LE SAIT ET LES S.VITELRS, DANS L AMIQLITÈ
Cos diverlissenients n’êtaienl pas du genre noble et re- *levé; — aussi le saut venait-il le dernier, bien loin après tous les autres exercices, après la course, la lutte et le pugilat. Homère ne le cite point parmi les jeux (pie rèlèbi’aient les Grecs sous les murs de Troie; mais en revanche, on le |)rati<piait chez les l’hèaciens, race légère et frivole, amie de la bonne chère, de la danse et de la toilette. Les plus agiles à la course furent aussi de tout temj)S les meilleurs sauteurs. Ainsi le Crotoniate l’havllus,‘qui (il le saut extraordinaire de 30 pieds, était un coureur infatigable. 11 en est de même des Basques, peuple agile par excellence. Ils sautent dans la perfection, avec ou sans l’aide de bâtons. « 11 court et saute à merveille, » était une expression fréquente dans rancienne France, lorsqu’on parlait d’un la- (juais basque. les Esjtagnols sont cousins des Basques, dont ils possèdent les qualités capricantes ; et sur la même ligne, un bon juge en ces matières, le colonel Amoros, range, qui le croira! les llegmaliques Anglais. « Un Anglais, dit-
il dans sou Manuel d'éducation idiysique, (jijmnastujue et morale (Paris, 1S.30, 2 vol. in-18, t. Il, p. 45), a sauté le fossé du jardin de Mousseau qui a 50 pieds, et on trouve parmi les Anglais d’aussi bons sauteurs en largeur que parmi les Espagnols. Le plus fort de mes éléves à Paris a sauté 10 pieds en largeur, et à Madrid, un jeune homme de treize ans a sauté 18 pieds.» Le même praticien mentionne, parmi les exemitles les plus remarquables, un saut
Saut exécuté à l’aide d'un béton. — Ü'aprés un vase antique peint du musée du Louvre.
UC FORCE ET ADItESSE.
de profondeur, en arrière, de 55 pieds sur une terre dure, et un autre de profondeur, en avant, de 25 pieds, avec ' chute sur le pavé.
Au dix-septième siècle, vivait en Angleterre un habile homme, William Stokes, qui joignait la théorie à la pratique, et qui se vantait de professer les véritables principes de l’art de sauter. 11 les développa dans un livre original publié à Oxford en 1652 ; le Maître à sauter (the Vaultinç/ Master). Sa méthode forma des sujets remarquables, entre autres un fameux sauteur , Simpson , qui florissait au temps de la reine Anne, et déployait ses talents à la foire Saiut-Barthélemi, imitation anglaise de notre foire Saint- Germain. « Mais le sauteur le plus extraordinaire dont j’aie gardé souvenance, dit M. Joseph St rutt, auteur d’un ouvrage estimé sur les jeux et les amusements du peuple anglais* est un nommé Ireland, du comté d’York, que je vis en 1799. 11 avait dix-huit ans, 6 pieds de haut,. et la mine la jdus avenante. 11 sautait par-dessus neuf chevaux rangés côte à côte, et par-dessus l’homme qui montait le cheval! du milieu; — on lui tendait une jarretière à 14 pieds de haut, et il franchissait d’un bond cet obstacle; dans un élan furibond, il crevait d’un coup de pied une vessie pendue à 16 pieds du sol; une autre fois, il franchissait une lourde voiture couverte de sa banne; et tout cela par un saut simple, franc, sans recourir jamais aux culbutes d’usage... »
Si M. Strutt avait voyagé dans l’Inde, il en aurait vu bien d’autres. Les Orientaux sont doués d’une prodigieuse souple.sse dans les articulations. Le colonel anglais Ironside, <|ui fit au commencement de ce siècle un assez long séjour dans rjnde, pendant lequel il observa particulièrement les tours des jongleurs, avait rencontré dans ses pérégri-
* T/ic Sjwils and pnslimes of Ihc people of Englaiid. New edit. bÿ Will. Houe. I.ond., 1854, in-S.