‹ Merveilles de la force et de l'adresse: Agilité--souplesse--dextérité. LesChapitre 7 sur 61 · LE PUGILAT CHEZ LES ANCIENS · texte numérisé non relu

LE PUGILAT CHEZ LES ANCIENS

avoir remporté dans son temps de nombreuses couronnes, conduisit, sur le déclin de sa vie, deux de ses fils aux jeux Olympiques. Les jeunes gens furent proclamés vainqueurs ; aussitôt, prenant le vieillard sur leurs épaules, ils le portèrent dans rassemblée aux applaudissements d'une foule enthousiaste, a Tu peux mourir, Diagoras, s'écria un Lacédémonien; tu ne monteras pas au ciel ! » voulant dire par

Pugiliste se préparant à la lutte et se faisant frotter d'huile. — D'après une ciste en bronze, appartenant à l'Académie de Saint-Luc.

là que le vieillard avait atteint le plus haut degré de bonheur auquel l'homme puisse parvenir sur la terre. Diagoras était aussi de cet avis ; car, ne pouvant supporter l'émotion de cette journée, il expira, sous les yeux des Grecs assemblés, entre les bras de ses fils aînés, dont il avait au moins salué la victoire. Mais il ne put voir les triom* phes du troisième, qui plus tard éclipsa même la gloire de son père.

Si des coups de poing appliqués suivant les régies de Tart provoquaient chez les Grecs de semblables témoi*

giiages d'admiration, peut-on dire, avec certains auteurs, que cet exercice fût méprisé et presque entièrement abandonné aux gens du peuple? Il est triste de songer à celte passion, à cet enthousiasme des Grecs pour un jeu si brutal ; c'était ridicule, insensé; mais enfin c'est un fait que rhistoire doit constater tout en le déplorant.

Malgré cette partialité, le pugilat des anciens, manifestation de la force matérielle en ce qu'elle a de plus brutal

et de plus grossier, ne mériterait pas qu'on s'y arrêtât, si certains athlètes n'avaient trouvé moyen de relever jusqu'à la hauteur d'un art. Tous les lutteurs ne se ruaient pas à poings fermés, faisant pleuvoir sur l'adversaire une grêle de coups , rendus plus dangereux par les lanières de cuir, enroulées autour de la main et de l'avantbras, qui formaient le gantelet appelé ceste. Les coups ainsi portés devaient être tehribles : « On entend les mâchoires craquer sous les coups, dit Homère en parlant de la lutte d'Ëpéus et dEuryale. Le divin Ëpéus, fondant sur son adversaire, lui applique sur la joue un volent coup de poing qui fait trébucher Euryale ; il tombe ; ses amis l'entourent et l'emmènent, les jambes pendantes, vomissant un sang noirâtre, la tête inclinée sur l'épaule, sans connaissance. » Tels étaient les résultats du pugilat vulgaire où les efforts de l'athlète tendaient à frapper au visage, tout en rejetant

Pugiliste armé du ceste. — Statue du musée du Louvre.

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