APPAREIL DIGESTIF ET SÉCRÉTIONS
Fig. 21 et 28. — Langue de Caméléon.
tact ou de préhension des aliments ; cette langue est le plus souvent mince, sèche, recouverte de squames (fig. 29); elle peut parfois rentrer dans un fourreau, ainsi qu’on le voit chez les Varans (fig. 30). Chez les Caméléons la langue se modifie de telle sorte qu’elle forme un instrument de préhension fort remarquable (fig. 27, 28). Leydig arécemment décrit chezles Serpents et chez les Sauriensde petits corps en forme de calices,placés dansla bouche, etquipourraientétreregardés comme des organes degustation.
Le sens du toucher doit être très obtus, la peau étant recouverte par des lames plus ou moins dures de malière cornée ou même osseuse ; l’épiderme se renouvelle fréquemment et le phénomène de la mue est général chez tous les Reptiles ; cette mue peut être partielle, ainsi qu'on le voit chez les Sauriens, l'animal perdant son épiderme par lambeaux ; elle peut être, au contraire, totale, comme chez les Serpents, l’épiderme se détachant en entier et conservant la forme de la bête dont il provient. Le tégument cutané présente les aspects les plus divers. « Chez certain Saurien, écrit Vogt dans ses Lettres zoologiques, on trouve de véritables écailles, comme chez les Poissons : de minces plaquettes osseuses reposant sur une couche écailleuse se recouvrent les unes les autres à la manière des tuiles imbriquées et setrouvent enfermées dans des sacs qui représentent des produits cutanés très amincis. Chez d’autres Sauriens et chez les Serpents, on parle aussi d'écailles dans lesdescriptions, mais celle expression ne doit pas avoir la même signification, les produits de la peau n'étant pas les mêmes, Ici la peau se divise en deux couches, le derme, formé de fibrilles, et l’épiderme comparable à un vernis solidifié. La peau olfre tan-
Fig. 29. — Langue de Gerrhosaure. Fig. 30, — Langue de Varan du Nil,
tôt de simples élévations granuleuses, tantôt des rugosilés, tantôt des saillies disposées en forme d'écailles et libres à leur partie postérieure ; l’épiderme, appliquée sur ces accidents, se continue par des prolongements plus minces dans les replis qui correspondent aux verrucosités et aux saillies. Dans ces saillies se produisent, chez les Crocodiles, de véritables plaques osseuses qui s’enfoncent dans l’épaisseur même du derme et qui présentent des tractus pénétrant à travers les trous de ces plaques osseuses. Chez les Tortues, ces productions osseuses de la peau se confondent de très bonne heure avec le squelelte pour former l’écus-
Fig. 31. — Sonneute caudale du Crotale.
son dorsal et l’écusson ventral, tandis que l’épiderme elle-même s’épaissit, » Parmi les productions de l’épiderme, il convient de mentionner les ongles, des appendices en forme de cornes, de crêtes, d'épines, de gros tubercules, de sonnettes (fig. 31).
Appareil digestif et sécrétions. — À purl
chez les Tortues de terre et chez un petit nombre de Sauriens, le régime est toujours carnivore ; la plupart des Reptiles recherchent une proie vivante qu'ils avalent, en général, sans la diviser, les dents n'étant que des organes rétensifs; quelques Sauriens herbivores coupent et broient
Fig. 32. — Coupe d'un crochet d'Uphidien solenoglyphe.
jusqu’à un certain point les feuilles, les bourgeons ou les fruits pulpeux dont ils font leur nourriture. Chez les Tortues, les mâchoires sont formées d’un revêtement tranchant qui forme une sorte de bec qui sert à l'animal à déchirer ses aliments on à arracher les herbes, soit terrestres, soit marines. Les dents chez les autres Reptiles sont généralement
Fig. 33,34. — Mâchoires supérieure etinférieure du Python.
nombreuses, surtout chez les Serpents, et peuvent se trouver, non seulement aux deux mâchoires, mais encore sur diverses pièces de la voûte palatine (fig. 33 à 37) Les dents sont tantôt massives, tantôt. creuses, tanlôt percées dans leur longueur (fig. 38 à 40) le canal s’ouvrant à leur extrémité,
comme dans l'instrument de chirurgie connu sous le nom de trocart; cetle disposition s’observe chez les Serpents venimeux dits Solénoglyphes, tels que la Vipère, le Serpent à sonnelles (fig. 32 et 37). Les
Fig. 35. — Mâchoire supérieure de la Couleuvre de Montpellier (*).
aliments ne devant pas rester dans la bouche pour y être broyés, le voile du palais n’existe presque jamais. L’œsophage, généralement large, se continue directement avec l'estomac qui ne se distingue guère de l'intestin que par son diamètre plus
Fig. 36. — Vue inférieure de la moitié gauche du crâne et desos de la face d’un Python (*).
considérable ; il est d’ailleurs séparé du canal inteslinal par une valvule pylorique. L’intestin grêle n’est un peu long que chez les Tortues herbivores ; le gros intestin est très large et se termine dans un cloaque où viennent également aboutir les canaux urinaires et les organes destinés à assurer la per-
(*) a, maxillaire supérieur; er, crochets; ce, os transverse: d, ptérygoïdien: e, os palatin ; f, os intermaxillaire.
(**) Pmx, intermaxillaire ; Max, maxillaire ; Vo, vomer ; PI, pala-
tin: Pé, ptérygoïdien; 7», transverse; BS, basisphénoïde; BO, basioccipital ; Qu, tympanique (d’après Huxley}.