‹ MerrâkechChapitre 79 sur 223 · SI DI MOHAMMED EL 'AYYÂCHI · texte numérisé non relu

SI DI MOHAMMED EL 'AYYÂCHI

lîiat ri) », c’est-à-dire la souveraineté, dit un de ses biographes. Nommé caïd d’Azemmoûr, il voit grandir ses triomphes au point d’inquiéter le sultan de Merrâkech qui cherche à le faire tuer : il se réfugie alors à Salé où les Maures expulsés d’Espagne l’accueillent. Ces Andalous étaient devenus riches et puissants; ils gouvernaient la ville de Salé et, dans les traités qu’ils passaient avec les puissances étrangères, c’est à peine s ils indiquaient la suzeraineté du Chérif de Merrâkech. Ils reconnurent El -\y.Yi'l(-‘hi pour leur chef et s’affranchirent déplus en plus de 1 au toiité du sultan. En 163/, le « santon el 'Ayyâchi », traite directement avec la Grande-Bretagne (2) : il était le véritable souverain de Fez et son autorité s’étendait sur tout le lâmesna, sur le Barh et jusqu à Tâza. Bientôt obligé de lut tei conti e la fierté des Andalous, il se maintenait malgré eux et ne succomba que parce que la puissante zaouia de l)ila, qu il avait froissée, se déclara contre lui. Encore ses ennemis ne le renversèrent-ils que par surprise : il fut tué en 1051 de l’Hég. (1641 de J. -G.), dans une embuscade obscuie à Ain el lyseb, tribu de Eékhlout (Ivliolt). Il repose maintenant, suivant les auteurs arabes près du mausolée de Mou lave Bou Ghtâ, le célèbre marabout des Fichtâla, dans les Jbala (3 4) et la koubba que nous contemplons de loin n’est qu un sanctuaire qui lui est dédié, mais ne contient pas sa dépouille mortelle (b. Sa légende est peu considérable et la plupait des faits que l’on rapporte à son sujet ont un caractèie liis toi iq ue ; à peine quelques miracles : un passage

(1) Moli. h. et-Tayyib el Kàdiri, « Nachr el matani », I, p. 179.

(2) Ct Levé et P. Fournel, « Traités du Maroc », p. 52.

(3) « Nachr el Matâni », loc. cit.

(4) Ainsi l’affirme Ahmed ben Kliâlid, « Istiksa », III, p. 138.

132 LA RGOÛBA DE SÎDI L 'AYYÂCHI

merveilleux de l’Oum er Rbîâ au moment d’une crue, sa tête qui, après son meurtre, récitait le Coran.... Toute sa gloire gît dans ses hauts faits de guerre et avant d’être un grand saint, il fut surtout, comme le nomment ses biographes, le rempart de V Islam, « zerb el Islam », que les poètes panégyristes ont chanté à l’envi (b.

Nous sommes maintenant dans le pays des Oulâd Bou- 'Azîz les douars deviennent nombreux, la terre est fertile et bien cultivée, nous avons ici l’impression d’un pays très peuplé, dont les habitants sont très travailleurs. A quatre heures et quart nous campons au douar de Hammou ben Brîka.

(28 mars). A sept heures moins un quart du matin nous poursuivons notre route en nous dirigeant vers un petit col, d’où les voyageurs venant de Merrâkech aperçoivent pour la première fois dans le lointain le monument de Sîdi Mohammed el 'Ayyâchi : c’est la « rgoûba » du saint. Le col est couvert de tas de pierres, dont le nombre et l’importance sont naturellement en proportion de la notoriété du marabout; il y a deux gros kerkoûr au commencement et à la fin du col et, en outre plus de trois cents petits rjern disséminés partout entre les pistes multiples et entrecroisées qui composent ce qu’on appelle une route au Maroc. Il nous faut prêter la plus grande attention pour ne pas renverser les pyramides, souvent en mauvais équilibre, édifiées par la foi des passants.

(1) Les sources arabes pour l’histoire de Mohammed el 'Ayyâchi sont indiquées dans Levé et Fournel. « Traités du Maroc », pp. 33 et 52, en note : il faut y ajouter le Nachr el Mafàni, loc. cit . , et surtout El Oufrâni, « Safoua », p. 87 seq.

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