‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 160 sur 276 · partie de la famille des Opisthoglyphes. de Duméril et Bibron · texte numérisé non relu

partie de la famille des Opisthoglyphes. de Duméril et Bibron

Distribution géographique. — La famille des Psammophidées ne comprend que trois genres; les Psammodynasles sont de Java, de Sumatra, de Siam; les Psammophis habitent l'Afrique, l'Arabie, l'Asie Mineure; c’est en Europe, en Algérie, sur le côté ouest de l’Afrique, que se trouvent les Cælopeltis.

LES COELOPELTIS — COELOPELTIS Grubennulern.

Caractères. — Wagler a formé ce genre

pour des Couleuvres qui ont la tête haute, nettement concave au devant des yeux ; le museau est relativement court; il existe deux plaques frénales placées à la suite l’une de l’autre. Les écailles du dos sont petites, finement striées, légèrement concaves chez les adultes.

LA COULEUVRE MAILLÉE. — COELOPELTIS INSIGNITUS.

Gidechsennattern.

Caractères. — Outre le caractère tiré de l’écaillure et de la forme de la tête, cette espèce se reconnaît facilement à sa coloration.

Le fond de la couleur est d’un brun olivâtre, qui, sur le dos, tire plus ou moins au brun rougcâtre. Des lignes d’un brun sombre, ornées de jaune, dont la forme et la disposition sont très

irrégulières, ornent la tête. La face supérieure du tronc et de la queue est marquée de petites taches noirâtres, bordées le plus souvent de jaune ; ces taches forment habituellement cinq, plus rarement sept séries longitudinales plus ou moins nettes et disposées de telle sorte que les taches de chaque série alternent avec celles des séries voisines. On voit, en outre, sur les écailles des deux séries longitudinales latérales les plus externes, des taches blanchâtres ou jaunâtres de forme irrégulière, taches qui se disposent parfois en une bande onduleuse presque ininterrompue.

La face inférieure du corps est d'un blanc jaunâtre ou d’un jaune brunâtre, chez les jeunes sujets, elle est marquée de taches d’un gris noirâtre, disposées en séries longitudinales; chez les adultes, elle est de teinte uniforme.

La coloration est, du reste, assez variable pour que la Couleuvre maillée ou Couleuvre de Montpellier ail été décrite sous des noms différents.

Une variété, désignée sous le nom de Couleuvre de Neumayer (Cælopeltis Neumayeri) a la face supérieure du corps de teinte uniforme ou ne porte sur la base dela queue que des traces de taches sombres disposées en séries longitudinales. Dans une autre variété, le dos est d’un brun olive profond ou d’un brun noir relevé de quelques traits jaunes, plus nombreux sur les côtés.

La disposition des couleurs qui afait donner le nom à l'espèce est assez rare. Les individus décrits par Geoffroy Saint-Hilaire avaient, en effet, le dos semé de taches rappelant les mailles que présentent les jeunes perdrix.

Nous ajouterons que le museau est un peu comprimé et que les plaques sourcilières sont saillantes, de telle sorte que la tête est netlement excavée entre les yeux (fig. 278).

LA COULEUVRE MAILLÉE.

Fig. 218. — La Couleuvre maillée (1/52 grand. nat.).

Distribution géographique. — La Couleuyre maillée appartient en propre à la zone circumméditerranéenne ; on trouve l'espèce depuis les côtes de l’océan Atlantique et le nord-ouest de l'Afrique jusqu’à la mer Caspienne el l'Arabie occidentale, depuis le 45° degré de latitude nord jusqu'aux déserts brûlants de l'Algérie, de la Tunisie, de la Tripolilaine et de l'Égypte.

En France, la Couleuvre maillée est assez commune aux environs de Montpellier et de Nice.

Mœurs, habitudes, régime. — D'après Erber, l'espèce qui nous occupe n’est pas rare en Dalmalie. « Cette Couleuvre, dit-il, trahit souvent sa présence par un violent sifflement. C’est dans le voisinage même de Zara, près du village de Casino, que je pris un grand individu de cette espèce, qui avait atliré mon attention

var un silflement très fort. Je poursuivis le |

Serpent de buisson en buisson jusqu'à ce qu'il finit par se réfugier dans un trou; je pus alors le saisir par la queue. Je ne voulais pas endommager l'animal, mais il m'était impossible de le tirer à moi, car il s’enfonçait autant qu'il le pouvait. Le lâcher pour le déterrer n'était pas pratique, car cetle opération dans un terrain rempli de pierres aurait été moins que

facile. Je pris patience, et pendant deux heures durant je maintins mon reptile. Celui-ci se dégagea, et son premier soin fut de se retourner sur moi dans l'espoir de me mordre. Soit par colère, soit pour toute autre cause, il vomit alors un merle, quatre souris et deux lézards qu'il avait engloutis peu de temps auparavant. L'animal mourut quelques heures après s2 capture. »

Aux environs de Montpellier nous avons plusicurs fois observé le Gœælopeltis dans les terrains arides et rocailleux où poussent les cistes aux fleurs odorantes, les charmantes linaires et les purpurins mélilots; nous avons également trouvé cette espèce le long des chemins creux exposés en plein soleil.

La couleuvre maillée nous a toujours paru être un animal assez agressif, qui, lorsqu'on fait mine de le saisir, se jette sur vous en faisant entendre un sifflement aigu. Comme toutes les Couleuvres, du reste, elle se hâte de fuir entre les pierres et les buissons lorsqu'on ne l’altrape pas.

Sa nourriture se compose de souris, de mulots, de campagnols, de lézards, et trop fréquemment de pelils oiseaux (1).

(1) Voyez Marius Reguis, la Couleuvre de Montpellier Science el Nalure, 1884, t. I, p. 265).

C'aptivité. — La Couleuvre maillée supporte mal la captivité, refuse généralement de manger et, dès lors, ne tarde pas à mourrir.

Elle perd son caractère agressif en peu de

LES DRYOPHILIDÉES.

que cette morsure ne cause aucun mal, «bien que le Serpent possède une dent conique, très pointue, beaucoup plus longue que les autres et pourvue d'une goutlière longitudinale très

temps, et s’'affaiblit rapidement. La morsure | marquée. »

n'est, du reste, pas dangereuse. Dugès a vu

LES DRYOPHILIDÉES — DARIOPHILIDÆ

Peitschenschlangen.

Caractères. — Les Dryophilidées ou Couleuvres d’arbres ont le corps grêle et fort mince, la queue longue, en forme de fouet; la tête est généralement longue et plate, dislincte du cou; le museau est proéminent, prolongé parfois en appendice flexible; la mâchoire supérieure est plus longue que l’inférieure; la bouche est largement fendue; beaucoup de ces Serpents sont armés d’une dent venimeuse placée à la partie postérieure de la mâchoire; la pupille est ovale ou linéaire, horizontale, la plupart de ces animaux étant nocturnes ou au moins crépusculaires.

Distribution géographique. Les Couleuvres arboricoles vivent dans la zone tropicale des deux hémisphères, bien qu'elles soient tout particulièrement abondantes en espèces dans le sud du Mexique, l'Amérique centrale, le nord de l'Amérique du Sud ; elles abondent également dans les îles de la Sonde, à Java, à Bornéo, à Sumatra, dans l’Indo-Chine; on les retrouve dans les parties les plus chaudes du continent africain, aussi bien sur la côte ouest que dans la partie orientale; quelques formes sont spéciales à Madagascar; ces animaux vivent également dans le sud de la Chine et le nord-ouest de l'Australie.

Mœurs, habitudes, régime. — Les Dryophilidées sont des Serpents essentiellement arboricoles, ainsi que l'indique la forme de leur

corps très long et très grêle, qui ressemble à |

un frêle rameau. Leur couleur, généralement verdâtre, s’harmonise, du reste, à merveille avec celle des plantes sur lesquelles ils passent leur vie, car ce n’est que fort exceptionnellement que la plupart de ces animaux se tiennent sur le sol.

La beauté et l'élégance de la forme de ces Serpents, la grâce de leurs mouvements, les tons harmonieux de leurs couleurs les ont fait désigner par les Siamois sous le nom poétique de « Rayon-de-Soleil ».

« J'étais toujours enchanté, écrit Wucherer, lorsque je remarquais qu’un Serpent arboricole avait élu domicile dans mon jardin, à Bahia. Lorsque je montais sur un arbre pour examiner un nid d'oiseau dont les petits venaient de s'envoler, je trouvais souvent le nid occupé par un de ces admirables Serpents, qui, long de plus de trois quarts de mètre, s’était enroulé dans un espace à peine grand comme le creux de la main. Toujours et toujours le Serpent arboricole paraît être sur ses gardes; il est constamment en éveil; lorsqu'on l’aperçoit, le jeu rapide de sa langue noire et profondément bifurquée témoigne qu'il vous à vu. Lorsque,.par le plus léger mouvement, on manifeste l'intention de s’emparer de l'animal, il prend de suite la fuite en rampant sur les branches et sur les feuilles avec une légèreté telle que celles-ci paraissent à peine plier sous son poids; encore un instant, et on l’a perdu de vue. »

Les Serpents arboricoles se nourrissent d'Oiseaux, de petits Sauriens et de Batraciens menant le même genre d'existence qu'eux.

D'après les observations faites par Smith sur une espèce du sud de l’Afrique, les petits oiseaux savent par expérience que ces Serpents

| sont de cruels ennemis, aussi lorsqu'ils en

voient un, s’empressent-ils de s’avertir en poussant des cris perçants. Tous les oiseaux du voisinage se mettent alors à volliger autour de l’ennemi commun, piaillant à qui mieux mieux, dans l'espérance de l’effrayer et de le faire déguerpir. Il arrive le plus souvent que l’un des imprudents est la victime du Reptile, qui guette la tête haute. Smith parle de l’adresse extraordinaire avec laquelle le Serpent s'empare des oiseaux qui s’approchent de lui effrontément et que leur hardiesse et l’état de trouble dans lequel ils se trouvent en présence de leur ennemi font tomber dans le piège. Pas plus dans ce cas particulier que dans tous les

L'HERPÉTODRYAS CARÉNÉ.

autres, il ne peut être ici question de fascinanation.

On admet généralement, mais sans preuves bien concluantes, que les Serpents arboricoles sont ovovivipares,.

LES HERPÉTODRYAS — AERPETO- DRYAS

Natterbaumsehlangen.

Caractères. — Boié a désigné sous ce nom des Serpents au corps allongé, dont la moitié environ est formée par la queue, qui se continue directement avec le tronc, et qui est mince, appointie à son extrémité. La tête est pelite, assez allongée, étroite, confondue avec le cou, plane en dessus, déprimée; toutes les dents sont d'égale longueur, et la dernière n'est pas sillonnée; les orifices des narines sont placés sur les côtés du museau ; les yeux sont grands.

Les écailles du dos sont grandes, toutes semblables entre elles. Suivant les espèces, ces écailles sont lisses ou carénées, les carènes existant sur quelques rangées seulement ou sur toutes les écailles. Le nombre des écailles contenu dans une rangée varie de 10 à 18.

Distribution géographique. —- Sur 12 espèces que comprend le genre, 8 sont des parties les plus chaudes de l'Amérique du Sud, des Guyanes, du nord du Brésil, de l'Amérique centrale, des Antilles; une est de Madagascar; les autres se trouvent à Java et à Bornéo. - ché ir 1g 3

L'HERPÉTODRYAS CARÉNÉ. — HERPETODRYAS CARINATUS.

Sipo.

Caractères. — L'Herpétodryas caréné ou

Sipo est un Serpent de près de 2 mètres de long, dont la coloration, des plus variables, est de toute beauté sur l’animal vivant.

D'après le prince de Neuwied, la partie supérieure du corps est d’un beau vert clair tournant parfois à l’olivâtre ; le ventre est verdâtre ou jaune clair; la coloration verte passe par toutes les gradations jusqu’au brun métallique brillant. L'animal, du reste, change fréquemment de couleur et devient plus ou moins clair, plus ou moins foncé suivant les moments. Ajoutons que les rangées longitudinales du dos sont toujours en nombre pair et que les deux rangées médianes, parfois

aussi les rangées les plus voisines de celles-ci, sont carénées (fig. 219).

Distribution géographique. D’après de Neuvwied, le S:po est, au Brésil, le Serpent le plus commun après le Serpent corail; on le trouve abondamment dans les petits bois des terrains sablonneux des environs de Rio-de- Janeiro, du cap Frio. L'espèce vit également aux Guyanes.

Mæœurs, habitudes, régime. — Le Sipo se tient de préférence sur les buissons poussant dans les endroils sablonneux situés non loin de la mer. On le trouve aussi aux embouchures des rivières et dans les lieux marécageux, là où croissent des joncs, des roseaux et d’autres plantes aquatiques. Il grimpe sur les plantes frutescentes, principalement sur les clusiacées ou guttifères aux feuilles larges et raides; ce n’est qu'exceptionnellement qu'on voit cet animal sur le sol. Lorsqu'on s'approche de lui, il fuit si rapidement, qu’on peut à peine le suivre; sa course est très rapide sur le gazon, un peu plus lente sur le sol nu.

Hensel, qui a trouvé le Sipo assez rarement dans le nord du Brésil, est persuadé que cet animal y est cependant assez commun, mais qu’il se cache dans les haies et dans les arbres dont la couleur s’harmonise à merveille avec sa robe, de telle sorte qu'il passe inaperçu.

La nourriture de l'Herpétodryas caréné se compose d'Oiseaux et de Batraciens.

Au Brésil même ce Serpent passe pour être inoffensif. Ce n’est que dans les cas extrêmes

que le Sipo se défend contre l’homme, ainsi , qu'il ressort du récit suivant de Schomburgk.

« Dans une de mes chasses, dit-il, je vis un. Serpent long de 2 mètres se diriger vers moi; j'en étais trop loin pour savoir s’il était ou non . venimeux. Les deux canons de mon fusil.

étaient chargés; je tirai, et l'animal se ‘roula sur le sol dans des mouvements convulsifs.

Du bruit dans les branches de l'arbre audessous duquel je me trouvai atlira mon attention, deux beaux perroquets, dont je ne connaissais pas l’espèce, effrayés par la détonation de mon arme, vinrent se poser sur l’extrémilé d'une branche. Le Serpent paraissait blessé à mort; je le vis se diriger péniblement vers un buisson épais dans lequel il disparut. Je le cherchais en vain, lorsque, rapide comme une flèche, il s'élança contre mon épaule et me fit faire un violent saut en arrière. Glacé de terreur et ne sachant pas si j'élais blessé, je vis l'animal se préparer à une nouvelle atta-

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