‹ Merveilles de la force et de l'adresse Agilitésouplesse, dexte̋rité. Les exercices du corps chez les anciens et chez les modernesChapitre 59 sur 104 · LA FRONDE ET SON USAGE · texte numérisé non relu

LA FRONDE ET SON USAGE

Les armes de jet, tenues par les anciens en intkliocre estime. — Pourquoi.

— La fl onde dans l'Écriture sainte. — Les habitants des iles Baléares.

— Comment un dressait les enfants à cet exercice, — Projectiles trouvés dans la i laine de Marathon. — Le frondeur delà colonne Trajane.

Comment l’antiquité qui, dans les jeux Olympiques, offrait des prix pour le jet du disque, dont nous avons parlé, ainsi que pour le jet du javelot, dont nous parlerons plus loin; comment l’antiquité n’avait-elle pas compris dans ces fêtes solennelles l’adresse du tir? 11 est bien entendu e c’est du tir à l’arc qu’il s’agit.

Était-il plus glorieux de planter un javelot dans un but donné que d’atteindre ce môme but avec une flèche ? Le motif principal de celte exclusion, c’est que l’arc, vu sa nature et ses résultats, n’était pas tenu par les anciens en grande estime. En effet, personne n’était à l’abri de ses coups. Avec cet engin perfide, on pouvait frapper un adversaire à distance, sans craindre de représailles. Dès lors à quoi servaient la force et le courage? Le plus brave devenait l’égal du plus lâche devant cette attaque imprévue. C’était le renversement des idées antiques, la suppression de la lutte face à face, du combat corps à corps qui faisait briller avec tant d’éclat le courage personnel. Tandis que le guerrier grec ou Iroyen s’avançait dans la plaine, sous l’œil des dieux et des hommes, seul, fort de sa valeur.

FOHCE ET ADnb:8SE.

sans autres armes que sa lance et son épée, l’archer se cachait derrière des murailles ou derrière un rempart de boucliers, et dfi là promenait à son aise la mort dans les rangs ennemis. Au siège de Troie, Teucer, l’habile archer, se blottit à l’ombre du lar ge bouclier d’Ajax, etde cet abri, fait tomber sous ses coups une foule de vaillants guerriers, «Toutes les fois qu’Ajax soulevait son bouclier, dit le poète grec, Teucer, promenant ses regards autour de lui, décocliait ses llèches dans la mêlée, et celui qu’elles atteignaient tombait pour ne plus se relever; aussitôt Teucer venait se réfugier auprès d’Ajax comme l’enfant dans le sein maternel, et le fils de Télamon le couvrait de sa puissante égide. » On comprend maintenant pourquoi les héros antiques avaient si peu d’estime pour cette arme à longue portée.

Aussi, voyez de quelle façon dans Vliuule (livre XI), le vaillant Diomède apostrophe le fils de Priam, Péris, qui vient de lui lancer une lléche et qui, pour accomplir cet exploit, Vest caché derrière la colonne d’un tombeau ; « Misérable archer, s’écrie le guerrier, loi qui le vantes delà chevelure frisée etqni ne sais regarder que les femmes, si lu osais m’attaquer en face, l’arme au poing, ton arc et tes nombreuses flèches ne pourraient te sauver! Tu te glorifiés trop poim m’avoir effleuré le pied ! Je ne m’inquiète pas plus de ma blessure que si j’avais été frappé par la main d’une femme ou par celle d’un faible enfant'. Les flèches d’un guerrier à qui manquent la force et l’énergie ne produisent aucun mal; mais- il en n’est pas de même dos traits lancés par ir.os mains ! MaUieur à celui que frappe la pointede mon javelot! son épouse semeurtrit le visage, — ses enfants restent orphelins, — et son corps pourrit sur la terre qu’il rougit de son sang ; — autour de lui les vautours abondent plus que les femmes... »

• Le guerrier d’autrefois, menacé de recevoir une flèche

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