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APPAREIL DIGESTIF ET SÉGRÉTIONS

Fig. 31. — Cràne du Crotale (*)

pétuilé de l'espèce. Le cloaque débouche à lextérieur, au-dessous de la racine de la queue, par une fente arrondie ou longitudinalement placée chez les Tortues et les Crocodiles, par une fente transversale chez les Lézards et les Serpents.

Il existe des glandes salivaires dans fes lèvres de ces derniers animaux et une glande sublinguale chez les Tortues, à part chez les Tortues de mer; chez certains Serpents on trouve en outre une glande dans la région pariélale, laquelle

Fig. 38. — Coupe de la mâchoire d'un Alligator.

glande sécrète un venin souvent des plus aclifs.

Les reins ne correspondent pas, comme chez les Amphibiens, aux reins primitifs, mais, de même que chez les animaux plus élevés, les Oiseaux et les Mammifères, ce sont des organes spéciaux développés postérieurement. Les reins sont habituellement grands et multilobés ; les uretères qui en sortent aboulissent derrière la paroi du cloaque contre laquelle on trouve, chez les Tortues et chez les Sauriens, une vessie urinaire. La sécrélion urinaire chez les Serpents forme une masse de consistance solide ét'renferme beaucoup d'acide urique.

Chez les Mammifères et les Oiseaux on trouve entre les mailles du tissu cellulaire une matière grasse ou huileuse, plus ou moins abondante, qui

(*) Mr, maxillaire inférieur; Mz, maxillaire supérieur; Pmp, prémaxillaire; Va, nasal; La, lacrymal: Z/f, fossette lacrymale; D, sus-orbitaire; PSph, presphénoïde ; S, basisphénoïde; Jo, basioccipital: £O, exoccipilal; Sg, squamosal; Æo, fenêtre ovale;

Fig. 39, — Coupe de la mâchoire d'un Iguane tuberculé.

Fig. 40. — Màchoire d'un Agame, vue en dessus et latéralement.

est là comme une réserve de matière alimentaire destinée à entretenir la chaleur ; ce sont surtout les animaux devant subir de longs jeùnes, soit qu'ils s’'engourdissent pendant l'hiver, soit qu'ils doivent accomplir de longs voyages d'émigralion, qui font plus ample provision de combustible destiné à être brûlé. Il en est de même chez les Reptiles; beaucoup de ceux qui habitent nos climats hibernent et présentent entre les replis du péritoine, dans l'épaisseur du mésentère, des amas graisseux souvent considérables. L'aspect de celte graisse varie suivant les animaux; elle est jaunâtre et solide chez les Serpents, verdâtre et presque fluide, comme une huile à peine figée, chez les Tortues.

Beaucoup de Repiiles ont une odeur parfois fort

11, ouverture pour le passage du nerf optique; V, ouverture pour le passage du nerf de la cinquième paire; Æ/, palalin; P4, plérygoidien; 24, portion du ptérygoïdien qui est autérieure à l'aiticulation de cet 08 ayec le transverse et qui porte des dents; Qu'os carié.

pénétrante. On trouve souvent, en effet, à l’entrée du cloaque, dans l'épaisseur de la base de la queue, des poches remplies d'une humeur particulière, que l’on connaît sous le nom de bourses anales. Lorsque l’on saisit certains animaux, tels que l’Orvet, la Couleuvre à collier, ils exhalent une odeur des plus repoussantes et fort tenace qui leur sert évidemment de moyen de défense. Chez les Crocodiles on trouve sous la mandibule des glandes qui sécrètent une matière onctueuse dont l'odeur rappelle celle du musc. Certains Sauriens, des Geckotiens et plusieurs Iguaniens, ont, le long des cuisses, de petits pores, dits pores fémoraux, qui laissent suinter un liquide particulier.

Respiration. — Chez les Reptiles, la respiration est toujours pulmonaire. Une sorte d’épiglotte membraneuse existe chez beaucoup de Tortues, de Serpents et de Lézards; les Crocodiles seuls ont un rudiment de voile du palais mobile sur les arrièrenarines; chez tous les autres, en’effet, la glotte s’ouvre dans la bouche et non dans l’arrière-gorge, ainsi qu’on le voit chez les Mammifères. Les Geckotiens et les Caméléoniens possèdent un appareil vocal; presque tous les Reptiles sont privés de voix vérilable etne peuvent faire entendre que des sifflements ou des sons gutluraux ; on pourrait cependant assimiler à une voix les bruits parfois très forts qu’émettent les Crocodiles.

La trachée est souvent longue et entourée d’anneaux résistants ; au moment de la déglutition des aliments, la glotte peut se porter ne avant chez les Serpents et venir faire saillie en dehors.

Fig. 41, 42, 43. — Diagramme de la structure du poumon chez le Serpent A, la Grenouille B et la Tortue C.

La circulation étant peu active chez les Reptiles, les poumons ne sont pas conformés pour recevoir la totalité de sang veineux qui doit être hématosé ; c’est ce qui fait que la respiratiou de ces animaux est pour ainsi dire incomplète et, jusqu'à un certain point, volontaire, qu’elle peut être ralentie ou accélérée suivant qu'ils ont besoin de plusou de moins d'activité. Les poumons, souventspacieux, s'étendent souvent loin dans la cavilé viscérale, poumons qui

euvent être à parois alvéolaires, ou à larges cavités spongieuses, ainsi qu'on le voit chez les Tortues (fig. 41) et les Crocodiles. Chez les Caméléons et chez certains Iguaniens, tels que les Lophyres, les

poumons sont fort développés et munis d'appendices frangés qui s’insinuent entre les viscères ; chez les Caméléons, les Anolis, il existe une sorte de poche sous la gorge, communiquant avec la trachée et servant de réservoir à air. Les Serpents et les derniers des Sauriens, les Sauriens serpentiformes, ont les sacs pulmonaires fort inégalement développés (fig. 43), le poumon d’un côté s’atrophiant plus ou moins, et même disparaissant totalement chez quelques espèces venimeuses, tandis que l’autre poumon, acquérant un volume d'autant plus considérable, occupe toute l'étendue de l’échine au-dessous de cette longue partie de la colonne vertébrale qui porte les côtes; chez les Serpents une portion seule du poumon sert, du reste, à la respiration; l'extrémité postérieure ne présente ni alvéoles, ni vaisseaux servant à l’hématose, et conslitue un vaste réservoir d'air fonctionrant sans doute pendant l'acte si lent et si pénible de la déglutition qui empêche la respiration de s’accomplir librement. Comme chez tous les autres Vertébrés supérieurs, l'appel de l'air dans l'intérieur de la cavité thoracique se fait au moyen du jeu des côtes. Chez les Tortues, cependant, dont les côles sont absolument immobiles, cet appel se fait suivant un mécanisme tout particulier que nous ferons connaître lorsque nous étudieronscesanimaux.

Circulation. — On sait que chez les Vertébrés supérieurs, chez les Oiseaux, chez les Mammifères il existe en réalité deux cœurs accolés l’un à l’autre, l'un droit, ou veineux, l’autre gauche, ou artériel. Chez les Poissons, le cœur droit, c'est-à-dire cette partie du cœur qui reçoit le sang venant des veines et qui l'envoie aux organes de la respiration, est seul développé; le sang se rend, en effet, directement dans l’organe central de la circulation avant d’avoir subi l'influence vivifiante de l’air; en parcourant le cercle circulatoire, le sang ne traverse qu'une seule fois le cœur, et cela à l’état de sang

| veineux. Les Reptiles, qui occupent le milieu de

la série bes Vertébrés, offrent une disposition intermédiaire entre ce qui existe chez les Poissons et ce que l’on voit chez les Oiseaux et chez les Mammifères.

Les organes de la circulation présentent chezles Reptiles les dispositions essentielles que l’on remarque chez les Amphibiens qui, avec deux oreillettes, n’ont qu'un seul ventricule, mais arrivent par des transitions graduelles, à un degré de développement bien supérieur ; il existe alors deux oreillettes parfaitement distinctes, même extérieurement, et le ventricule est partagé par une cloison en deux cavités, l’une droile, l’autre gauche. Chez les plus inférieurs des Reptiles, les Lézards et les Serpents (fig. 44), ainsi que chez les Tortues que l’on place cependant généralement en tête de la série, la cloison interventriculaire est percée d'un trou plus ou moins large qui, anatomiquement, fait communi-

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