LE LÉZARD VIVIPARE
tous les sens, la tâtant avec son museau, puis il la saisissait entre sesmâchoires ; alors,élevant fortement le cou, il pressait le fruit contre le sol, en même temps qu'il le serrait de manière à y faire une ouverture. C'était par là qu'il introduisait sa langue, et, en très peu detemps, le parenchyme avait disparu. Quand on lui donnait des morceaux petits et sans noyau, il les avalait, il en faisait de même des petits Lézards des murailles que je lui donnais; je lui en ai vu avaler qui avaient près du tiers de sa longueur. Mais ce qu'il préférait à tout, c'était les mouches. En apercevait-il une à quelque distance de lui, il se mettait doucement en marche, élevant de temps en temps la tête, comme pour voir si elle ne s'était pas envolée; arrivé à la distance d’un pied environ, il s’élançait comme un trait et manquait rarement son coup. Après le repas, que j'avais soin de rendre toujours abondant, il devenait lourd et paresseux, et buvait alors volontiers de l’eau pure, ou de la salive qu'il paraissait aimer beaucoup. »
Au sud des Alpes, le Lézard vert se retire vers novembre pour dormir du sommeil hivernal; sous nos climats ce reptile n'apparait guère qu’en avril, tandis que dans le sud du Tyrol il se réveille vers le mois de mars.
La femelle pond de 5 à 8 œufs d’un blanc sale, de forme presque sphérique et de la grosseur d’un pois; un mois environ après la ponte, c’est-à-dire en août, les petits éclosent.
LE LÉZARD VIVIPARE. — LACERTA VIVIPARA.
Bergeidechse.
Caractères. — Cette espèce, dont quelques auteurs ont fait le type du jeune Zootoca, est d’une taille bien inférieure à celle du Lézard des souches et n'arrive guère qu'à 0w,12 ou 0,15. La queue est grosse et ne diminue point graduellement à partir de sa racine, ainsi qu'on le voit chez les autres espèces; elle est, du reste, plus longue et plus grosse chez le mâle que chez la femelle. La tête se busque assez fortement vers le museau; on ne voit qu’une seule plaque entre l'œil et la narine; les tempes sont revêtues de squames au milieu desquelles se voit une plaque plus grande; il n'existe pas de dents au palais. Les écailles du dos sont hexagones, non réellement imbriquées; les plaques du ventre forment huit séries, dont deux très courtes (fig. 214).
Tschudi, qui a fréquemment observé cet
LE LÉZARD DES SOUCHES
animal en vie, en donne la description suivante: « Le mâle est, sur le dos, d’un brun de æoix ou d’un brun de bois passant au brunrougetre ; le long du milieu de cette partie supérieure du corps règne une raie noire, et de chaque côté une série de points noirs qui, quelquefois, se réunissent en une strie et qui ordinairement vont se joindre à une ligne grise. La gorge est bleuâtre, passant à une teinte rosée; l’abdomen et le dessous des membres sont d’un brun-vert avec un grand nombre de points noirs. *
« La femelle a le dos et le sommet de la tête d'un brun-rouge; chez elle les points et les stries noires sont moins distinctes. Le dessus. est plus foncé; tout le dessous du corps est d’un brun-jaunâtre, souvent safran, et rougeâtre sur ses parties marginales. Une teinte lilas avec un reflet jaune et rose se voit sur la gorge. Tantôt ce sont les stries blanches qui sont le mieux marquées; tantôt ce sont les brunes, ce qui produit un grand nombre de nuances dans le mode de coloration de ces animaux. Les jeunes ne se distinguent des adulles qu’en ce que leurs couleurs ne sont pas aussi prononcées. »
Distribution géographique. —Cetteespèce, fort variable, et décrite sous des noms très différents, habite une grande partie de l'Europe moyenne et septentrionale; elle paraît manquer dans la partie méridionale de l'Europe, mais s'élève par contre, dans le nord, jusqu’à la région des bouleaux; d’après Barmann, elle vit même au voisinage d’Arkangel et a été observée dans les Alpes jusqu’à 1,000 mètres d'altitude; à cetle hauteur, de même que dans l'extrême nord, elle passe les trois quarts de l’année dans le sommeil hivernal; l'espèce est également abondante dans toute la partie moyenne de la Sibérie.
Dans l'Europe centrale, le Lézard vivipare fait presque absolument défaut dans certains points, tandis qu'il est fort abondant dans d'autres. Dans les Alpes Souabes, dans les forêts de la Thuringe, dans le Harz, dans les montagnes de Glalzer, en Suisse, ce Lézard est aussi commun que dans les régions marécageuses du Brandebourg, dans les bruyères du Jutland et du Hanovre, dans les steppes de la Russie, sur les dunes de la Hollande, de la Belgique, du nord de la France.
Murs, habitudes, régime, — On à remarqué que le Lézard vivipare vit de préférence au voisinage de l’eau ou dans les prairies
humides; Tschudi nous apprend cependant qu’en Suisse il fréquente de préférence les bois de sapin secs, où il se creuse des trous sous les feuilles tombées, pour s’y réfugier en cas de danger.
D'après Fatio, c’est vers la fin d'avril ou dès le commencement de mai que ce Lézard sort de sa cachette dans les Alpes suisses.
Tandis que les autres Lézards de nos pays pondent des œufs qui n’éclosent qu'au bout d’un certain temps, chez les Vivipares les petits éclosent de suite. D’après F. Lataste «les œufs sont oblongs, réguliers, d'un blanc porcelaine; ils sont au nombre de 7 à 9 dans le corps de la femelle qui les garde jusqu’au mois d'août, fort grosse et fort embarrassée par leur poids, leur volume. Plusieurs femellespondent ensemble sous la même pierre ou dans le même lieu. Quelques minutes après la ponte, les petits brisent leur enveloppe et s’échappent fort alertes ; ils mesurent alors à centimètres de long; ils sont entièrement noirs, la face supérieure à peine plus claire que l'inférieure. L'année suivante, leur dos est encore à peu près uniforme, les dessins de la robe de l’adulte n'étant guère qu'indiqués par des lignes un peu plus claires ou plus foncées; ce n’est qu’à la troisième année qu'ils ont les couleurs des adultes. »
Nous devons ajouter que pendant les premiers jours de mai qui suivent leur naissance les petits se tiennent généralement dans quelque fente de rocher ou dans des crevasses du sol, la queue enroulée et restent ainsi comme engourdis. La membrane de l'œuf peut se rompre dans le corps même de la femelle, et dans ce cas la parturition est réellement yivipare.
LE LÉZARD DES SOUCHES. — LACERT.1 STIRPIUM.
Zauneidechse.
Caractères, — Par sa taille, le Lézard des
souches tient le milieu entre le Lézard vert et les petites espèces de nos pays; il arrive, en
| effet, à 0",20 au plus. On le reconnaît facile-
mentàses formes peu svelles, trapues, épaisses pour ainsi dire; le museau est court, obtus; les membres sont courts; la queue fait environ la moitié de la longueur du corps. De petites plaques polygonales, parmi lesquelles se trouve une plaque plus développée que les autres, couvrentles tempes ; deux plaques superposées se voient entre l'œil et les narines; les écailles
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LE LÉZARD DES SOUCHES
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Fig. 215. — Le Lézard des soucnes (grand. nat.).
du dos ne sont pas carénées; les plaques du ventre forment huit rangées transversales (fig. 215). ,
La coloration n’est pas la même dans les deux sexes.
Chez les mâles, la partie supérieure du corps est d’un gris-brun plus ou moins foncé; une série de grandes taches d’un brun foncé ou noirâtres, marquées chacune d’un trait longitudinal blanchâtre, règne tout lelong du dos et forme parfois une bande qui se prolonge jusque vers la moitié de la longueur de la queue ; il arrive assez souvent que les petites lignes blanchâtres s'unissent les unes aux autres: les parties latérales de la tête, les côtés du cou et les flancs sont d’un beau vert mélangé de bleuâtre, à reflets dorés, avec de petites taches jaunâtres; de petites taches jaunes, entourées d’un cercle noirâtre, se voient sur les pattes ;
un blanc grisâtre, d’une teinte cuivreuse, glacé de rougeûtre, règne sur le dessous des membres et de la queue; le ventre est coloré en vert clair et piqueté d’un grand nombre de petites taches noires.
Les femelles n’ont point les côtés du corps verts, mais d’un gris-brun ou jaune, etles taches blanchâtres sont généralement plus nettes, plus distinctement séparées les unes des autres. Le ventre est d'un gris blanchâtre, à reflets cuivreux ou d’un beau vert jaune. Certains individus sont d’une couleur rouge de brique semée de petits points bruns.
Distribution géographique. — Cette espèce se trouve dans toute l’Europe centrale et orientale ; vers lenord, elle s'étend jusque vers le sud de la Suède: elle ne se trouve pas au sud des Alpes; dansle Tyrol septentrional, elleremonte, d’après Gredler, jusqu’à 1,200 mètres d'altitude.
LE LÉZARD DES SOUCHES
Fig. 216. — Le Lézard ocellé (1/2 grand. na
Mœurs, hapitudes, régime. — Le Lézard des souches habite les plaines et les coteaux, se tenant de préférence sur la lisière des bois, dans les haies, dans les grands jardins ou dans les vignes. Sa résidence de prédilection est la pente des coteaux pierreux exposés au soleil et recouverts de buissons rabougris, de bruyères. D'après Duméril et Bibron « sa demeure est un trou étroit, plus ou moins profond, creusé sous une touffe d'herbe ou entre les racines d'un arbre; il s’y tient caché pendant l'hiver, après en avoir bouché l'entrée avec un peu de terre ou quelques feuilles sèches, Il n’en sort que dans la belle saison, ou lorsque le temps est favorable à la chasse des insectes dont il fait sa nourriture, tels que les mouches, de petits orthoptères, et quelquefois des chenilles. La femelle pond neuf à treize
Buëum. — V,
œufs qui sont cylindriques, tronqués aux deux bouts. »
Nous pouvons ajouter que le Lézard des souches ne court réellement avec rapidité que dans les endroits dégarnis ; il se glisse avec beaucoup d’habileté au travers des herbes touffues et branchages enchevètrés; il grimpe avec assez de facilité, mais seulement sur des buissons peu élevés; en cas de danger, il peut nager, bien que ce soit avec une répulsion marquée.
Dans nos pays ce Lézard apparaît versle mois d'avril; d'après Leydig, les femelles âgées se montrent une semaine environ plus tard queles jeunes. Pendant le mois de juin a lieu la ponte dans le sable, au milieu des pierres, et même, suivant Schinz, dans les tertres des fourmis noires; les petits éclosent vers la fin
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