LE SAUT ET LES SAUTEURS, DANS L’ANTIQUITÉ
Mécanisme du saut chez l’homme, — chez les animaux, — chez les in. sectes. — Le père dw saut. — Les haltères. — Le jeu de l'oiilre graissée. — lin professeur dans l'art de sauter. — Lamentations d’un vieillard hindou.
La course, qui a fait l’objet des chapitres précédents, est un acte complexe qui contient en lui le germe du saut. On peut même dire qu'elle ne se compose que d’une succession de sauts plus ou moins rapides, plus ou moins étendus.
Le saut proprement dit est un mouvement particulier, dans lequel notre corps entier se détache de terre, et reste un instant comme suspendu dans l’espace avant de retomber sur le sol. Il est le résultat de la force d’impulsion communiquée de bas en haut à toute l’économie animale par l’extension subite des membres inférieurs, dont les articulations ont été préalablement fléchies, pour que le saut puisse s’effectuer dans des conditions favorables. Au moment donc où l’homme est sur le point de sauter, son pied se trouve obliquement fléchi sur le sol, la jambe sur le pied, la cuisse sur la jambe et le tronc sur les cuisses. Dans cette position, où le retient l’action des muscles fléchisseurs, le corps se trouve considérablement diminué de longueur, et son centre de gravité fortement abaissé. Mais les muscles ne restent pas longtemps en cet é!at
FOKCE ET ADUESSE.
contre nature. Dès qu’ils cessent leurs efforts, les articulalions se reHressent soudain par la contraction énergique et brusque des extenseurs, ce qui détermine la force de projection, grâce à laquelle le corps se détache du sol et peutexéculerson mouvement. Toutefois, le saut ne pourrait se réaliser sans l’action des derniers muscles, parvenant à surmonter la résistance opposée par le poids du corps de l’homme. Celte résistance est considérable, et si les muscles en viennent à bout, c’est qu’ils sont doués euxmêmes d'une force extraordinaire. « Pour calculer la force de tous les muscles qui agissent lorsqu’un homme, se tenant sur ses pieds, s’élève en sautant à la hauteur de 2 pieds ou environ, est-il dit dans la grande Encyclopédie de Diderot et de d’Alembert, il faut savoir que cet homme pèse 150 livres, et que les forces qui servent dans cette action agissent avec 2,000 fois plus de force, c’est-à-dire avec une force équivalente à 300,000 livres de poids ou environ ; Borelli même, dans ses ouvrages, fait monter cette force plus haut. »
Mais c’est surtout chez les animaux que le mécanisme du saut est curieux à observer. Le phénomène sera d’autant plus remarquable que les membres postérieurs seront plus longs. C’est ainsi qu’on peut expliquer les bonds prodigieux et la vélocité de l’écureuil, du lièvre et surtout de la gerboise. Ce dernier quadrupède, dont le train postérieur est fort allongé, ne marche pas sur quatre pieds ; il saule sur deux. Rien de plus curieux que de le voir, lorsqu’il est surpris par le chasseur au milieu des blés mûrs à la tige élevée; il s’élance au-dessus des épis, jiaraissant et disparaissant comme un feu follet, et le plus habile a peine à le tirer. Il peut franchir en un seul bond un espace de 10 pieds (5'“,248), et dans son allure habituelle, il ne saute pas moins de 5 ou 4 pieds à la fois, c’està-dire 0“',975 à 1"',299. Mais aucun animal n’est, sous ce