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GÉOGRAPHIQUE

Caucase. Le sud de l'Europe, le nord de l'Asie jusqu'au Sahara, l'Asie Mineure, la Perse, Caboul jusqu'aux déserts de l’Indus, forment la sous-région circum-méditerranéenne, dans laquelle Wallace faitrentrer l'Egypte proprement dite jusqu’à la première ou la seconde cataracte.

Le grand plateau de Mongolie, à l’est, la chaîne de l'Himalaya, au sud, limitent la région sibérienne qui, outre la Sibérie, comprend l’Asie centrale, au nord d'Hérat. Le Japon, le nord de la Chine jusqu'au fleuve Bleu, avec la vallée inférieure du fleuve Amour, rentrent dans la sous-région mantchourienne.

La région éthiopienre comprend l'Afrique. au sud du Sahara; Madagascar se rattache à cette

région. La région orientale se subdivise elle-même en

Fig. 56. — Genre Cinixys caractéristique de la

quatre, les sous-régions indienne, ceylannaise, indo-chinoise, indo-malaise. La péninsule indienne, depuis l'Himalaya au nord, Goa et la rivière Kistna à l’est, font partie de la première sous-région. Le

sud de l'Inde et Ceylan forment la sous-région |

ceylannaise; le sud de la Chine, l’Indo-Chine, Burmab, la sous-région indo-chinoise ; la péninsule malaise, Bali, Bornéo, les Philippines, la sous-région indo-malaise.

La Nouvelle-Zélande, les iles de la Polynésie, l'Australie, toutes les îles situées au delà de Bali composent la région australienne.

Toute l'Amérique du Sud, l'Amérique centrale, une parlie du Mexique, les Antilles rentrent dans la région néotropicale.

Par la Californie et les Montagnes rocheuses, la

région néarctique fait passage-à la région néotropi- |

cale, tandis qu'elle se rattache à la région paléarctique par le Canada et la partie est des États-Unis.

Il est, du reste, utile de faire remarquer qu'à la limite les diverses régions et sous-régions passent les unes aux autres.

Examinons rapidement Ja distribution des principaux groupes de Repliles entre ces diverses régions et sous-régions.

On connaît actuellement environ 3000 espèces de

faune éthiopienne. — Cinixys de Home (1/3 de grand).

| Reptiles vivants, soit en chiffres ronds 236 espèces

de Tortues, 98 de Crocodiles, 1000 de Serpents et 1600 de Sauriens.

La zone paléarctique est essentiellement caractérisée par l'absence de Crocodiliens et de quelques familles d’Ophidiens, peu nombreuses en espèces, du reste, telles que les Rouleaux, les Boas, les Pythons, les CGalamaires, les Serpents d’eau. Parmi les Tortues de terre, le genre Tortue proprement dit est assez bien représenté; dans le groupe des Tortues de marais, les Pleurodères, c'est-à-dire les espèces qui rejettent le cou de côté font défaut, tandis que les Crypodères ou Tortues pouvant rentrer directement la tête sous la carapace sont peu nombreuses en espèces. On trouve quelques Tortues molles ou Tortues de fleuve, mais ces espèces appartiennent aux faunes plus chaudes et sont amenées dans la zone paléarctique par les grands cours d'eau qui descendent de l’intérieur ; il en est de ces Tortues comme pour les Poissons; nous avons, en effet, élabli que « le cachet que présente la faune ichthyologique d’un grand fleuve est le même dans toute l'étendue de son parcours; la faune revêt le caractère, non des contrées situées près de l'embouchure, mais des pays dans lesquels ce fleuve prend nais-

Fig. 57. — Genre Gavial caractéristique de la faune orientale. — Le Gavial du Gange (1/25 de grand).

sance et reçoit ses principaux affluents (1). » Parmi les Sauriens, la famille des Caméléoniens n’est représentée que par une seule espèce, celle des Geckoliens que par trois ou quatre espèces, celle des Varaniens que par deux espèces ; la grande famille des Agamiens est pauvrement représentée; on y trouve cependant, comme caractéristique, les genres Stellion, Phrynocéphale, louette-queue, Agame ; parmi les Lacertiens, nous pouvons citer le développement du genre Lézard proprement dit (fig. 55) et les genres Psammodrome, Eremias, Ophiops, Acanthodactyle, spéciaux à la zone. La famille des Amphisbéniens ne compte que très peu d'espèces; il en est de même des familles des Scincoïdiens et des Cyclosauriens, avec les genres Scinque, Gongvyle, Sphencps, Plestiodon, Pseudope. Certaines familles de Serpents, telle que celles des Typhopiens, des Elapidiens, de Crotali-

(1) Il. E. Sauvage, Étude sur la faune ichthyologique de l'Ogoué (Nouv. arch. du Mus., 2 série, t. III ; 1880).

diens sont rares; cette dernière famille n’est même représentée que par une seule espèce, le Trigonocphale halys, de Mongolie. D’autres familles, telles que celles des Coronelliens, des Colubridiens, des Potamophidiens comptent d'assez nombreuses espèces.

Nous avons déjà dit que plus l’on s’avance vers le nord, plus la faune herpétologique est pauvre, et ce fait ne souffre pas d’exception; les animaux sont plus petits, les espèces moins nombreuses, les types beaucoup moins variés. Presque toutes les familles dont nous venons de citer les noms se trouvent surlout dans la région circum-méditerranéenne, à la jonction, suriout de cette faune avec la faune éthiopienne. D’après Schreiber, en effet, l'Europe ne comprend que 67 espèces, dont 6 dans le nord de l’Europe, 29 dans l’Europe centrale, 52 dans le sud de l’Europe; parmi ces espèces, nous comptons 24 Serpents, dont 4 venimeux, 35 Sauriens et 8 Tortues.

Fig. 58. — Genre Moloch, caractéristique de la faune australienne. — Moloch (grand. nat.).

Ce qui caractérise la faune éthiopienne c'est la présence du genre Crocodile, la présence des Tortues molles, le développement des Tortues terrestres (fig. 56), l'abondance, surtout à Madagascar, des Caméléoniens. La famille des Iguaniens manquerait, si elle n'était représentée à Madagascar par le genre Oplure; parmiles Agamiens et les Lacertiens, nous ne pouvons citer que les Agames, les Stellions, les Érémias, les Acanthodactyles qui ont été signalées dans la faune circum-méditerranéenne; les Zonures, Gerrhosaures, Gongyle, Acantias, Euprepes, appartenant aux familles des Chalcidiens et des Scincoïdiens, sont à leur maximum de développement. Parmi les Serpents, les Typhlopiens, Calamariens, sont assez bien représentés; les Dryophidiens, les Dipsadiens, les Potamophidiens sont à leur minimum, tandis que les Coronelliens etsurtoutles Lycodonthiens comptent de nombreuses espèces ; un fait à signaler est l'absence des Colubriniens, qui existent cependant dans le nord de l'Égypte et en Algérie; les genres Python et Vipère comptent d'assez nombreuses espèces, ainsi que les Serpents voisins des Najas. Un fait curieux à signaler est la présence aux iles Mascareignes de Tortues vraiment gigantesques, aujourd'hui disparues. L'on peut dire, en somme, que la faune herpétologique de l'Afrique est fort pauvre en espèces.

Il n’en estpas de même pour la région orientale qui se caractérise si neltement par la présence du genre Gavial (fig. 57), l'abondance des Tortues molles, et l'absence des Tortues pleurodères. L’on n’y connaît qu’une espèce de Caméléon ; les Geckotiens sont abondants, ainsi que les Agamiens, qui présentent plusieurs formes spéciales, telles que les Bronchocelles, les Galéotes, les Sitanes, les Dragons; les Lacertiens sont fort pauvrement représentés par deux ou trois genres ; les Chalcidiens et les Amphisbéniens manquent complètement; les Scincoïdiens sont assez nombreux en espèces. Les Serpents abondent en espèces et en individus, ce que l’on devait prévoir, étant donné le climat chaud et humide de cette région ; signalons les nombreuses espèces de Typhlopiens, de Calamariens, de Coronelliens, d'Hydrophidiens ou serpents de mer, et la rareté relative des Dipsadiens, des Drophidiens, des Potamophidiens, des Colubriniens : les Élapidiens et les Vipériens existentdans la région.

Il y a quelques années encore on pouvait poser en principe que le groupe des Caïmans était exclusivement propre au Nouveau Monde et qu'on ne trouvait dans l’ancien continent que des Crocodiles et des Gavials. M, À. Fauvel vient de faire connaitre un véritable Caïman (Alligator sinensis) dans le

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Fig. 59. — Genre Anolis, caractéristique de la faune néotropicale, — Anolis principalis (grand. nat.).

Yan-tse-Kiang ou Fleuve Bleu ; il en est de ce fait comme de la découverte également toute récente dans le Turkestan russe d’un groupe de poissons voisins des Esturgeons, les Scaphirynques, que l’on croyait exclusivement cantonnés dans les eaux douces de l'Amérique du Nord.

La région australienne se relie assez bien par sa faune herpétologique à la faune orientale ; nous devons cependant signaler en Australie l’absence des Tortues de terre, des Caméléons, des Crocodiles proprement dits ; ce groupe des Crocodiliens est cependant connu par deux espèces du nord de l'Australie. Dans la Nouvelle-Zélande qui, par toute sa faune et sa flore, présente des particularités si curieuses, se trouve le singulier genre Hattérie, qui, bien que ne comprenant qu’une seule espèce, est tellement différent anatomiquement des autres Sauriens qu'il forme pour beaucoup de zoologistes un ordre particulier. Les Agamidés, qui sont abondants, présentent quelques genres spéciaux, tels que les genres Chlamydosaure, Grammatophore et Moloch (fig. 58); les Scincoïdiens sont abondants, les Lacertiens etles Amphisbéniens font défaut, et l’on ne connaît dans cette région qu’une seule espèce de Chalcidien. Si nous étudions les Serpents, nous verrons que les familles des Calamariens, des Coronelliens, des Lycodonliens, des Dipsadiens manquent ou sont pauvrement représentées ; les Colubriens, les Potamophidiens, les Drvophidiens sont rares, tandis qu'abondent les Hydrophidiens et les Élapidiens ; l’'Acanthophis re-

représente les Vipères et l’on trouve trois Boas dans la région.

Les parties les plus chaudes, et surtout les plus humides, de la région néotropicale, celles surtout qui avoisinent l’Amazone et l’'Orénoque, sont exlrêmement riches en reptiles; c’est que là ces animaux se trouvent dans les conditions les plus favorables. Les Varaniens, les Caméléoniens, les Agamiens font toutefois défaut et les Scincoïdiens sont relativement peu abondants, mais tous les autres groupes sont largement représentés et par de nombreuses espèces et par de nombreux individus. Les Tortues existent par myriades : les Alligators, aussi bien que les Crocodiles, infestent les fleuves ; cette région est la véritable patrie des Amphisbéniens et des Iguaniens qui présentent de nombreux genres, parmilesquels nous pouvons citer les Polychrous, les Anolis (fig. 59), les Basilics, les Iguanes, les Scélopores, les Cyclures; les Lacertiens, avecles genres Sauvegarde, Ameiva, Cnémidophore, les Chalcidiens, avec les Chalcides, les Gerrhonotes, sont extrêmement nombreux; on trouve le curieux genre Héloderme qui, seul parmi les Sauriens, présente un appareil venimeux. Les Serpents ne sont pas moins abondants, et nous nous contente rons de citer les Typhlopiens, les Boas, les Eunectes, géants des Ophidiens, les Calamariens, les Herpétrodyas, les Oxybèles, les Scytaliens, les Oxyrhopes, les Dipsadiens, les Élaps, les Crotales, les Bothrops.

Par sa partie méridionale, la région néoarctique

Fig. 60. — Genre Phrynosome, caractéristique de la faune

fait passage à la région néotropicale; dans celte zone la faune herpétologique est également fort riche , tandis que les reptiles sont fort peu abondants, ou manquent même complètement dans la partie nord de la région. Dans la partie sud des États-Unis nous aurons à signaler l’abondance des Tortues, Tortues de terre, de fleuve et de marais, avec le genre spécial Emysaure et la prédominance des genres Émys, Cistude, Cinosterne; les Crocodiliens sont représentés par les Alliga-

néo-arctioue. — Phrynosome orbiculaire (1/4 de grand.).

tors; les Lacertiens par les Cnémidophores ;les Scincoïdiens par les Lygosomes; les Chalcidiens par les Gerrhonotes; parmi les Iguaniens citons les Leiosaures, les Cyclures, les Cténosaures et surtout le curieux genre Phrynosome (fig. 60) qui représente au Texas le genre Moloch d'Australie, ce dernier appartenant à la famille des Agamiens. Parmi les Serpents, nous aurons surtout à noter l'abondance des Calamariens, des Coronelliens, des Colubriens, des Potamophidiens et des Crotaliens.

On peut dire des Reptiles qu'ils appartiennent au passé; ils ont pendant de longs siècles régné en maitres à la surlace du globe; l’on trouve alors une longue série d'animaux appartenant à des formes absolument disparues, en comparaison desquels les Reptiles qui vivent aujourd'hui sont de véritables pygmées; que sont, en effet, nos chétifs Lézards lorsqu'on les compare à l’Iguanodon de Bernisarls qui avait près de six mètres et demi de longueur et qui, lorsqu'il se dressait sur ses paltes de derrière, pouvait arriver à la hauteur de cinq mèlres! Que sont nos Monilors en présence des grands Mosauriens de Maestricht! Certains Reptiles de l'époque secondaire peuvent passer parmi les plus puissants des animaux terreslres connus et leur taille était certainement supérieure à celle des éléphants ; on connaît à cette époque des fémurs de

Breum. — V.

plus de deux mètres de haut, ce qui indique des bêtes d’une force si colossale qu’elle dépasse toute imagination ! Des groupes entiers, dont rien dans la nature actuelle ne peut nous donner une idée, ont parcouru les océans, ont habité la terre ferme ou les marécages; ils ont à tout jamais disparu sans relour et sans laisser de descendants; cerlains de ces groupes sont à ce point isolés qu'ils diffèrent plus de nos animaux actuels que le Serpent ne dif fère du Crocodile; c’est par centaines que l'on commence à connaître ces anciens Repliles qui ont pendant longtemps joué à la surface du globe le rôle de nos Mammifères; on en trouve de carnassiers, d'herbivores, d'insectivores, de frugivores; ils sont partout, sur la terre ferme, au sein des eaux el voltigent dans les airs. On les trouve depuis l'époque du Carbonilère jusqu’à l’époque actuelle; si l'époque Répries. — d

primaire a pu, à juste titre, être appelée le règne des poissons, on peut dire de l’époque secondaire qu’elle a vu lesummum du développement dela faune herpétologique ; c’estalors que les Reptiles sont dans tout leur épanouissement ; c’est alors qu'ils présentent le plus de formes diverses et de types étranges ; c’est vers la fin de cette grande période que commencent à se dessiner les premiers linéaments de la faune herpétologique actuelle.

Dès l'époque carbonifère, c’est-à-dire pendant les temps primaires, les Reptiles font leur apparition par le groupe des Sauriens, par les genres Dendrerpeton, Telerpeton, Hylonomus et d’autres types encore. Nous trouvons alors, pour la première fois, avec l'Eosaurus acadianus de la Nouvelle-Écosse (fig.61), le curieux groupe des Enaliosauriens, que nous verrons

Fig. 61. — Verièbre d’Éosaurus acadianus.

êlre si développé pendant les temps jurassiques. À lamême époque se trouvent des animaux, tels que les Labyrinthodontes-(fig. 62) qui semblent établir les transitions entre les Batraciens et les Reptiles proprement dits, les Actinodons rattachent égale-

Fig. 62. Tète d'Archégosaure.

ment les Batraciens aux Lézards, ainsi que le fait remarquerM. Contejean: « Si les Batraciens ont débuté avant les Reptiles, ils commencent par les Labyrinthodontes (fig. 63), qui sont de beaucoup supérieurs aux Batraciens ordinaires. Ici la prétendue loi

du perfectionnement continuse trouve en défaut (1).» « Il faut, du reste, convenir que nous ne pouvons expliquer que très imparfaitement Jes causes de l'inégalité dansles évolutions des animaux, car nous voyons dans une même classe et dans une même époque des êtres qui sont à des états différents de

Tig. 63. — Fragment grossi d'une section transversale de dent de Labyrinthodonte.

développement ; par exemple, dans le terrain permien d’Igornay, près d'Autun, on rencontre à la fois l’'Actinodon, dont les Vertèbresont encore les pièces de leur centrum distinctes, et le Sfereorachis, où les centrum sont en un seul morceau (2). »

Vers la fin des tempsprimaires, pendant l’époque permienne, les vrais Reptiles sont, du reste, représentés par des lypesnombreux, tant en Europe, dans le sud de l'Afrique que dans le Nouveau-Monde; la faune des Vertébrés, découverte par Édouard Cope dans l'Illinois et dans le Texas, met en évidence le parallélisme, mais non encore l'identité générique sur les deux continents. Ainsi le Chepsydrops et le Dimetrodon américains se rapprochent des Deuterosaurus et des Eurosaurus d'Europe, et du Lycosaurus des montagnes de l'Afrique australe. Le genre Chepsydros présente, à la fois, des caractères que l'on trouve chez les Crocodiles, chez certains Iguaniens et chez l'Hattérie de la Nouvelle-Zélande ; les Diadastes herbivores ont certaines affinités avec les Dinosauriens, tandis que les Ectocynodon participent à la fois des Crocodiliens et de certains Labyrinthodontiens, c’est-à-dire de Reptiles et de Batraciens. Del’étude des vertébrés permiens il résulte, en thèse générale, que les plus anciens vertébrés marcheurs ont eu une notocorde persislante, ainsique l'a montré M. Cope; M. Gaudry a fait également cetle remarque que, à la fin des temps primaires, l’on voit, pour ainsi dire, s'achever l’ossification des vertèbres, ébauchée chez les animaux des temps dévoniens.

(4) Contejean, Éléments de géologie et de paléontologie, p. 579.

(2) Gaudry, Les enchaînements du monde animal dans les temps géologiques; fossiles primaires, p. 299.

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