‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 21 sur 276 · GÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

GÉOLOGIQUES

Fig. 64 — Empreintes de pas de Reptiles (Chirotherium).

Avec le terrain du Trias commence l’époque mésozoïque ; la faune indique une transition entre l'époque paléozoïque et l’époque secondaire proprement dite; elle conserve, pour les animaux inférieurs, un certain nombre de types anciens, mais à ce moment apparaissent des animaux qui prédominent pendant les temps jurassiques et qui sont, pour ainsi dire, les précurseurs de ceux-ci (fig. 64). Nous voyons alors les Oiseaux et les Mammifères (fig. 65

Fig. 65, — Empreintes de pas d'Oiseaux.

et 66). «Les Sauriens sont représentés par des types aussi nombreux que bizarres. Par exemple, les Dicynodons de l’Inde et du Cap de Bonne-Espérance avaient à la mâchoire supérieure deux longues défenses pla-

rieure était simplement munie d’un bec corné ana logue à celui des Tortues ; ces animaux tenaient à la

Fig. 66. —Mächoire de Dremotherium.

lois des Lézards, des Grocodiles et des Chéloniens. Le Galeosaure de l'Afrique australe avait des incisives, des canines et des molaires distinctes, comme celles des Mammifères. Avec un crâne de Lézard, le RAyn-

Fig. 617. — Squelette ao Telerpeton elginenso.

chosaurus réunissait plusieurs caractères des Tortues et des Oiseaux, Les Reptiles nageurs Enaliosauriens, qui donnent à la faune secondaire son principal ca-

ceés comme celles des Morses; la mâchoire infé- { ractère, sont encore peu nombreux ; ils appartien-

ab

Fig. 68 et 69. — Crâne de Téléosaure de Caen.

nent à la famille des Simosauriens. Enfin les Reptiles volants ou Ptérodactyles, dont les destinées semblent liées à celles des Enaliosauriens, ont laissé quelques |

vestiges aux États-Unis (1). » Parmi les Sauricns nous pouvons citer le Telerpeton (fig. 67).

De toutes les classes du règne animal, c'est in-

Fig. 10. — Crâne d'Ichthyosaure.

contestablement celle des Reptiles qui imprime à la faune jurassique son cachet particulier, de telle sorte que celle époque a été appelée, etavec raison, le règne des Reptiles.

Les étranges animaux qui font, pour ainsi dire, passage des Reptiles aux Batraciens, s’éteignent, et à tout jamais, dans les assises inférieures des formalions jurassiques, les Reptiles proprement dits sont, par contre, à leur sommet d’épanouissement; ils sont représentés par tous les grands groupes que nous avons à l’époque actuelle, à part le groupe des Serpents; l’on trouve, en outre, des animaux de types absolument inconnus dans notre faune et disparus sans retour vers le milieu de l’époque crétacée, en Europe, dans la partie supérieure de cette grande formation, en Amérique.

Les Tortues font, dans le Jurassique, leur apparition certaine et ne tardent pas à présenter des types divers, Tortues de mer, Tortues de marais, Tortues de fleuves ; certains genres présentent des combinaisons de caractère que nous ne retrouvons plus chez nosespèces actuelles.

L'ordre des Crocodiliens est largement représenté pendant l'ère jurassique (fig. 68 et 69). Tandis que tousles Crocodiles de notre époqueontles vertèbres concavo-convexes, tous les Crocodiliens anciens avaient les deux faces articulaires des vertèbres planes ; ils étaient amphicæliens ; ces Crocodiles sont nombreux en genres et en espèces. L'on a décrit

sous le nom de Streptospondylus des Crocodiliens qui avaient la face arliculaire convexe tournée en avant ; celte tribu des Procæœliens, mal connue jusqu'à présent, est spéciale aux formations du Jura.

Fig. 11. — Squelette du #iésiosaure à grosse tête.

Les Sauriens ne sont pas moins bien représentés que les Crocodiles ; nous nous contenterons de citer les genres Sapheosaure, Anguinosaure, AlOposaure, Homeosaure, Dakosaure, Lariosaure, Pachypleure, Pliocorme ; ces Sauriens sont tout parti-

(1) Contejean, Éléments de géologie et de paléontologie, p- 614.

SAR UUUUUETUUTULILLULTU LUI

PORTRIREIETISS IST TTL ENT

DO o PL Ê £ CSOTT 2 DO SO

Fig. 12. — Squelette restauré de Plésiosaure.

culièrement abondants vers la partie supérieure des terrains jurassiques, dans les couches kimméridgiennes inférieures, à Solenhofen, en Bavière, et à Cerin dans le département de l’Aiïn.

Les trois ordres que nous venons de citer existent encore aujourd'hui ; il n’en est pas de même des Plésiosauriens, des Ichthyosauriens, des Ptérosauriens et des Ornithoscélidiens qui donnent à la faune jurassique son caractère si spécial.

Les Plésiosauriens et les Ichthyosauriens, que l’on a souvent réunis sous le nom commun d’Enaliosauriens, étaient des animaux gigantesques pour la plupart et dont rien, dans la nature actuelle, ne peut nous donner la moindre idée. Ils n’ont aucune affinilé, même éloignée, avec nos Reptiles

Fig. 13. — Fémur de Mégalosaure.

et font partie de groupes à tout jamais disparus. [ls habitaient la haute mer; leurs membres, au nombre de quatre, aplatis comme des rames, étaient essentiellementconformés pourune natation d'autant plus puissante qu’elle élait favorisée par la forme de la queue, haute et comprimée, qui leur tenait lieu de gouvernail. Ces animaux étant fort probablement vivipares, ils se nourrissaient de proie vivante que pouvaient saisir leurs dents nombreuses et souvent acérées.

De forme lourde et ramassée, les Ichthyosauriens rappellent, par leur allure, nos Cétacés actuels. Leur tête énorme (fig. 70) se continuait presque sans interruplion avec le tronc, le cou étant très court et enfoncé entre les épaules ; le tronc s’amincissait graduellement vers l’arrière, condition des plus favorables à une rapide natation ; il existait probablement une sorte de nageoire membraneuse sur la parlie supérieure de la queue, ce qui devait encore accroître la vitesse de la marche. Les membres antérieurs étaient placés assez près de la tête et plus développés que les membres postérieurs. Les yeux étaient fort grands, la sclérotique étant renforcée de nlaaues osseuses, comme chez les

Oiseaux. Les dents, dont le nompre pouvait s’élever jusqu’à 180, étaient pleines et se remplaçaient comme celles des Crocodiles. Les Ichthyosauriens sont fort nombreux dans les terrains jurassiques; chez certaines espèces la taille dépassait certainement douze mètres.

Plus étranges encore et souvent plus gigantesque que lesichthyosauriens, les Plésiosauriens arrivent comme ceux-ci à leur maximum de développement pendant l’époque jurassique, mais plutôt dans les étages supérieurs. Leur forme est bizarre; que l'on se figure une baleine, dont le tronc serait continué par un cou ressemblant au corps d'un Serpent, le tout terminé par une tête extrêmement petite comparativement à la grandeur de l’animal (fig. 71) ; tels sont les Plésiosauriens, qui, par certains points de leur organisation, participent, tout à la fois, des Crocodiles, des Sauriens, des Tortues, des Cétacés, tout en conservant des caractères qui.leur sont absolument particuliers (fig. 72). Certains Plésiosauriens, tels que les Pliosaures, par leur cou court et ramassé, rappellent assez les Ichthyosauriens. La taille de ces Pliosaures devait êlre énorme ; leurs dents ont pius de un pied de longueur et certains os de la cuisse sont plus grands qu'un homme de moyenne taille! Des animaux que l’on connaît sous le nom de Cétiosaures étaient non moins redoutables ; leur fémur avait plus de un mètre et demi de long, ce qui indiquerait peutêtre des animaux de dix-huit mètres de grandeur. Que nos Reptilesactuels sont des pygmées en comparaison des animaux de ces anciens âges, qu'ils sont petits si on les met en parallèle avec ces Enaliosauriens grands comme des Baleines!

Les Enaliosauriens, si gigantesques qu'ils soïent, le cèdent cependant, peut-être, aux Ornithoscélidiens qui sont certainement les plus curieux de tous les animaux quenous aient légués les anciens âges! par certains points de leur organisation, ils sont tout à la fois Mammifères, Oiseaux et Reptiles, Oiseaux surtout, malgré leurs formes lourdes et trapues (fig. 73 à 77). Ils sont si loin de nos Reptiles actuels que, de même que les Enaliosauriens. ils font peul-ôtre partie d’une classe n'ayant plus de représenlants actuels, reliant les Oiseaux aux Reptiles ; bien supérieurs à tous les Reptiles sous le rapport de la perfection organique, ils rappellent certainement

Fig. 14 à 16. — Membre pelvien postérieur de A, Dromæs; B, un reptile ornithocélide, tel que l’Iguanodon ou Hypsilophodon ; et GC, un Crocodile (*).

les Verlébrés à sang chaud, dont ils paraissent avoir rempli le rôle pendant les temps jurassiques, les Mammifères étant à celle époque fort peu développés et probablement réduits aux derniers de la classe, nous voulons dire aux Marsupiaux. Nés à l’époque du Trias, mais pauvrement représentés à cette époque, les Ornithoscélidiens se développent pen-

Fig. 117. — Dent d'Iguanodon.

dant toute l’époque jurassique, pour présenter le summum de vitalité à l’époque de transition entre l’ère jurassique et l’ère crélacée. Certains d’entre eux sont carnassiers, d’autres frugivores ou herbivores ; chez ces derniers il devait exister des mou.

(*) Le membre de l'Oiseau est dans sa position naturelle ainsi que celui de l’Ornithocélide, quoique les métatarses du dernier ne doivent pas, en nature, avoir été levés ainsi. Le membre du Croco-

dile est représenté à dessein dans une position hors nature. Naturellement, le fémur serait tourné à peu pres à angle droit vers le plan

vements horizontaux de trituration et il est probable qu'ils avaient des lèvres épaisses, comme les Mammifères ruminants de notre époque. Le sacrum était composé de plus de deux vertèbres, ce qui n’est pas un caractère replilien ; les membres s'appuyaient à peu près verticalement sur le sol,

Fig. 18. — Queue d’Archæopteryx.

et non obliquement, de telle sorte qu'ils ne devaient pas ramper; certains d’entre eux, tels que les Iguanodons, singuliers reptiles, pouvaient se tenir droit sur les membres de derrière, les memmédian vertical du corps, et le métatarse serait horizontal. Les lettres sont les mêmes partout: él, ilion ; ts, ischion ; P6, pubis; a, apophyse antérieure ; b, apophyse postérieure de l'ilion ; #, trochanter

interce du fémur; é, tibia; f, péroné; as, astragale ; ca, calcanéum; I, IL, IL, IV, les doigts (d’après Huxley).

\ ei )

Fig. 79.

bres de devant étant fort courts, comme chez les Kangourous actuels. Les Ornithoscélidiens herbivores usaient leurs dents, de même que nos berbivores ; d’autres avaientles mâchoires puissamment armées de forles canines, longues et pointues, à l'instar de nos féroces félins, auxquels ils étaient de beaucoup supérieurs en grandeur et en puissance. Certains d’entre eux, tels que le Mégalosaure, l’Iguanodon, avaient la peau nue, tandis que d’autres, de plus faible taille, tels sont les Scelidosaures, les Acanthopholis, les Hylæsaures, étaient protégés par une puissante armure composée de longues épines. Les Ornilhoscélidiens sont les plus gigantesques de tous les animaux terrestres; à en juger par les débris qu'ils nous ont laissés, certains d’entre eux devaient atteindre plus de 25 mètres de longueur! Que sont nos Eléphants actuels en comparaison!

Les Reptiles volants, les Ptérosauriens, rappellent, par certaines particularités de leur bassin, les animaux à sang chaud, les Oiseaux, tandis que, par d’autres points, ils ressemblent aux Tortues, et aux Sauriens. Ils avaient un bec d'Oijiseau, mais pourvu de dents longues et acérées, sur un corps de vérilable Reptile. « Impropres à la marche et à la nalion, leurs extrémités antérieures se terminaient par un doigt d’une longueur démesurée, servant desupport à une membrane analogue à celle des Chauves-Souris. Plusieurs élaient d'assez grande taille. Ce sont bien là les Dragons de la

— Squelette de Ptérodactyle, d'après Pictet.

fable, et l'imagination la plus déréglée ne peut enfanter, dans ses plus grands écarts, une collection de monstres qui n'aient vécu à l'époque jurassique (1). » Les Ptérodactyles (fig. 79 et 80) quisont, pendant cette époque, à leur maximum, ne s'éteignent que dans le terrain crétacé.

Disons que c’est dans la partie moyenne des terrains jurassiques, qu'a été trouvé cet étrange animal, l’Archéoptieryx, qui a été tour à tour regardé comme un Oiseau et comme un Reptile (fig. 78).

Si, par la faune malacologique, l’époque crétacée se relie intimement à l’époque jurassique, il n’est pas de même pour ce qui concerne les vertébrés. Dès l’époque jurassique apparaissent les vrais poissons, les Téléostéens et, si quelques genres archaïques, tels que celui des Pycnodus, des Lépidotus, vivent encore pendant l'époque crétacée, ce sont à vrai dire des types dont on retrouve actuellement des représentants plus ou moins éloignés qui prédominent. C’est vers la partie moyenne de l’époque crétacée que la flore commence à revêtir ses caractères actuels. C'est à ce moment de la vie du globe que la faune herpétologique commence à se modifier. Les Ptérosauriens, les Ichthyosauriens, les Plésiosauriens sont rares et ne tarderont pas à disparaître; les Dinosauriens, très abondants dans Jes couches d’eau douce qui établissent la transilion entre les terrains jurassiques

(1) Contejean, Éléments de géologie et de paléontologie, p. 63.

Fig. 80. — Restauration d'un Ptérodactyle,

et crétacés, vont bientôt s’éteindre à tout jamais. A l'époque cénomanienne qui apparlient, en réalité, à un tout autre monde que les âges plus anciens, ainsi que le démontre péremptoirement la flore, les vrais Crocodiles, c’est-à-dire les Crocodiles à vertèbres concavo-convexes, apparaissent ; les Serpents, qui sont le type reptilien par excellence, se montrent pour la première fois par un genre qui présente de réels caractères d’infériorité, si on le compare au type moyen de l’ordre. Les Sauriens sont, pour la plupart, représentés par un type

tout spécial, celui des Pythonomorphiens, dont l'animal de Maestricht peut nous donner une idée (fig. 81).

Les types archaïques semblent avoir persisté plus longtemps dans le Nouveau Monde que dans l’ancien continent. C’est ainsi que dansles couches lacustres du sommet de la série crétacée des États- Unis, le type prédominant est celui des Dinosauriens, abondant, tant en espèces qu’en individus, avec des genres spéciaux, Cionodon, Monoclonius, Dysganus, etc., qui n’ont pas encore été trouvés dans aucune autre parlie du monde; avec eux vivaient des Crocodiles et des genres tels que le curieux Saurien Simædosaure et les Tortues Compsemys qui, en France, sont de la base des terrains terliaires; l'examen de la flore conduisait, du reste, à considérer cette faune comme éocène, de {elle sorte que ces couches, qui portent le nom de Laramien, sont réellement intermédiaires, par leurs caractères tant siratigraphiques que paléontologiques, entre la période crétacée d’un côté, et la période tertiaire de l’aulre. Ainsi que le remarque Cope, les Reptiles et les Poissons du groupe de

Laramie, dans l'Amérique du Nord, sont associés en Amérique aux Dinosauriens et non aux Mammifères, tandis qu’en Europe ils sont asssociés aux Mammifères et non aux Dinosauriens.

Dans l'Amérique du Nord, suivant M. Ed. Cope, les Piratosaures, les Polycotyles, les Elasmosaures, les Ischyrosaures, et quelques espèces provisoirement rapportées au genre Plésiosaure, représentaient, mais pauvrement, dans la grande mer américaine, un ordre largement vivant à la même époque dans les baies et les golfes de l’Europe. La raison en serait peut-être, d’après M. Cope, qu'en Amérique les Pythonomorphes sont très abondanls et semblent avoir joué dans les eaux crétacées du nouveau continent le.rôle que remplissaient les Plésiosaures, les Pliosaures, les Polyptychodons, dans l’ancien continent. On ne connaît en Europe que peu de Pylhonomorphes, tandis que ces animaux forment plus dela moitié des Reptiles trouvés dans les couches crétacées américaines.

Ce qui caractérise essentiellement, en effet, la craie d'Amérique, c’est la prédominance de ces Pythonomorphes et la présence d’élranges animaux à vertèbres concaves, comme les Poissons et quelques Reptiles, et à dents aux deux mâchoires ; nous parlons des singuliers Oiseaux, tout d'abord découverts par Seelay, en Angleterre, el si bien éludiés dans ces derniers temps par Marsh aux États-Unis. Ces Odontornithes, dont certaines espèces pouvaient avoir un mètre et demi de haut, appartiennent aux genres Enaliornis, Hesperornis, Apatornis, Ichthyornis; au même groupe doit être rapporté l’Archéopleryx, ce fameux animal trouvé dans les schistes lithographiques de la Bavière, schistes qui appar-

CLASSIFICATION

Fig. 81. — Tète de Mosasaure de Camper.

tiennent à la partie supérieure de la formation jurassique, aux couches kimméridgiennes inférieures.

A l’époque tertiaire, la faune herpétologique présente absclument les mêmes caractères que celle de l’époque actuelle; on ne trouve plus ni Plésiosauriens, ni Ichthyosauriens, ni Ptérosauriens, ni Ornithoscélidiens; de même qu’aujourd’hui, les Reptiles rentrent tous dans les ordres des Chéloniens, des Crocodiliens, des Sauriens, des Ophidiens et appartiennent tous à des familles qui vivent de nos jours. Les Tortues sont abondantes et représentées par des genres dont certains semblent réunir les caractères que l’on trouve dans plusieurs genres de la nature actuelle; on connaît des Tortues deterre, de mer, de fleuveet de marais, et

CLASSIFICATION

Ce n’est qu’à la fin du siècle dernier que parut une classification assez rationnelle des Reptiles; elle est due à Alexandre Brongniart qui classa ces animaux sous quatre ordres, les Chéloniens, les Sauriens, les Ophidiens etles Batraciens ; les Crocodiles ne sont pas encore distingués des Sauriens dont ils différent cependant sous de nombreux rapports.

Cette séparation est due à Latreille qui publia, en 1825, son essai de classification ; il distingue, le premier, les Amphibies des Reptiles, et partage ceux-ci en Cuirassés et en Écailleux; les Cuirassés

BReum. — V,

Fig. 82. — Tête de Crocodile de Hastings.

plusieurs genres ne peuvent être séparés de ceux d'aujourd'hui. Les Crocodiles sont également abondants (fig. 82); citons les Diplocynodons et les vrais Crocodiles. Les Sauriens commencent à être connus soit par des genres actuels, tels que celui des Agames, des Plestiodons, des Iguanes, des Lézards, soit par des genres éteints, comme celui des Nécrosaurus, des Palæovaranus. Les Serpents appartiennent à des types fort distincts; on trouve des Serpents venimeux voisins des Vipères et des Najas, des Serpents enrouleurs, analogues à nos Pythons, des Serpents habitant les arbres ou les buissons, des Serpents coureurs, et enfin des Serpents fouisseurs. La faune herpétologique s’est constituée telle qu’elle est aujourd’hui et telle que nous allons la faire connaître dans les pages qui vont suivre.

comprennent les deux ordres des Chéloniens ou Tortues, des Emydosauriens ou Crocodiles; les Ecailleux sont divisés en Sauriens lacertiformes (Lacertiens, Iguaniens, Geckotiens, Caméléoniens), et les Anguiformes (Tétrapodes, Dipodes et Apodes); deux groupes sont admis dans les Ophidiens ou Serpents, les Idiophides et les Batrachophides ; ces derniers renferment les Cécilies, animaux qui, malgré leur apparence extérieure, sont, par leurs caractères anatomiques, incontestablement des Amphibiens.

RepPriLes. — 6

En 1829, G. Cuvier (1) comprend encore les Crocodiles avec les Sauriens et place parmi les Serpents les Orvets qui, bien que manquant extérieurement de membres, sont des Sauriens ; il sépare les Batraciens, qui ont un cœur à oreillette unique, des autres Reptiles qui ont les oreillettes doubles, et admet quatre ordres, les Chéloniens, les Sauriens, les Ophidiens, et les Batraciens.

C’est en 1826, dans la classification proposée par Fitzeiger que nous voyons pour la première fois intervenir les animaux fossiles dans la classification; l’auteur admet en effet une famille des Ichthyosauroïdes pour les curieux Reptiles, les Ichthyosaures, que les travaux d'Everard Home, de Kænig, de George Cuvier, de Buckland commençaient à faire connaître

En 1830, Jean Wagler partageait les Reptiles proprement dits en Chéloniens, en Crocodiliens, en Sauriens, en Ophidiens. C’est cette classification qui a été généralement adoptée jusque dans ces derniers temps, entre autres par C. Duméril et Bibron dans leur grand ouvrage fondamental sur l’histoire naturelle des Reptiles (2).

En combinant les données fournies, tant par l'étude des animaux actuels que par celle des êtres qui ont autrefois vécu, on peut, à l'exemple de M. Th. Huxley (3), partager les Reptiles en neuf groupes qui sont les suivants :

À, — Vertèbres dorsales non mobiles les unes sur les autres; côtes immobiles sur les vertèbres (Pleurospondylia); un plastron :

Page 1