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LES SEPS — SEPS

Erzchleichen.

Caractères. — Le Seps chalcide, la seule espèce connue du genre Seps, est un reptile d'environ 0",40 de long, au corps grêle et allongé, à la tête très courte, confondue avec le tronc, à la queue de forme cylindrique, longue, effilée à son extrémité, terminée par une pointe cornée, flexible. Les pailes, au nombre de quatre, sont rudimentaires et se terminent par trois doigts; implantées vers le bas des flancs, elles se logent dans un repli de la peau, qui est revêtu d'écailles lisses. Les dents sont coniques; la paupière inférieure est transparente; l'oreille est en forme de fente longitudinale, à bords non dentelés (fig. 299).

Le ventre est d’un blanc grisâtre, la tête d’un brun olivâtre ou roussâtre. La coloration des flancs varie suivant les individus : une teinte d’un gris cuivreux ou bronzé règnesurles parties supérieures du corps, agréablement coupée par quatre bandes longitudinales blanchâtres et piquetées de noir; ou bien ces lignes sont noires et séparées par des bandes fauves ; d’autres fois, six ou huit raies noires, alternant avec autant de raies jaunâtres, ornent le dos; parfois encore, le corps paraît être uniformément coloré en brun olivâtre, tant sont pâles les lignes grisâtres qui le parcourent.

Mœurs et distribution géographique. — Le Seps chalcide habite le pourtour de la Méditerranée, l'Espagne, l'Italie, les îles de la Méditerranée, le Nord de l'Afrique; assez commune dans les départements méridionaux de la France, cette espèce a été trouvée dans la Charente-[nférieure d’après F. Lataste. Elle habite les prairies, les endroits chauds et herbeux, hivernant dès le commencement de la saison froide; la nourriture se compose d'insectes, d'araignées, de vers, de petits mollusques terrestres. Dans la marche tranquille, ! l'animal se soulève sur ses quatre pieds tout

ils lèchent le jus avec grand plaisir. Ce sont j des animaux très doux, apathiques, absolu-

‘Fig. 229. — Le Seps chalcide (2/3 grand. nat.).

rudimentaires qu'ils soient; lorsqu'il s'arrête, il prend appui sur ses membres de devant, la tête légèrement soulevée; veut-il fuir, les pattes qui pourraient le gêner dans sa course sont couchées le long des flancs et la bête avance rapidement à l’aide des ondulations du tronc et de la queue, glissant avec une

telle rapidité au milieu des herbes qu'on à.

grand'peine à s’en emparer. Le Seps est vivipare; le nombre des petits est de quinze environ. s

Ennemis, préjugés. — Bien que le Seps soit un animal absolument inoffensif, il passe, en Sardaigne, pour faire mourir les bœufs qui l’avalent en paissant.

Certains naturalistes anciens ont également prétendu que le Seps était un être très dangereux, et que sa morsure était suivie de gangrène et très souvent de mort.

Certains Mammifères, tels que la Martre, et en général les petits carnassiers, les Faucons, les Corbeaux, les Cigognes, et parfois même les Poules font une guerre active aux Seps et les détruisent en grand nombre.

LES ORVETS — ANGUIS Blindschleiche,

Caractères. — Que, par la pensée, on supprime les pattes si rudimentaires des Seps, el

l’on aura l’Orvet ou Anguis fragilis (fig. 230), dont le corps, de forme cylindrique, ne diminue que graduellement de grosseur. La tête est courte, se terminant par un museau arrondi, la bouche petite, la langue bifide, à surface en partie granuleuse, en partie veloutée; les mâächoires sont armées de dents aiguës, couchées en arrière; le palais ne porte pas de dents ; l’œil, très petit, est peu saillant ; l’ouverture de l'oreille est si peu distincte, tellement cachée sous les écailles, qu’elle a été longtemps méconnue. La queue se termine brusquement par une pointe conique de consistance cornée. Le corps est recouvert d'écailles lisses, très brillantes. La longueur de l'animal, assez variable du reste, est au maximum de 0,30 à 0®,40. Le mâle est plus grand que la femelle.

Au moment de la naissance, le dos est gris, blanchâtre, avec une étroite ligne noire au milieu ; le ventre est de couleur marron, noirâtre vers les flancs. Plus tard, le dos est gris roussâtre et la ligne médiane disparaît; le dessous du corps est piqueté de noir brunâtre. Quelques individus sont d’un gris cendré presque uniforme. Les parties supérieures ont une teinte cuivreuse ou bronzée, une teinte fauve, une teinte grisâtre, d’autres fois une coloration d'un marron plus ou moins clair; les côtés du corps sont lavés de noirâtre et les régions in-

Fig. 230. — L'Orvet (3/5 grand. nat.).

férieures présentent une couleur plombée; d’autres fois, l'animal est uniformément grisätre en dessus et de chaque côté, tandis qu’en dessous il est d’un blanc sale ou lavé de gris, la face inférieure étant mouchetée de brun. La coloration est, du reste, tellement variable que Lenz affirme avoir capturé une fois, dans l’espace d’une demi-heure, trentetrois de ces animaux dans un périmètre d’une soixantaine de pas, sans avoir trouvé deux Orvets colorés absolument de là même manière.

Distribution géographique. — L'Orvet fragile se trouve dans toute l'Europe, depuis le cercle polaire jusqu'aux parties méridionales ; on le rencontre également dans une grande partie de l'Asie occidentale, en Sibérie et sur toute la côte méditerranéenne de l'Afrique. Il vit dans les Alpes de la Suisse jusqu’à 2,000 mètres au-dessus de la mer. En France, toutes les faunes locales en font mention.

Très commun en France, l’Orvet porte, suivant les localités, les noms de Anvin, Anvan, Anvoie, Anvais, Anvronais, Borgne, Mielle.

D'après Viaud Grand-Marais, « Liltré, dans son dictionnaire, écrit Znvoye et donne pour synonyme le mot aveugle, mais les mots anvin, anvais, etc., employés pour Orvet, dérivent du latin anguis, avec changement du gu en v, transformation de lettres beaucoup plus rare

du latin au français que la transformation |

inverse. Cependant, un exemple de la même

métamorphose se présente pour un autre dérivé d'Anguis, Anguille, qui, en picard, se dit Anwile et en wallon Anveie. Orvet dérive du latin orbatus, sous-entendu lumine, d'où orbat, orvat, orvel. Borgne n’a pas besoin d’explication. Mielle vient de nigellus, noirâtre. »

Mœurs, habitudes, régime. — « Quoique dépourvu de pattes, écrit Fatio, l'Orvet se creuse des galeries souterraines assez profondes, tantôt forant avec la tête, tantôt avec la queue, toutes deux également coniques. La femelle met au monde, sous terre, en août ou seulement même en septembre, de huit à quatorze petits qui déchirent leur enveloppe au moment même où ils viennent d'être pondus. En arrière-automne, à l'approche des froids, les Orvets se retirent dans leurs quartiers d'hiver

et ferment l’ouverture de leur retraite avec dela

terre et de la mousse; c’est alors que l’on peut

| trouver de vingt à trente individus réunis dans

une galerie de 0®,70 à plus de 1 mètre de profondeur, les plus jeunes étant souvent les plus voisins de l’orifice. » Nous pouvons ajouter que l’Orvet, s’évitant la peine de creuser un terrier, s'empare le plus souvent d’un trou abandonné ou hiverne sous des branchages, sous des amas de feuilles mortes, au milieu de tas de grosses pierres.

Dès que le soleil commence à avoir quelque force, on rencontre des Orvets ayant déjà secoué la torpeur de l'hiver et en quête de leur

| nourriture, qui se compose de petites limaces,

Fig. 231. — L’'Abléphare pannonique (grand. nat.).

de vers de terre, parfois aussi de chenilles. | L'Orvet boit assez souvent, et de la même ma- |

nière que le Lézard.

L'animal habite un peu partout, aussi bien les prairies argileuses ou sablonneuses que les coteaux calcaires, bien qu’il semble préférer les endroits humides et recouverts de grandes herbes ; on le trouve dans la mousse des bois, parmi les décombres, dans les prairies, partout, en un mot, où il lui est possible de se dérober aux regards de ses nombreux ennemis.

D'après Viaud Grand-Marais, «au moment de la fenaison, on le trouve quelquefois se chauffant au soleil sur des tas de foin, quand il s'y croit en sûreté ; mais c’est surtout le soir, à la tombée de la nuit, qu'il prend plus librement ses ébats; on l’aperçoit alors rampant dans l'ombre. S'il craint quelque agression, ou si le temps est mauvais, il se retire sous terre dans son trou. Il fuit timidement lorsqu'on l'attaque. Toutefois, quand il est fortement irrité, il se redresse et se donne un air de serpent dangereux, mais il cherche peu à se défendre de ses dents; elles sont trop faibles, et sa bouche est trop petite pour qu'il puisse blesser. »

Par les jours de grande chaleur, l'Orvet est, en général, caché ; il se montre généralement, au contraire, lorsque le temps va se mettre à la pluie, car c'est alors surtout que sortent les vers de terre et que se promènent les limaces.

BReum, — V,

«Lorsqu'on voit errer cet animal de bon matin, écrit Leydig, on peut être certain d'un changement atmosphérique, le temps allant se mettre à la pluie. »

Les mouvements de l'Orvet ne ressemblent ni à ceux des Lézards, ni à ceux des Serpents. La progression lui est difficile sur un sol uni, à cause du peu de relief de ses écailles; très musculeux, il se sert avec avantage des moindres reliefs du sol, s'accroche à eux et se tire en avant avec la tête ou se pousse en appuyant sur eux l'extrémité conique de sa queue. Il ne va pas à l’eau de son plein gré, mais lorsque, par hasard, il tombe dans ce liquide, il nage avec agilité à l’aide d’ondulations latérales, en tenant la tête soulevée.

L'Orvet mérite bien l’épithète de fragile qui lui a été donnée par Linné; car sa queue se romptau moindre choc, mais repousse facilement; celte propriété lui a fait également donner le surnom de Serpent de verre.

D'après Viaud Grand-Marais, « l’Anvin a un singulier moyen de défense. Ses muscles se raidissent au point qu'il se brise, abandonnant une partie de lui-même pour se sauver. La queue brisée se reproduit en quelques mois, mais se distingue longtemps de la queue primilive par une moindre longueur et une difformité au niveau de la cassure. »

Facultés sensorielles. — Parmi les facullés sensorielles, la vision occupe le premier rang,

| en dépit de l’épithète d’aveugle sous laquelle

LES PYGOPES.

l'Orvet est désigné dans beaucoup de contrées. Les yeux sont d’un jaune doré et la pupille de couleur foncée, la paupière inférieure est couverte d'écailles. La vision ne paraît pas être aussi active en plein soleil qu'à l'ombre ou dans une demi-obscurité.

Les expériences qui ont été faites sur des Orvets tenus en captivité permettent d'affirmer que ces animaux ont une ouïe assez bien déxeloppée.

La langue paraît posséder une sensibilité générale assez délicate, ainsi que l'indique sa structure.

Préjugés. — Un vieux dicton fort accrédité dit:

Si Bœuf voulait,

Si Anvin voyait,

Et si Sourd entendait, Personne ne vivrait.

On ne sait trop pourquoi, car il est absolument inoffensif, l'Orvet a de tout temps passé pour fort dangereux. «Lorsque, écrit Gessner, les bestiaux se couchent dans les prairies où se trouvent des Orvets, il arrive trop fréquemment que ces animaux mordent les bœufs et que la blessure devienne le siège d’une inflammation et d'une tuméfaction de la plus mauvaise nature; en pareil cas, il faut ouvrir la région mordue à l’aide d’une lancette et appliquer sur la plaie de la craie imbibée de vinaigre. »

Il va sans dire que l’Orvet n’est pas plus aveugle que la Salamandre terrestre n’est sourde.

Se nourrissant exclusivement de limaces, de vers de terre, l’Orvet mériterait l'intérêt et la pitié du cultivateur, qui l’écrase sotlement.

LES ABLÉPHARES — 4BLEPHARUS

Natterang(n.

Caractères. — Ainsi que l'indique leur nom, les Abléphares n’ont qu'un rudiment de paupière. Seuls, parmi les Scincoïdiens n'ayant qu'une paupière, ils ont quatre membres avec cinq doigts, aussi bien en avant qu’en arrière; ilest vrai de dire que ces membres sont très réduits. Les écailles qui revêtent le corps sont lisses. La langue est squameuse, échancrée à la pointe; les dents sont simples, de forme conique; le palais n’est vas denté; les oreilles sont visibles.

Distribution géographique. — Les Abléphares vivent à la Nouvelle-Hollande, à Taïti, aux îles Sandwich; on en connaît une espèce de Perse et une du Turkestan.

L'ABLÉPHARE PANNONIQUE. — 4ABLE?THARUS PAN- NONICUS.

Johannisechse.

Caractères. — L'espèce que nous décrivons est de pelite taille etne dépasse guère 8 à 9 centimètres. Le corps est anguiforme, les membres sont très courts, les antérieurs étant moins développés que les postérieurs; les membres sont fort écartés l’un de l’autre, Les ouvertures des oreilles sont deux petits trous arrondis. Les écailles du corps sont parfaitement lisses, très élargies ; les écailles de la nuque sont beaucoup plus dilatées en travers que celles du cou et du dos (fig. 231).

La partie supérieure du corps est d’un brun clair ou d’un vert cuivreux; une bande marron s'étend de chaque côlé du dos, depuis la narine jusqu'en arrière de la cuisse ; les bords de cette bande sont lisérés de blanc. La gorge et l’abdomen sont d’un blanc rougeâtre; le dessous de la queue est d’un gris bleuûtre

Mœurs, habitudes, régime. — L’Abléphare pannonique se trouve surtout en Hongrie ; on le rencontre aussi dans le sud-est de l Europe, en Grèce et dans la Russie méridionale; cette espèce n’est point rare dans les bois de l'État de Pesth et sur les flancs de la montagne où est bâtie la forteresse d'Ofen.

Distribution géographique. — Les mœurs de cette espèce sont à peine connues; on sait seulement qu'elle se tient de préférence sur les tertres gazonnés et qu’elle se nourrit principalement de petits vers de terre.

LES PYGOPES — PYGOPUS Schuppenfusze.

Caractères. — Les Pygopes ou Hystéropes sont des Scincoïdiens au corps de Serpent, mince et effilé, qui n'ont, en fait de membres, que des appendices en forme de nageoires à la partie postérieure du corps. Nous ajouterons qu'il n'existe qu’un rudiment de paupière formant un cercle immobile autour du globe de l'œil, que les dents sont simples et coniques, que la langue est aplatie, squameuse en avant, veloutée en arrière, que les écailles sont carénées.

LES AMPHISBÉNIENS.

Fig. 232. — Le Pygope (2/3 grand. nat.,

LE PYGOPE LÉPIDOPODE OU HYSTÉROPE DE LA NOUVELLE-HOLLANDE.

La seule espèce qui rentre dans ce genre est le Pygope lépidopode, Hystérope de la Nouvelle-Hollande, ou Bipède.

Caractères. — C'est un animal de 0,70 de long, dont la forme générale est celle d’une Couleuvre; le tronc est grêle, cylindrique ; la queue, qui entre pour près de deux liers dans la longueur totale du corps, est très amincie à son extrémité. La tête, à peine distincte du

corps, est revêtue de grands écussons sur sa |

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