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LE LÉZARD DES MURAILLES. — LACERTA MURALIS

Mauvereidechse.

Caractères. — Le Lézard des murailles ou |

Lézard gris ne représente nullement, suivant

Philippe de Bédriaga, « une seule espèce et un |

nombre limité de variétés, la plupart peu différentes du type; c’est plutôt un nom collectif qui embrasse toute une série deraces généralement bien caractérisées et géographiquement séparées les unes des autres. Quelques-unes sont continentales, d’autres appartiennent à la faune insulaire. Parmi ces dernières surtout, on rencontre des races qui, quoique descendant directement des formes continentales, en diffèrent cependant d'une manière si prononcée que parfois un examen très soigneux devient indispensable, afin de les faire reconnaître comme appartenant au Lézard des murailles.

La plupart des îles et des îlots de la Méditerranée ont leurs races propres de Lézards de murailles, et ces îlots représentent, dans le vrai sens du mot, de véritables stations d’épreuve pour la formation de nouvelles races et même de nouvelles espèces. »

Nous ne pouvons décrire ici toutes ces variétés. Nous disons seulement, avec de Bédriaga, que l’on peut admettre quatre groupes dans le Lézard des murailles, chacun comprenant un assez grand nombre de variétés.

Tantôt la bête est d’un beau vert, les flanes étant bariolés de brun, de bleu, de rouge, ou ornés de séries longitudinales de taches noires; une ocelle bleue se voit derrière l'épaule, le dessous du ventre étant bleuâtre, ainsi qu'on l’observe chez la race qui habite le royaume de Naples, la Dalmatie, l'Herzégovine. Tantôt, comme pour la race confinée sur le rocher de Farglioni, près de l’île de Capri, le corps est d’un bleu foncé à reflets métalliques,

les parties inférieures étant d’un beau bleu de

mer orné de taches indigo. D’autres fois, ainsi qu’on le remarque chez les individus prove-

| nant de la Spezia, des ocelles d’un bleu clair

apparaissent en grand nombre au milieu des lignes noires et ondulées qui se détachent sur le fond jaunâtre du dos. D'autres fois encore, et cette variété habite les îles Baléares, le dos est d’une belle teinte bleu-foncé, quatre bandes alternant avec des raies d'un vert métallique parsemé de points noirs, les flancs étant mouchetés de petites taches d’un bleu-

| verdâtre sur un fond brun-olivâtre, le ventre

étant d’un vert saphir et d'un rouge grisâtre. Certains animaux sont d’un bleu si foncé qu'ils paraissent être presque noirs.

En France, la livrée est généralement gri sâtre ou roussâtre, les flancs étant marqués d’une bande noire bordée de blanchâtre. D’a près Dugès, on voit, chez les individus capturés aux environs de Montpellier, une série de petites taches d'un brun foncé se détachant sur un fond roussâtre ; le long des flancs est une large bande brune, bordée d’une teinte brune ; c’est la livrée du jeune âge, les individus adultes étant d'un vert presque uniforme ou ornés de taches brunes ou noirâtres réuunies par des lignes de même couleur. La femelle, indépendamment de ses formes plus grèles, de sa tête plus effilée, a toujours une livrée plus modeste que le mâle.

Nous ajouterons que le Lézard des murailles, dont la taille moyenne est de 0" 90, a les tempes revêtues d’écailles petites parmi lesquelles se trouve une plaque circulaire, que les écailles du dos sont petites, circulaires, convexes, qu'il existe au ventre six séries de plaques, que la plaque occipitale est très petite et que l’on voit très rarement des dents au palais (pl. XI).

Distribution géographique. — Le Lézard des murailles se trouve dans toutes les parties tempérées de l’Europe; il habite également la partie occidentale de l'Asie et se rencontre fort abondamment dans toutes les îles de la Méditerranée ; l’espèce s'élève jusqu'à environ 1,500 mètres d'altitude.

Mœurs, habitudes, régime. — L'espèce dont nous parlons se rapproche volontiers des habitations, fréquentant surtout les vieilles murailles exposées au soleil, toutes tapissées de plantes, où elle trouve à la fais le vivre et le couvert, senourrissant de petits insectes. On la rencontre aussi dans les vignes, sur les coteaux pierreux ou sur les talus qui bordent les chemins. Le Lézard des murailles s’accommode de tout, pourvu qu'il ait du soleil; il vit sur

Breum, Reptiles. eV p.258; PI-EXIe

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