CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Fig. 318 à 380. — Diagrammes montrant la position du blastopore et les relations de l'embryon et du vitellus dans
divers types d'œufs mésoblastiques des Vertébrés (*).
dilatation ; l'estomac est lui-même très vaste. La terminaison du tube intestinal est une sorte de réservoir dans lequel aboutissent l'extrémité proprement dite du tube digestif, les orifices des organes mâle et femelle, ceux des uretères qui y versent urine, plusieurs pores qui aboutissent à la vessie urinaire. L'ouverture du cloaque commun s'ouvre à l'extérieur par une fente arrondie chez les Anoures, allongée, garnie de bourrelets pouvant se gonfler, chez les Urodèles.
Le foie est toujours volumineux ; la vésicule du fiel est constamment distincte.
Entre le foie et le pylore ou le premier rétrécissement qui se voit après l'estomac, se trouve une série de petits grains agglomérés qui représentent le pylore.
La rate est généralement arrondie chez les Anoures, allongée chez les Urodèles.
A l'inverse de ce qui existe chez les Reptiles, les reins correspondent aux reins primitifs et proviennent de la partie inférieure des corps de Wolf. Les canaux vecteurs de l'urine aboutissent au sommet de papilles situées sur la paroi postérieure du cloaque, et n'ont pas de communication directe avec la vessie urinaire, qui est formée par un enfoncement de la paroi antérieure du cloaque ; cette vessie est grande (fig. 372).
(*) A, type de la Grenouille; B, type des Élasmobranches ; C, vertébrés amniotes,
my, plaque médullaire; ne, canal neurentérique; b!, portion du blastopore adjacente au canal neurentérique, En B cette partie du blastopore est formée par les bords du blastoderme se réunissant et formant une bande linéaire en arrière de l'embryon, et en C elle constitue la formation appelée la ligne primitive ; yk, portion du viellus non encore recouverte par le blastoderme (d'après Dalfour).
Respiration. — « Les organes de la respiration des Amphibies nus offrent essentiellement la répétition de ce qu’on observe chez les Dipnoïques, qui sont des Poissons, de telle sorte que ces animaux forment le trait d'union entre les Vertébrés aquatiques, qui respirent avec des branchies, et les Vertébrés supérieurs, qui vivent dans l'air et respirent par des poumons. Tous les Amphibies sont pourvus de deux grands sacs pulmonaires; ils ont, en outre, soit pendant le jeune âge seulement, soit à l’état adulte, trois ou quatre paires de branchies, qui tantôt sont renfermées dans une cavité recouverte par la peau du cou, et ouverte extérieurement par une fente, tantôt sont externes et constituent des appendices cutanés rameux ou pennés. A la présence des branchies correspond toujours celle de fentes pratiquées dans la paroi du pharynx entre les arcs branchiaux. Les poumons consistent en deux sacs assez grands, symétriques, offrant des plis saillants anostomosés entre eux, constituant des cavités celluleuses dont les parois contiennent dans leur épaisseur des capillaires. Le développement peu considérable de la surface de ces organes répond à des besoins restreints et indique une respiration incomplète, ainsi que le prouvent aussi les mouvements respiratoires peu étendus, qui ne permeltent que d’une manière très imparfaite le renouvellement de l'air. 11 n'existe point de thorax, et ces mouvements sont produits d’une part par les muscles de l’os hyoïde, et de l’autre par les muscles abdominaux. Le canal impair qui donne accès dans les deux poumons ressemble tantôt à une trachée, tantôt à un larynx, par sa
LES BATRACIENS
largeur et sa brièveté ; chez les Anoures seulement, il constitue un organe vocal qui produit des sons, et qui est souvent renforcé chez les mâles par un appareil résonnateur formé par un ou deux sacs communiquant avec l’arrière-bouche.
Circulation. — « La formation et le développement du système vasculaire est en rapport intime avec les organes respiratoires. À l’époque où la respiration branchiale existe seule, la structure du cœur etla disposition des grands troncs artériels sont tout à fait analogues à ceux des Poissons. Plus tard, lorsque la respiration pulmonaire se développe, la circulation devient double, et une cloison divise le cœur en deux oreilleltes droite et gauche ; la première reçoit les veines du corps, la seconde les veines pulmonaires qui charrient le sang artériel (fig. 374, 375). Cependant le ventricule reste simple, et, par suite, renferme nécessairement du sang mêlé; il se continue avec un cône aortique musculeux, animé de contractions rythmiques, et avec l'aorte descendante qui se dirige dans les arcs vasculaires déjà plus ou moins réduits (fig. 374).
« Chez l'embryon, et pendant la période de larve, on trouve quatre paires d’arcs vasculaires qui entourent l’œsophage sans former de capillaires, et qui se réunissent, au-dessous de la colonne vertébrale, aux deux racines de l'aorte descendante. Lorsque les branchies apparaissent, les trois paires antérieures d’arcs émettent des anses vasculaires qui constiluent le système des capillaires branchiaux, et se réunissent à leur partie supérieure pour former les racines de l'aorte descendante. Le quatrième arc qui, du reste, est souvent un rameau du troisième (Grenouille), ou a une origine commune avec lui dans le bulbe, n’a aucun rapport avec la respiration branchiale et aboutit directement dans la racine de l’aorte. C'est cet arc vasculaire inférieur qui envoie un rameau aux poumons en voie de développement : telle est l’origine de l'artère pulmonaire (fig. 376).
« Tandis que ces dispositions persistent pendant
toute la vie chez les Pérennibranches, on observe |
chez les Salamandrines et les Batraciens anoures des modifications très grandes qui accompagnent l’atrophie des branchies et conduisent au mode de distribution des vaisseaux chez les Vertébrés supérieurs. Lorsque le système capillaire des branchies vient à disparaître, la connexion du bulbe
de l'aorte et de l'artère descendante est établie par |
de simples arcs, qui ne sont pas également déve-
loppés, mais qui s’atrophient en partie de manière |
à constituer des canaux de communication étroils et plus ou moins oblitérés (canal de Botal).
« Chez les Balraciens anoures qui, par suile de la |
disparition des deux arcs branchiaux inférieurs, ne possèdent que trois arcs vasculaires, la racine de l'aorte est le prolongement de l'arc moyen de chaque côlé. L'arc inférieur donne naissance à
l'artère pulmonaire et à un gros tronc qui se rend à la peau du dos.
« Chez les Cécilies, l'appareil des arcs vasculaires se simplifie considérablement : deux troncs partent du bulbe de l'aorte en dehors de l'artère pulmonaire, fournissent derrière le crâne l’artère céphalique et forment ensuite la racine de l'aorte.
« Les vaisseaux lymphatiques des Amphibies sont bien développés et accompagnent les vaisseaux sanguins, constituant tantôt des réseaux, tantôt de larges canaux. Le canal thoracique se divise dans sa parlie antérieure en deux branches, et déverse le chyle et la lymphe dans les troncs veineux antérieurs. Il existe aussi des communications entre les canaux lymphaliques et la veine iliaque. Dans certains points, des réservoirs lymphatiques sont animés de contractions rythmiques et constiluent alors des cœurs lymphatiques ; c’est ainsi qu’il ya chez les Salamandres et les Grenouilles deux de ces cœurs sous la peau du dos dans la région scapulaire et deux autres immédiatement en arrière des os iliaques (1). »
Développement. — Tous les Batraciens émanent d'œufs, et tous subissent des métamorphoses plus ou moins grandes ; on peut dire que ces métamorphoses sont toujours extérieures ; chez quelques animaux cependant, tels que l'Hylode de la Martinique, les métamorphoses ont lieu dans l’intérieur de l’œuf, de telle sorte que les petits arrivent au monde à l’état parfait. Les changements sont beaucoup plus importants chez les Anoures que chez les Urodèles, et surtout que chez les Apodes, chez lesquels ils n’ont que peu d'importance.
« Les œufs, écrit Clauss, sont relativement petits; ils subissent après la fécondation une segmentation totale, qui a été bien étudiée principalement sur l’œuf de la Grenouille (fig. 377). Quand la segmentation est terminée, apparaît la première ébauche de l'embryon sous forme d’un large écusson, sur lequel se développe le sillon primitif, et de chaque côté les lames dorsales. Jamaïs à aucune époque de leur développement il n’existe chez les Amphibies, et c’est là un caractère qu'ils présentent en commun avec les Poissons, d’amnios ni d’allantoide (fig. 378 ct 319), enveloppes embryonnaires qui sont si importantes pour les Vertébrés supérieurs (fig. 380). Les embryons ne présentent pas non plus de sac vitellin externe séparé de leur corps, car le vitellus est de bonne heure entouré par les lames ventrales et détermine le renflement plus ou moins globuleux et prononcé du ventre. Le rôle d’organe de nutrition et de respiration que l’allantoïde joue chez les Vertébrés supérieurs est ici rempli par un appareil respiraloire qui apparaît sur les arcs branchiaux, et qui n’atteint son complet développement que pendant la période larvaire. Comme la période de
(1) C. Clauss Traité de zoologie, trad. Moquin-Tandon, p. 865.