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LE MIRAGE

plus riches, ce dont il y a des critères matériels évidents : les familles mangent plus souvent de la viande, au moins une ou deux fois par semaine, les individus sont en moyenne mieux vêtus ; les tentes neuves et belles sont plus fréquentes et les vieilles tentes rapiécées sont plus rares que dans nos douars algériens. . . .

Vers dix heures quarante-cinq on aperçoit à l’horizon le profil brumeux du Jbel Fetnâça et du Jbel Lakhdar qui lui fait suite. Quelques instants après nous montons un talus d’une vingtaine de mètres et aussitôt commence un plateau absolument horizontal et d’une fertilité exceptionnelle. Il y règne une activité agricole comparable à celle de nos grandes plaines cultivées de France. Malgré l’époque peu avancée de l’année le soleil est très dur, l’air surchauffé s’élève en stries ténues au-dessus des blés verts : devant moi sont des bosquets, de l’eau, un grand rdîr vers lequel un troupeau de bœufs se dirige pour s’abreuver; je presse ma monture pour y arriver, mais il n’y a plus rien que la plaine à perte de vue et les bœufs qui cheminent lourdement : c’était un mirage et l’endroit est connu des voyageurs pour être continuellement à l’époque des chaleurs, le théâtre de ces singulières illusions (b.

De midi et quart à une heure et dix minutes nous faisons une halte à l’endroit ditElMêtfi, c’est-à-dire la citerne (1 2) ; là se trouve en effet une fort belle citerne qui donne une

(1) Marcet. « Le Maroc », p. 76, décrit longuement les phénomènes de mirage dont il fut témoin sur la même route, mais un peu plus loin.

(2) Les citernes au Maroc s’appellent « mêtffya », pl. « mtâfi ». L’orthographe « medfia », donnée par de Foncauld. « Reconnaissance », p. 177, est incorrecte, ou est une prononciation locale. Cet auteur donne quelques renseignements sur ces citernes, particulièrement bien soignées chez les Hâlia et il en reproduit un petit croquis, en coupe et élévation.

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