LE BASILIC À CAPUCHON. — BASILISCUS AMERI- CANUS
Helmbasilisk.
Caractères. — L'espècelaplusanciennement connue de genre, le Basilic à capuchon, a les écailles ventraleslisses ; le dos et la queue sont chez les mâles surmontés d’unehaute crête; un lambeau de peau mince et triangulaire s’élève verticalement au-dessus de l’occiput (fig. 201).
Les parties supérieures du corps sont d’un brun verdâtre; une bande jaune part de l’œil et se perd sur le cou; une autre bande de même couleur va de l'extrémité du museau à l'épaule ; le tronc est parcouru par des bandes noires disposées obliquement; la queue est annelée de noir; la face supérieure des membres est marbrée de noir; le dessous du corps est d'un jaune verdâtre, la gorge étant nuancée de gris plombé,
L'animal adulte arrive à la taille de 0",70.
Habitats, distribution géographique. — D'après Salvin, le Basilic à capuchon est si commun dans le Guatémela, qu'on peut s’en procurer autant qu’on en veut, sans aucune difficulté. On voit cet animal reposer sur les branches inférieures des arbres, toujours au voisinage immédiat de l’eau, en train d'’épier des insectes dont il fait presque exclusivement sa nourriture.
LES CORYTHOPHANES — CORYTHO- PHANES
Kantenkopfe.
Caractères. — Les Corytophanes se distinguent des Basilics en ce que la partie postérieure de leur crâne est relevée en une sorte de casque anguleux; les doigts ne sont pas frangés le long des bords, La queue est longue, faiblement comprimée, dépourvue de crête; le dos et quelquefois aussi la nuque sont dentelés.
Il existe des dents au palais; les dents des mächoires sont coniques en avant, les autres ont leur couronne trilobée.
Distribution géographique. — Les trois espèces de Corytophanes que l’on connaît habitent le sud du Mexique, les deux côtés des Cordillères, le Guatémela.
Mœurs, habitudes, régime. — Suivant Sumichrast, « le Corythophanes n'est pas un animal riverain comme les Iguanes et les Basilics. Il ne vit guère que dans les bois, parmi les rochers, et se plaît surtout dans les forêts de chêne, où la couleur sombre de son corps, qui s’harmonise avec celle des feuilles sèches, lui permet de tendre avec succès des embuscades aux insectes dont 1l fait sa proie. Il est excessivement agile, et, quand la fuite lui est permise, il est fort difficile de s’en emparer autrement qu’à coups de fusil. Quand il court, ilrelève lehaut du corps presque verticalement, tout en fouettant le sol avec sa queue, ce qui lui donne alors une allure fort singulière.
« La crédulité des Indiens n’a pas manqué d'attribuer à ce petit être si bizarrement joli des propriétés extraordinaires. Tout en redoutant fort la piqûre inoffensive de l’épine qu’on remarque sur chacun des côtés de la tête, ils préconisent la vertu de son corps desséché et porté en amulette, contre le mauvais œil, e/ aire, et cette foule de maux surnaturels, fils de leur sombre et supertitieuse imagination. »
LES IGUANES — ZGUANA
Leguanen.
Caractères. — Les espèces qui rentrent dans le genre Iguane sont principalement remarquables par le prolongement cutané qui constitue, sur toute l'étendue du dessous de la tête et du cou, un très haut fanon fort mince, dont le bord libre décrit une ligne courbe et présente des dentelures à la partie voisine du menton. La queue est très longue, grêle, comprimée dès son origine; les membres sont longs. Une crête règne sur le dos, et se continue en s’abaissant sur la queue. Les dents qui garnissent les mâchoires sont finement dentelées sur les bords ; il existe deux rangées de petites dents à la voûte palatine. La membrane du tympan est grande, tendue à fleur du trou de l'oreille ; les pores fémoraux sont disposés suivant une rangée.
Distribution géographique. — On connaît trois espèces d’Iguanes. L'Iguane tuberculeux habite une grande partie de l'Amérique méridicnale et se trouve aussi aux Antilles; l'Iguane rhinolophe est commun au Mexique et dans l'Amérique centrale; c’est dans le nord du Brésil, à la Martinique, à la Guadeloupe, que vit l’Iguane à cou nu.
Mœurs, habitudes, régime, — Lesiguanes,
LES IGUANES
Fig. 201. — Le Basilic à capuchon (1/3 grand. nat.).
qui sont des reptiles essentiellement arboricoles, se tiennent presque constammentsurles arbres situés près des cours d’eau ; leur longue queue comprimée est, en effet, admirablement disposée pour la natation. Ce sont des animaux très agiles qui sautent rapidement de branche en branche; vers le soir, ils descendent souvent sur le sol pour y chercher leur nourriture. Si on les surprend, ils s’empressent de grimper jusqu’à la cime des arbres ei se cachent dans le feuillage ou se précipitent à l’eau ; ils nagent avec rapidité en appliquant les membres contre le tronc et en se servant de la queue, qui constitue une rame puissante.
Les Iguanes sont exclusivement herbivores et frugivores ; ils se nourrissent de jeunes bourgeons, de feuilles, de baies molles qu'ils
coupent à l'aide de leurs dents finement dentelées en scie sur les bords. Le sac intestinal acquiert parfois, grâce à la quantité de feuilles qui y est entassée, un développement extraordinaire, ainsi que l’a constaté Sumichrast. Les Indiens prétendent toutefois que les Iguanes sont des animaux carnassiers, qu'ils chassent non seulement les insectes, mais encore de petits Lézards. Belcher dit avoir vu sur l’île d'Isabelle de véritables troupeaux d’Iguanes qui dévoraient avec avidité des œufs de reptiles, des insectes, des intestins d'oiseaux ; Schomburgk rapporte également qu'aux Guyanes il a vu les Iguanes donner la chasse aux sauterelles et à d’autres insectes.
Le mâlese choisit ordinairement une femelle qu'il ne quitte pas pendant un certain temps
LES IGUANES
Fig. 202. — Le Cyclure lophome (1/4 grand. nat.).
de l’année, et qu'il défend avec rage contre les individus de son espèce qui voudraient s’en approcher ; ils se battent alors avec fureur.
‘A Sainte-Lucie, la ponte a lieu pendant les mois de février, mars et avril. Les œufs ont à peu près la grosseur des œufs de pigeons ; ils sont d’un jaune paille clair ou d’un blanc sale; la coque est molle. Les femelles déposent ces @ifs dans un trou creusé dans le sable et les recouvre soigneusement. D’après les recherches de Tyler, les femelles âgées pondent beaucoup plus que les jeunes. Sumichrast a observé qu'il arrive assez souvent que plusieurs femelles pondent en commun, de telle sorte qu'on peut trouver jusqu'à deux douzaines d'œufs dans une même fosse.
Beaucoup d'œufs sont détruits, non seulement par les fourmis, mais encore par des rongeurs, principalement par le rongeur désigné à Sainte-Lucie sous le nom de Rat musqué.
Après l'éclosion, les petits semblent demeurer assez longtemps ensemble. Homboldt rapporte qu'il a vu de ces animaux peu de temps après leur sortie de l'œuf. « Ils ressemblent alors, dit-il, à des Lézards ; ni la crêle dorsale,
ni le fanon qui donnent un aspect si particulier à l’adulte, n’existent alors. »
Chasse. — Schomburgk, qui a pu observeren liberté l’Iguane tuberculé, nous donne d'intéressants renseignements sur la manière de s'emparer de ce reptile. « Deux espèces d’Ingas. en fleur, écrit-il, avait attiré une foule d'insectes dont la présence avaient alléché à leur tour une quantité inaccoutumée d’Iguanes.
A chaque coup de rame qui nous poussait en avant, nous voyions trois on quatre de ces grands animaux se jeter dans l’eau du haut des arbres, ou bien disparaître dans l'épais feuillage des cimes, en se glissant de branche en branche avec la rapidité de la pensée pour y chercher un refuge qui ne pouvait cependant les mettre à l'abri ni des regards scrutateurs ni des flèches sûres de nos Indiens. Autour de nous tout était vie et mouvement; car pour nos hommes, il s'agissait de se procurer en vue du repas la plus grande quantité possible de cette précieuse friandise.
«Dans cette chasse, l'usage du fusil n'était pas aussi utile que l’usage des flèches, car les Iguanes tirées avec du plomb se précipitaient