore plus triste; tout son charme
(1) La roule d’Azemmoûr ou de Mazagan à Merrâkech est une des mieux connues; elle a été parcourue par des centaines d’Européens. C’est cette route, suivant différentes variantes, que suivirent Ali-Bey, Was-
DÉPART D’AZEMMOÛR
s’en est allé avec les rayons du soleil, c’est maintenant l’image de la ruine, une ville que le temps et les éléments vont consumer pièce à pièce et où l’on imagine volontiers une société dolente qui va mourir d’avoir volontairement restreint son expansion et d’avoir annihilé son énergie dans un mysticisme stérile : elle s’éteint sans bruit entre les murs lézardés et sous les terrasses croulantes. On aurait tort d’ailleurs de se laisser entraîner à de telles impressions sur l’avenir de ce pays, mais on s’explique facilement que des tableaux de ce genre aient donné naissance à la légende du « Maroc en train de mourir » ; cet aspect est celui de tous les pays musulmans et le Maroc meurt ainsi depuis plus de mille ans, ce qui pour un État constitue déjà une assez longue vie.
Nous partons dans une éclaircie vers neuf heures et demie du matin, nous dépassons rapidement les jardins de figuiers qui entourent Azemmoùr, pendant que les muletiers prient à haute voix : « A rebbi, a rijâl el blàd, yâ moûlaye Bou Cha'îb ouêssêlna bikheïr ou 'ala kheïr », c’est-à-dire : « O mon
hino-ton et Davidson au commencement du XIXe siècle. Leurs itinéraires
sont, aujourd’hui que la -route a été relevée avec soin, dénués d’intérêt. Parmi les descriptions les plus récentes de cette route on peut citer : « Rapport de la mission militaire de 1882 », qui indique soigneusement les étapes; Marcel, « Le Maroc », relation pittoresque qui se rapporte au même voyage que le précédent (ambassade de M. Ordéga) ; Weissgerber. « Trois mois de campagne au Maroc », dont l’auteur accompagnait le sultan, en 1897; Montet, « Voyage au Maroc », chap. VIII, est d’une lecture agréable et instructive; Meakin, « The Land of the Moors » , chap. XXXIII, fit le voyage à bicyclette ; il n’indique pas, du reste, combien il fit de kilomètres à pied. Quant aux nombreuses relations d’ordre purement pittoresque, comme par exemple, Mme A. de R. « Une mission à la Cour chérifienne », ou encore Lady Grone, « Seventy-one day’s camping in Morocco », il n’y a aucune utilité à les citer ici.