L'ARC DANS L'ANTIQUITE. — TTR A L'OISEAU
tireurs d'arc qui disputent le prix du tir à V oiseau pendant les jeux funèbres en Thonneur de Palroele. Achille a fait dresser dans le sable un mât de vaisseau au bout duquel est attachée une corde qui retient la colombe. Les deux antagonistes sont Teucer, très-habile archer, et Mérion, écuyer d'Idoménée. « On agite les sorts dans un casque et celui de Teucer sort le premier. Ce héros lance une flèche qui s'envole avec rapidité ; mais comme il n'avait pas promis de sacrifier à Phopbus une illustre hèca-
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Archer apprêtant son arc. — D'après un vase peint du musée du Louvre.
tombe de jeunes agneaux, le dieu l'empêche d'atteindre le
but; la flèche manque la colombe et va percer la corde
près du pied de l'oiseau. La colombe s'envole dans les cieux
et la corde tombe à terre. » Mérion, qui tenait déjà sa
flèche, tout prêt à la lancer, enlève l'arc des mains de
Teucer, suit de Tœil la colombe qui vole au milieu des
nuages et l'atteint au-dessous de l'aile ; le trait la traverse
de part en part et tombe aux pieds de Mérion, proclamé
vainqueur aux applaudissements de toute Tarmée.
Après le poète grec, le poète lalin. Énée a lui aussi, parmi ses compagnons, des archers d'élite qui fournissent des preuves de leur adresse aux Jeux célébrés pour les mânes d'Anchise. Virgile, au cinquième livre de VÊnéide^ a voulu rivaliser avec Homère, et il donne un pendant à la scène précédente; nous allons y voir un coup d'adresse merveilleux, une flèche lancée avec tant de force qu'elle prend feu au milieu des airs.
« Énée invite au combat ceux qui savent le mieux lancer une flèche rapide, et il propose des prix. En même temps, il dresse de sa main un mal de navire ; au sommet s'agite une colombe retenue par une corde légère, et qui doit servir de but. Déjà des concurrents sont réunis ; un casque d'airain a reçu leurs noms. Le premier désigné par le sort, et dont le nom est salué par de flatteuses acclamations, est Hippocoon, flls d'Hirtacus ; après lui, Mneslhée, vainqueur il n'y avait qu'un instant dans un autre combat, et la tête ceinte encore de la palme verte. Le troisième est Eurylion, — le dernier Aceste, qui ne craint pas d'essayer sa force dans cet exercice déjeunes gens.
« Chacun, d'une main vigoureuse, courbe l'arc flexible et tire une flèche du carquois. Le premier trait qui part est celui du jeune Hippocoon; la corde frémit, la flèche siffle à travers les airs, vient frapper le mât, et y reste plantée. L'arbre en a tremblé; — la colombe effrayée bat des ailes, et la foule de pousser de bruyants applaudisraents.
« L'ardent Mnesthée s'avance, l'arc tendu, le front haut, les yeux et la flèche dirigés vers le but ; — mais le malheureux ne réussit pas à frapper la colombe de son fer aigu ; seulement il rompt le lien léger qui la retenait captive. L'oiseau s'enfuit à tire-d'aile dans les sombres nuages.