U FRONDE ET SON USAGE
ne la tint pas toujours immédiatement dans la main ; chez nos voisins les Anglais, on rattachait parfois au bout d'un solide bâton que le frondeur tenait à deux mains, et qui doublait la puissance de Tarme ; la pierre était alors assénée plutôt que projetée ; aussi cet instrument servait-il moins en bataille rangée que dans les sièges et les g'u erres maritimes.
Un fait à remarquer, c'est que les inventions des hommes ont beau vieillir et faire place à d'autres qui sont plus conformes aux besoins des temps et plus perfectionnées, elles ne disparaissent jamais complètement; on a toujours chance de les retrouver qui vivent ou qui végètent en quelque coin reculé de la terre habitable. On dirait que l'humanité ne peut se résoudre à laisser rentrer dans le néant la moindre parcelle de ses œuvres. C'est ainsi que l'usage de la fronde, arme primitive et arriérée s'il en fui, n'est pas entièrement perdu ; car elle contribue encore, à l'heure qu'il est, à l'agrément des fêtes de quelques peuplades montagnardes.