‹ Merveilles de la force et de l'adresse: Agilité--souplesse--dextérité. LesChapitre 6 sur 61 · LE PUGILAT CHEZ LES ANCIENS · texte numérisé non relu

LE PUGILAT CHEZ LES ANCIENS

1-es Grecs, fanatiques du pugilal, malgré leur délicatesse. — D'où venaient les meilleurs pugilistes. — Diagoras et ses trois fils. — Les coups de cesle. — Le combat de Kreugas et de Damoxéne. — Férocité d'un athlète. — Mélancomas et sa méthode artistique. — Glaucus. — Les enfants s'en mêlent. — Épigrammes de l'Anthologie.

Le pugilat remonte à la plus haute antiquité. Longtemps avant la fabrication des armes défensives et offensives, les hommes durent se servir de Tarme la plus simple et la plus naturelle, de celle qui se trouvait à leur portée. Comment les Grecs, amis des arts, les Grecs, si délicats, on vinrent-ils à se passionner pour un exercice dont la force brute, matérielle, grossière, constituait tout le mérite? C'est que les Grecs, malgré le raffinement de leur civilisation, étaient restés les enfants et les disciples de la nature. Quoi qu'il en soit, ils avaient fait du pugilat une science qu'on enseignait à Tégal de la philosophie et des beaux-arts. Les jeunes gens venaient s'instruire et se former dans les gymnases, sous des maîtres habiles, connaissant à fond toutes les ruses et les ressources de cet art homicide. Dans les divertissements publics, aux funérailles des héros, et jusque dans les cérémonies religieuses, se célébraient des luttes de ce genre. [,e pugilat figure, par exemple, dans V Iliade , au nombre des jeux funèbres donnés en l'honneur de Patrocle. On voit par

VOdyssée qu'il était pratiqué r.hez les Phëaciens, à la cour d'Alcinoûs. Les lièros antiques mettaient une bonne partie de leur gloire dans la solidité de leurs poings. Parmi ceux qui excellèrent dans cet exercice, on peut citer, d'après le poète grec, Amycus, roi des Bebrices (Bithynie), qui ne laissait sortir les étrangers de ses États qu'à condition qu'ils lutteraient avec lui ; ~ l'avanlage lui restait toujours; — et Ëpéus, constructeur du fameux cheval de bois qui causa la ruine des Troyens, — lequel Épéus

Pugili!

se vantait de n'avoir pas encore rencontré son pareil au pugilat. C'est à ces deux héros qu'on doit l' introduction du pugilat parmi les exercices des athlètes. Toutefois, on n'en fit d'abord que peu de cas, et après tout, le cas qu'il méritait; car on ne l'admit qu'assez lard aux jeux célébrés enÉlide;'cefut dansia 25° olympiade, et celui qui en remporta le prix pour la première fois était un certain Onomaste de Sniyrne.

Les meilleurs pugilisles, chez les Grecs, sortaient de Rhodes, d'Ëgine, àa l'Arcadie et de l'Ëlide. C'était un lihodien que ce Diagoras, chanté par Pindare, qui, après

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