‹ Merveilles de la force et de l'adresse Agilitésouplesse, dexte̋rité. Les exercices du corps chez les anciens et chez les modernesChapitre 27 sur 104 · LE SAUT ET LES SAUTEURS, HANS L ANTIQUITÉ. U · texte numérisé non relu

LE SAUT ET LES SAUTEURS, HANS L ANTIQUITÉ. U

rapport, mieux doué que la grenouille. Certaines espèces de serpents s’élancent à de grandes distances, en donnant à leur corps la forme d’un arc qui se détend comme par une force invisible. C’est par un mouvement analogue que des poissons tels que la truite, le saumon, etc., nageant dans des eaux rapides entrecoupées de cataractes, franchissent les obstacles qui s’opposent à leur marche en avant.

La baleine fait des bonds de 15 ou 20 pieds hors de la mer, « après qu’elle a, dit Barthez, frappé l’eau d’un mouvement de sa queue si soudain et si rapide, que l’eau en est comme fixée, et forcée de donner un appui au bond de cet animal énorme. » {Nouvelle mécanique des mouvements de l’homme et des animaux. Carcassonne, an VI, 1 vol. in-4.)

Mais les exemples choisis parmi les grandes espèces du règne animal ne prouvent pas assez. Examinez les insectes; c’est chez eux surtout que les muscles atteignent leur maximum de force, et que se vérifie le mot de Pline. « La nature n’est jamais plus grande que dans les petites choses : Nusquam magis quam in minimis. » La sauterelle s’élève à une hauteur deux cents fois plus grande que la longueur de son corps; Swammerdam (1657-1680) fait remarquer à cette occasion que les jambes de l’insecte sont comme des piliers fort élevés entre lesquels son corps suspendu est d’abord balancé pour être projeté ensuite avec plus de force par l’action des muscles extenseurs. Et cet autre insecte que les Arabes appellent lepère du saut, est-il rien de plus merveilleux que l’action de ses muscles? La puce (puisqu’il faut l’appeler par son nom) franchit d’un saut un espace cent fois égal à la longueur de son corps et peut tirer un poids quatre-vingts fois plus lourd qu’elle-même.

L’homme n’est pas un être aussi favorisé ; cependant il

en est quelques-uns qui semblent avoir reçu cet avantage des mains de la nature. On cite chez les Grecs un certain Phayllus.deCrotone, qui, suivant Eustathe et Tzetzès, franchissait en sautant un espace de 54 ou 56 pieds. Il n’était pas rare, dans l’antiquité, de voir des athlètes sauter une cinquantaine de pieds; car le saut était un exercice admis aux jeux Olympiques. Il n’y figurait pas isolément; mais il partageait en cela le sort du disque et du javelot. Le saut faisait partie des exercices du pentalhle.

Les athlètes qui venaient en disputer le prix étaient nus

Ualtères. — D'après un vase peint de la collection Hamilton. (Tischb. IV, -11.)

Saut avec haltères. F.xercice dans un gymnase, au son de la llüte. (Gcihard. Choix de vases peints, pl.CLLX.)

et plus que tous les autres devaient être frottés d’huile ; on le deviné, malgré le silence des auteurs anciens, la souplesse des muscles étant la condition indispensable de ce genre d’exercice. Le seul objet étranger qu’ils portassent sur eux étaient des masses en plomb, qu’on ajipelait des

LE S AIT ET LES SAITEI RS , DANS I.'ANTIQl ITÉ.

ur.

Saul avec des lialtères, exécuté au-dessus de pointes aiguës.— Pierre gravée. (Caylus. III.

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