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L'IGUANE TUBERCULÉ

immédiatement dans l'eau, lorsqu'elles n'étaient pas blessées à mort, et ne reparaissaient plus, tandis que les flèches très longues les empêchaient de disparaître ainsi. Parmi ce butin se trouvèrent plusieurs spécimens longs de 2 mètres sur 30 centimètres d'épaisseur.

En dépit de leur aspect effrayant, la chair de ces animaux est une des plus tendre qu’on puisse se procurer. Les œufs sont également savoureux et très recherchés, ce qui concourt à rendre ces animaux de plus en plus rares, notamment sur les côtes où sont venus se joindre aux indigènes des créoles et des nègres. »

Quelques habitants s'occupent spécialement de rechercher ce singulier gibier, et ils mettent en usage divers procédés pour s’en emparer. Plusieurs auteurs signalent un mode de capture qui n’est pas du tout d'accord avec les renseignements de Schomburgk. On s’approche des Iguanes en sifflant, et on doit les charmer ainsi jusqu'à ce qu'ils tendent le cou et se laissent caresser avec une baguette, puis on leur passe au cou un lacet fixé au bout de celle-ci. A l’aide de cette corde, on les tire vigoureusement en bas de l'arbre; tout d'abord, ils se comportent comme s'ils étaient affolés ; ils cherchent à se délivrer, ouvrent la gueule, soufflent et sifflent ; mais on les maitrise facilement, et après les avoir mis hors d'état de nuire en leur ficelant la gueule, on les emporte sur le marché réduits ainsi à l’impuissance.

Habituellement on emploie pour la chasse de l’Iguane des chiens particulièrement dressés, car sans leur aide il est très difficile, et parfois presque impossible de distinguer ces Sauriens dont les couleurs se confondent avec celles des feuilles. D’après Liebmann, sur la côte occidentale de l'Amérique centrale, on guette les Iguanes quand ils descendent des arbres le soir, et on les fait arrêter par les chiens. Des chiens exercés découvrent facilement les Iguanes, grâce à leur flair probablement ; quand ce gibier se trouve sur un arbre, ils donnent de la voix, et, quand ils le rencontrent sur le sol, ils l’arrêtent. Quelques-uns saisissent même sans plus de façons l’Iguane par le dos et le font périr sous leurs morsures. Mais peu de chiens se comportent ainsi, parce que tous ceux qui ne sont pas très inexpérimentés ou très forts redoutent aussi bien les coups de queue puissants que les griffes et les dents des Iguanes qui se défen-

dent avec fureur. Quand le Saurien peut encore s'enfuir, il avise tout d’abord un arbre, ou, à défaut, une excavalion, mais dans les deux cas il est généralement perdu ; on s’en empare en effet assez aisément en secouant les branches ou en les coupant, et, quand cet animal a trouvé une excavation, il s'y croit dissimulé alors qu'il n’y peut cacher que sa tête. Quand on a réussi à s’en emparer, pour l'empêcher de mordre on lui passe une liane résistante à travers la peau de la mâchoire inférieure, et à travers les narines ; après lui avoir ainsi fermé la gueule, on enlève les tendons @e ses longs orteils médians qu’on utilise pour attacher ensemble ses deux paires de pattes au-dessus de son dos ; le lendemain matin on porte au au marché la pauyre bête ainsi torturée.

Usages. — Connaissant bien la vitalité extraordinaire des reptiles, les Mexicains ne craignent pas de garder ce gibier ficelé comme nous venons de le dire pour le vendre à l'occasion ; pendant le carême on achète volontiers, en effet, des Iguanes pour faire cuire leur chair dans la pâte de maïs. La viande d’Iguane passe pour être très savoureuse, aussi voit-on communément sur les marchés de Belize des Iguanes vivants ficelés ainsi que nous l'avons dit, de manière à ce qu'ils ne puissent pas mordre. D'après Sumichrast, dans la partie occidentale de l’isthme de Téhuantépec on ne recherche comme partie alimentaire de l’Iguane vert que les œufs; aussi les chasseurs ne prennent-ils jamais les mâles de cette espèce, qu'ils désignent sous le nom de Garabos.

Sumichrast rapporte que pendant les voyages qu'il fit sur le Rio-Goazaacalcos il fut témoin d’une singulière opération pratiquée sur un Îguane femelle. « Un des Indiens qui manœuvrait la pirogue, ayant réussi à s'emparer de ce reptile, lui ouvrit le ventre, en retira soigneusement les œufs, objet de sa convoilise, et après avoir recousu la plaie, lâcha l'animal, dans l'espoir, disait-il, de le retrouver plus tard. »

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