‹ Merveilles de la force et de l'adresse: Agilité--souplesse--dextérité. LesChapitre 55 sur 61 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

LC JAVELOT OHHS L'AHTigUITÉ ET CHEZ ORIENTAUX

« djérid en Perse, en Turquie el en Arabie. — Anciens eiereic» — Le Jet du javelol. vhei lesT.recs. —Achille elHeclar. — Li Romain». — Commode et les Maures. — Le boorller antique.

Le javelot, dont le jt^t a lieu avec la main sei l'intermédiaire d'aucun instrument, a fait briller de plusieurs peuples, soit dans l'antiquité, soll temps modernes. Les Orientaux excellent, de siècles, dans l'art de lancer le djérid ou girid. dard qui ressemble à un long roseau, fait d'im bi et dur. Quand ils chevauchent tranquillement, a ornée de festons et de houppes, s'élève perpenc ment à leurs oStés. Mais lorsqu'ils se précipitent ils brandissent l'arme horizon laiement au-dessui tète, et, après lui avoir imprimé des vibratioi dées, la projettent à de grandes distances. A peii est-il parti, qu'ils courent de toute la vitesse chevaux et le rattrapent à la course, en se baiss sans quitter la selle. Le djérid peut devenir une guerre; mais le plus souvent c'est un projeci fensif, qui ne sert que pour les joutes et les fani djérid'bas, ou jeu du djérid, est le passe-tem| des Persans, des Arabes et des Turcs, et leur p tant plus que c'est un exercice équestre, et que p: quent il leur pennet de déployer à la fois leui

FORGE ET ADRESSE, tr uQtrait et leur dextérité à conduire un cheval. ise en deux partis; quelquefois une mince barire les deux camps ; mais d'ordinaire l'espace esl ir que les chevaux puissent se mouvoir à pleine

Un groupe de douze ou quinze cavaliers se devient au galop présenter la bataille à un nombre ambattanis de l'autre parti, ée engagée avec ardeur, les javelots qui volent sent à travers l'espace, les turbans de toute cous' agitent et se mêlent, les chevaux, les cris des

passant et repassant à toute bride, les uns sau- ( de leurs coursiers pour ramasser le djérid, les

redressant au contraire pour saisir le trait qui

eux, tout cela forme un spectacle plein d'animaoriginalitè. On en voit qui reprennent le javelot ans descendre de cheval; en pleine course, il^

tout â coup sous le ventre du cheval, et se relussitdt en équilibre, le djérid à la main; — on D^me d'assez adroits pour rattraper au vol le

leurs adversaires.

n, le célèbre voyageur du dix-septième siècle, fut ! ces exercices, en plusieurs endroits de la Perse... Jette belle noblesse, dit-il à propos d'une joute à il assista, il y avait une quinzaine déjeunes Abysix-huit à vingt ans, qui excellaient en adresse à

dard et le javelot, en dextérité à manier leurs )u en vitesse à la course. Ils ne mettaient jamais Te pour ramasser des dards sur ta lice, ni n'arréirs chevaux pour cela ; mais en pleine course, ils itsur le côté du cheval et ramassaient des dards dextérité et une bonne grâce qtii charmaient tout

LE JAYblLOT DANS L'ANTIQUITÉ Niebuhr, qui visita l'Arobie vers la vante l'adresse de l'èmir de Loht au grand galop, ressaisir le djérii jectile tombât sur le sable : « On di danois, qu'il ne joueitpas ainsi du b distinction ; mais seulement avec c domma}!;er par un écu pour chaque i avoue pourtant que les Arabes ne so nés à ce jeu que les Turcs, on peu Persans '.

Autrefois les Turcs portaient touj< lots pendus dans un étui sur le câté d et dès la jeunesse, on les formait pa tipliès à manier et à lancer le djéri mettait dans la main un javelot de fei que l'instrument usuel ; on leur assig ceau de terre molle, et ils s'exerçai gauche appuyé sur la ceinture, et li même ligne. Quand leur bras était les armait d'un javelot de bois, moi lourd encore que les projectiles ordii du moins c'est Guer qui le dit*, le l terre deux mille fois de suite. Ces de stituaieni un brevet de capacité ; auss subies avec succès, on leur remetia paraissait aussi léger qu'une plume précédents. Tous les vendredis, au :

les grands de la cour s'assemblaient à l'intérieur'du sérail, pour lancer le là quelquefois un millier dejoueui se mettait de la partie; et s'il aval

' Kiebuhr. Description de V Arabie, m* ' Mœurt et ittaget dt» Turm. Paris, 171

^Hï FORCE ET ADRESSE.

t;her ou de blesser quelqu'un, il lui faisait remettre sur le-champ, par son trésorier, qui l'accompagnait toujour : dans cette promenade, une bourse qui cantenaît parfoi: jusqu'à 500 ècus. Le chilTre du cadeau dépendait de li bohne ou de la mauvaise humeur du sultan.

L'usage de lancer le djérid remonte k l'antiquité. Li langue grecque était très-riche en expressions pour désigner les formes diverses du javelot, si riche même qu< nous ne saisissons pins bien les nuances qui les séparaient

K peJDt du

Le javelot Était de la même famille que la lance, si même il ne formait pas avec elle un seul et même instrui le maniement de ce projectile, qui servait d'arn même temps, faisait partie de l'éducation militai l'on y formait les jeunes gens plus longuement el complètement qu'à d'autres exercices. Leur bras, foilifië par l'usage de la balle et du disque, y puisai force nouvelle, qui se manifestait, le jour du combal dans l'attaque, soit dans la défense. I.e jet du ji

LE JAVELOT DANS L'ANTIQUITÉ ET K exerçait une influence salutaire sur les pa du corps ; il développait le thorax et fort respira lo ires chez ceux qui s'y adonnaient, vait livrer dans la gymnastique mèdîcati que le disque, dont nous avons parlé plu recommandé par les médecins aux lei ihoriques et vertigineux. La position du < ment des bras et des épaules, l'altitude de pas, pour le jet du javelot, les mêmes q disque. L'atlilète qui se livrait à cet e roide, l'épaule droite un peu pliëe en ar

liras levé en l'air, — l'œil fixé sur un but g'aucbe tombant négligemment ou bien p insensible, les jambes placées comme pou] ordioairemenl le pied gauche en avant i riëre, se soulevant légèrement de tern l'action. La main levée it la hauteur d

^S KORCB ET ADRESSE,

tenait le javelot horizontalement et le toi sens avant de le projeter au loin. Pour faci

vements, qui assouplissaient la main et

force d'iiTipulsion, on attachait quelquefois au manche du javelot, surtout dans les projectiles de guerre, une co) roie de cuir que les Romains appelaient amentum. Qu ques-uns prétendent que cet appendice donnait au . non-seulement plus de force, mais encore un plus gra degré de précision.

Le javelot, en tant qu'arme offensive, s'employait i trois manières. On le jetait à l'aide de catapultes ou d'à très machines de guerre. Secondement, on l'employait i guise de pique ou de lance; les habitants de l'ile d'Eub (aujourd'hui Négreponl) étaient renommés pour lei adresse à manier la pique. C'est en se servant du javel selon cette méthode, qu'Âcliille tua Hector sous les mu de Troie ; il lui plongea son arme prés de la' gorge, à l'e droit où l'os sépare le cou de l'épaule {Iliade, livr. XXII Le troisième procédé consistait à lancer au loin avec la ma cette même arme qui, dans ce cas, redevenait projectil

Les guerriers qui s'en servaient sous cette fonne allaiei au combat avec un double javelot; il est prudent, surtoi à la guerre, d'avoir deuK cordes à son arc. Les héros d'H< mère ne s'avancent jamais dans la mêlée sans cette pn caution; — quand ils ont choisi leur adversaire, il dardent contre lui soit un seul trait, soit tous les deu

LE JAVELOT DANS L'ANTIQUITÉ ET EN ORIENT, f 359

coup sur coup, et c'est seulement après celte décharge qu'ils entament avec le glaive la lutte corps à corps.

La comparaison des -monuments antiques fait mieux comprendre qu'une longue dissertation la différence qui existait entre le javelot des Grecs et celui des Romains. Ce dernier était plus fort et plus épais. On l'appelait pt/um et les corps de troupes qui en étaient armés pilanL De même que le javelot des Grecs, il servait à la fois de lance et de trait ; les soldats n'en portaient d'abord qu'un seul ; sous le Bas-Empire, on leur en donna deux. L'arme était faite de cornouiller, — elle avait 2", 66 de long, — la pointe en fer, et de même longueur que le bois, descendait fort avant sur le corps de l'instrument.

Quelles prouesses accomplissait-on en lançant le javelot? c'est ce que nous apprend la vie de l'empereur Commode. Nous avons parlé de ses exploits en ce genre, à propos de son adresse à tirer de l'arc. On vantait les peuples de Mauritanie pour leur habileté dans Fart de jeter le javelot, et c'étaient eux qui, sous l'empire, donnaient des leçons aux Romains. Commode avait eu pour maîtres des gens de cette nation; mais l'écolier avait surpassé tous ses professeurs. Les Cadusiens ou Gèles, peuple féroce de la Hédie, au sud-ouest de la mer Caspienne, passaient, après les Maures, pour les plus adroits à lancer un dard homicide.

Le guerrier antique, même celui qui savait le mieux manœuvrer la*^ lance et le javelot, n'aurait pas encore été très-assuré «contre les chances redoutables de la guerre, s'il n'avait joint à cette science l'art de manier le bouclier. L'un était le complément indispensable de l'autre. De la manière dont le bouclier était tenu dépendait en grande partie le sort du combattant. Quand le trait partait de la main d'un Achille, d'un Ajax ou d'un Hector, il était difficile de s'en préserver ; mais autrement le guerrier pou-

TORCE ET ADRESSE e danger qui le menaçait, en se jetant de cdté, ird venait droit sur lui ; — en se baissant et de son bouclier, quand le dard était dirigé t, — enfin en se protègennt à l'aide de ce rem- , tenu à distance du corps, en aorle O"" =» i" t te bouclier, il ne pouvait du moins ] ■mure. C'osI dans celle dernière atlil ants marchaient à l'ennemi.

CHAPIT

LC MYSTÉRIEUX BOOM

Description de cet instrument. — Les i Maladresse des Européens, ~ hitdn propriétés àncuiiéres.

Les peuples de l'Afrique et core aujourd'hui du javelot, e mais de tous les projectiles ( il n'en est pas de plus curieu'i

Le boomarang (prononcez courbé presque à angle droit légèrement bomba. 11 faut qi afin de ne pas se déformer; c perd tous ses avantages.

Au premier abord, en n'y i on dirait une épèe de bois, taillée. — Les premiers navij erreur était excusable; le bo arme de guerre ; mais il sert i

Ce qui fait l'iniérët et l'oi c'est que, sous la main des inc les plus bizarres, il exécute 1 ordinaires. Je dis ; « dans la i ignorance, soit maladresse, li s'en servir ; ce projectile lant dee résultats que d'ordinaire,

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obtient en Australie. Autant vaudrait lancer un bâton ordinaire; le résultat serait le même.

Quand on veut se servir du booinarang, on le prend dans la main droite par une espèce dç poignée, mëuagée

à l'extrémitë d'une des deux branches, et on le lance soit en l'air, à quelque distance du sol, comme on lancerait, par exemple, une faucille, soit à terre, comme un compas qu'un écolier jetterait par dépit à quelque pas de lui, les deux branches ouvertes.

Lorsque le coup a été dirigé contre terre, le projectile va frapper le sol à peu de distance de celui qui l'a lancé ; puis, grâce à son inflexion et h l'èlasticiEé que lui donne celte forme, îl rebondît immédiatement, et ainsi plusieurs fois de suite, formant une succession de ricochets trèsnuisibles aux corps organiques ou inorganiques que le boomarang rencontre sur son passage. C'est, je suppose, de cette manière que l'emploient les indigènes quandils chas* sent aux oiseaux de marais. On dit, en effet, que, lancé dans une troupe de canards sauvages, il y produit un désordre

LE XÏSTÉMEVX BOOl extrême, et y sème la mort façon de lancer le boomaran; sible à ces vdatiles et à leurs Ce dernier procédé, plus praliqué que l'autre, consi contre un objet placé quelqi et à attendre tranquillement avoir accompli son œuvre d une orbite elliptique k son [ à quelques pas de là.

Tout le monde comprendr vention. Et quels avantages gyst^e, s'il pouvait être a| les projectiles de guerre, a; nemi, revenaient auprès de i sans les blesser toutefois et < guerre ne coûterait plus ne Cette économie viendrait for par suite des progrès de l'artî sont d'un prix exorbitant. N' terre pour des canons d'acie qui valaient 200 francs pié( tort et à travers dans une bai aussi coôteux. Hais, grâce l'État rentrerait dans ses fr;

ORCE ET ADRESSE, nons. Avec un petil re toujours les mêmes, ou pourrait idre des guerres aussi longues ei e celles d'autrefois. On serait quitte, pour faire un échange' de boulets, des échanges de prisonniers ; et icilement de l'absence de quelques rés pendant la bagarre. Après tout, î moins, ce n'est pas la mort d'un

ireux sont encore loin de nous. Le it son dernier mot. A peine quelques istrument sont-ils parvenus en Eugnorent jusqu'à son existence. Lorâiu, quand les gens de science l'auronl )n, peut-être trouvera-t-on moyen de t- Toujours est-il que l'exemple du ictorieusement que les lois de la nai simples, n'ont pas reçu chez les ites les applications dont elles sont 1 moins original, sinon peu flatteur opre, que la leçon vienne de l'Austrae, c'est-à-dire de contrées sans aucune . Aussi se demande-t-on avec stupésauvages polynésiens, ignorant les et de la balistique, ont pu concevoir it si ingénieux, quoique si simple, loute qui les a servis. Il est probable isse, un de ces Australiens, trouvant on recourbé, l'aura lancé contre uii ï sa grande surprise aura vu ce foâlon sauvage avait évidemmentl'esprit obrange l'aura frappé. Hais que d'essais rant d'arriver à un résultat satisfaisant

l,E ^IISIËRIEUX BOOMARANG D'AUSTRA et d'avoir pu donnera son inslrument la fornii

Quoi qu'il en soit, les Australiens se serve vention avec une adresse extraordinaire. Les racontent des traits incroyables. Ainsi, tel ii le boomarang de la main droite, et le rattrape gauche, et réciproquement. Avtc ce projecl de la manière la plus précise des objets cac très corps, par exemple des oiseaux et de pi blottis derrière on arbre ou derrière une mais plus rapprochés, on les atleint également) coup de revers (backstroke), en ayant soi!

boomarang sous un angle particulier. On a le lancer autour du grand mât d'un navin à ce qu'il revint, après un long trajet , U du mât de beaupré. Le comble de l'adn frapper son ennemi, avec un double boomai l'un à droite l'autre à gauche ; le malheu de but se trouve alors pris entre deux feux entre deux bâtons qui décrivent, avant de 1' évolutions excentriques ; — il échapperait à ce danger, s'il n'usait lui-même de ruse el surtout s'il ne portail, pour se garantir, un 1 forme spéciale.

On pourrait calculer mathématiquement décrit le boomarang. Le Commodore Wilk mandait la célèbre expédition scientifique d autour du monde, fil lui-même des expèriei instrument, et, dans son grand ouvrage, il a I des courbes décrites par le projectile quar sous des angles de 33, de 45 et de 65°. I.( le plus singulier est celui qui s'accomplit 45°. Le vol du boomarang s'elTectue alor l'individu qui le lance tourne le dos à l'obj frapper. — Le commodore Wilkes indique a

FURCE ET ADRESSE, irang, lorsqu'il perd son mouvement rode quel principe s'accomplit le phénoîurs qui ont visité l'Australie, et qui parg, n'en recherchent pas la cause, ou bien B fait qu'une explication insuffisante, ou l naïvement que la cbose est incomntiers ils crieraient au prodige. Or, à Fivons, les prodiges sont passés de mode, vient que le boomarang ne suit pas la le d'autres corps lancés de la mémemalarticulière en est cause. En elTet, comme ins laquelle la force de projection tend à ssepas par le centre degravitJ du corps, trouve en dehors de la masse, un peu ]ranche plus longue que de la branche compas grossier et inégal, — il y a routeur de ce centre de gravité. La force mouvement de rotation s'efïectue est able, qu'elle diminue fort peu jusqu'à la lu corps. Ce dernier, grâce à sa surface lisément. Cet air le soutient et le porte est ce qu'il est facile de vériSer. A-t-on, •Â le boomarang un peu vers le haut, — 'est qu'un mouvement involontaire, — lonter considérablement en l'air. C'est omène qui a fait croire à certains voyaimarang était lancé par les indigènes & iir, tandis qu'on ne lejette, je crois, qu'à e du sol, et mâme presque terre à terre ; luence de l'air qu'il prend ce degré d'as-

LE MÏSTÉ cension. Mais, d'un aussi son action; ' son orbite, ce qui laquelle atteint soi le mouvement cont Ainsi s'expliquei départ, après une 1

Et moi aussi, ji dans laquelle j'ai I avec moi le lecteu touche au terme di rang lui serve de 1 son tour est achevi sage conduite; sac rempli notre tâche

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