‹ Merveilles de la force et de l'adresse Agilitésouplesse, dexte̋rité. Les exercices du corps chez les anciens et chez les modernesChapitre 11 sur 104 · I.ES DISCOBOLES · texte numérisé non relu

I.ES DISCOBOLES

les figures humaines. Toutes ses créations respiraient la la vie et le mouvement. C’est aussi par ces qualités que brille la statue sortie de ses mains, et que l'on connaît sous le nom du üütcobole. Elle était déjà fort admirée des anciens, et Quintilien la cite comme un modèle du genre.

« Combien, s’écrie le critique latin, l’effet est plus puissant sur le spectateur, quand l’artiste a représenté son personnage en action, et non fixe et au repos! » C’était là précisément ce qui faisait le mérite de l’artiste. Cet essai de réalisme devait étrg une nouveauté du temps de Myron, par conséquent, une grande hardiesse ; car beaucoup d’autres avaient représenté les discoboles avant ou après l’action; mais Myron était le premier qui avait eu l’idée de le montrer, au moment précis où le palet va s’échapper de ses mains. « Figure qui, au premier abord, paraît travaillée et tourmentée , dit Quintilien; mais cæ serait n’avoir pas le sentiment des arts que de blâmer cette attitude ; car son mérite consiste principalement dans la manière nouvelle dont le sujet est traité, et dans la difficulté vaincue. »

Le Discobole de Myron est le meilleur commentaire pour les descriptions que nous ont laissées Lucien, Philostratc, Quintilien et d’autres sur le jet du disque. Dans tous les mouvements de cette statue, on peut vérifier l’exactitude dés textes ; c’est bien là le discobole tel qu’on le dépeint, inclinant une partie du corps, fixant ses yeux sur la main qui lient le disque, ayant son centre de gravité sur le |)icd (Iroit, — le genou droit légèrement ployé, — l'autre jambe

FORCE ET ADRESSE

pliée plus forleraent, el reposant sur les doigts de pied, comme si l’athlète allait se redresser de. toute sa taille, — le bras droit ramené de bas en haut, et tendu de tout l’effort de la musculature.

Quelquefois le disque était perforé au centre; en ce cas, il ne posait pas directement dans la main, on le tenait à l’aide d’une corde ou d’une courroie, Le disque, sous cette forme, était une espèce de fronde. Les montagnards du canton d’Appenzell, en Suisse, ont adopté, dit-on, cette méthode pour lancer, non le disque, mais des pierres d’un poids considérable. Ils se réunissent deux fois l’année pour se livrer à cet exercice violent; — le projectile est le même pour tous, comme chez les anciens; — un autre point d’analogie avec l’antiquité, c’est qu’il n’existe pas de but, la masse qui tombe le plus loin emporte le prix. Le montagnard qui a ce rocher à lancer en use comme le discobole, il le lève jusqu’à la hauteur de son épaule droite, il incline le corps, et saute de plusieurs pas en avant.

C’est l’auteur du Dictionnaire des antiquités grecques et romames (Londres, 1856, in-4“, 2* édition, en anglais), William Smith , qui fait ce rapprochement. Ajoutons, comme complément à sa narration, que les Helvétiens ne se servent pas toujours de courroies pour soulever et lancer de lourdes pierres par manière de passe-temps. Ils jettent ces pierres avec la main, comme faisaient, au reste, les héros de l’antiquité. De temps en temps, on célèbre en Suisse des fêtes gymnastiques, qui réunissent la jeunesse de plusieurs cantons; on y voit des montagnards vigoureux soulever, brandir et jeter au loin des quartiers de roche.

Les Écossais ont un jeu à peu près semblable, dont nous parlerons plus loin , le lancement du marteau. (Throw the hammer.)

KiHes dans le canton d'Appenzcll. — Suisses lançant de lourdes pierres.

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