LE SCINQUE DES BOUTIQUES
il se trouve relégué dans son dernier refuge, mais là même il lui sera impossible de résister longtemps à la persécution qu'il doit aux qualités qui le font rechercher comme aliment. Ce sera, dans un temps plus ou moins long, une espèce éteinte; car, sans moyens de défense, sans agilité, sans inspirer aucune crainte superstilieuse qui puisse le protéger, il est condamné d’avance à partager le sort de l’A/ca
impennis, du Strigops, de l’Apterys et de plu- |
sieurs autres représentants de la faune actuelle. »
Mœurs, habitudes, régime. — Le Macroscinque de Cocteau était resté extrêmement rare dans les collections, lorsque l'amiral Perrier d'Hauterive et le lieutenant de vaisseau Delaunay et, plus tard, en 1883, les membres de la Commission scientifique embarquée à bord du Zalisman rapportèrent de nombreux exemplaires vivants de cette curieuse espèce.
Ce reptile vit dans un îlot volcanique, absolument désert, qui ne renferme comme végétation que quelques graminées; il se terre sous les grosses pierres. Ainsi que nous avons pu l'observer à la ménagerie des reptiles du Muséum, c’est un animal très doux et fort lourd dans ses allures; il aime à grimper pour se chauffer au soleil; sa nourriture est exclusivement végétale et se compose de salades, d'herbes, de fruits pulpeux de toute sorte.
LES SCINQUES — SCINCUS
Caractères. — Les Scinques ont les membres très développés, terminés par cinq doigts presque égaux, aplatis, à bords dentelés en scie, des dents coniques, obtuses, mousses, des dents à la voûte palatine, le museau cunéiforme, tranchant, tronqué; la queue est conique et pointue,
LE SCINQUE DES BOUTIQUES. — SCINCUS OFFI- |
CINALIS.
Skinke.
Caractères. — Le Scinque des boutiques, la seule espèce du genre, est un reptile dont la longueur ne dépasse guère 0®,15. Le corps est gros, fusiforme, les membres courts, épais; la queue est très massive à son origine et s’effile vers son extrémilé ; la tôle s’amincit en forme de coin vers le museau, qui est arrondi, la mâchoire supérieure étant un peu
plus longue que l’inférieure ; la paupière inférieure est écailleuse (fig. 227).
Le dos et la queue sont d’un jaune ou d’un gris mêlé de brun ou de noirâtre formant des taches disposées suivant des bandes transversales, ou orné de petites taches blanchâtres; la partie inférieure du corps est d’un blanc argenté plus ou moins impur. Le mâle diffère de la femelle par sa taille un peu plus forte et par les mouchetures noires des flancs.
Distribution géographique. — Le Scinque des boutiques paraît propre à l'Afrique, dont
| il habite, en quantité innombrable, la partie
occidentale et surtout septentrionale. Bruce a observé l’espèce en Syrie et en Abyssinie ; on la trouve abondamment dans certaines parties de l'Algérie, dans la haute et la moyenne Égypte.
Mœurs, habitudes, régime. D'après Alexandre Lefebvre qui a recueilli de nombreux Scinques aux oasis de Barhrieh, cette espèce se rencontre sur les monticules de sable fin et léger que le vent du midi accumule aux pieds des haies qui bordent les terres cultivées et des
| tamarisques qui végètent sur les confins du
désert. On voit l'animal se chauffer paisiblement aux rayons de soleil le plus ardent et se livrer à la chasse des Coléoptères qui passent à sa portée, il court avec une grande rapidité et s'enfonce dans le sable avec une étonnante vitesse, se creusant en quelques instants un terrier de plusieurs pieds de profondeur. Lorsque le Scinque est pris, il fait des efforts pour s'échapper, mais il ne cherche jamais à mordre ou à se défendre avec ses ongles.
Tristan, qui a observé le Scinque dans le Sahara occidental, confirme complètement les observations de Lefebvre ; jamais il n’a trouvé dans un endroit pierreux le Scinque que les Arabes désignent sous les noms de Sararut et de Salgaya. Pendant la saison froide, ce reptile
| se retire dans des excayations dans lesquelles
il se livre au sommeil hivernal.
Usages. — Le Scinque des boutiques a été pendant fort longtemps employé comme mé-
| dicament et on faisait venir en grande quantité
d'Égypte ces animaux desséchés; on ne sait pourquoi cet animal jouissait, en effet, de propriétés merveilleuses.
« La chair de ces animaux, écrit Geszner, est employée comme contre-poison ; on la prescrit, mélangée à d’autres médicaments, contre les sueurs froides des tabescents ; sa cendre, mêlée à de l'huile ou à du vinaigre, enlève la sensi-
LES GONGYLES.
Fig. 227. — Le Scinque des boutiques (2/3 grand. nat.).
bilité aux membres que l’on doit amputer; le fiel, mélangé avec du miel, s'emploie contre les taches des yeux. L’urine solide, connue dans les pharmacies sous le nom de crocodylea, est de couleur blanche; on l’emploie contre les taches de rousseur. »
Il est à peine utile de faire remarquer que la chair des Scinques n’a aucune des merveilleuses propriétés que lui attribuaient les anciens; cette préparation est tombée dans un juste oubli.
LES SPHÉNOPS — SPHENOPS
Caractères. — Voisins des Scinques, les Sphénops se dislinguent de ceux-ci en ce que les doigts sont presque ronds, non dentelés sur les bords; les dents font défaut à la voûte palatine ; le museau est arrondi en coin.
La seule espèce du genre, le Sphénops bridé (Sphenops capistratus), est un animal de 0®,25 à 07,20 de long, de couleur gris jaunâtre ou brunâtre relevée par des raies longitudinales somposées de petits points noirs placés sur les bords des écailles ; sur les côtés de la tête se voit une bandelette noire qui va se perdre sur le cou; les parties inférieures de l'animal sont blanches. La tête est courte, déprimée ; le cou est de même grosseur que le tronc et la queue elle-même semble être la continualion de celui-ci.
Mœurs et distribution géographique. — Le Sphénops bridé est très commun en Égypte.
A. Lefebvre l’a capturé sur les crêtes des rizières, au pied des haies qui bordent les habitations et sur les bords des ornières des chemins fangeux des villages; les mouvements de l’animal sont très vifs; il se Lerre peu profondément. Les Égypliens ont assez souvent embaumé ce reptile, et l’on peut voir, au Musée du Louvre, plusieurs petits sarcophages ayant contenu des Sphénops.
LES GONGYLES — GONGYLUS
Caractères. — Les Gongyles sont des Sauriens normaux en ce sens qu'ils ont quatre membres avec cinq doigts ; la queue est conique; le museau est conique; les écailles sont lisses, il n'existe pas de dents au palais.
L'espèce la plus connue du genre est le Gongyle ocellé (Gongylus ocellatus), animal de forme lourde, trapue, assez ramassé; les pattes de devant peuvent se replier dans une sorte d’enfoncement que présentent les flancs; la queue n’est pas tout à fait aussi longue que le reste du corps ; la tête est courte, légèrement déprimée ; le museau est obtus, arrondi; les yeux sont petits, protégés par une paupière supérieure très courle et une paupière inférieure très développée présentant un disque transparent.
LES PLESTIODONS.