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LA RAINETTE VERTE

res, mais peut, dans certaines conditions, se prolonger jusque pendant quarante heures.

Les œufs, qui tombent au fond, forment des paquets comme ceux des Grenouilles, mais beaucoup plus petits et moins nombreux.

Douze heures environ après que les œufs ont quitté le corps de la femelle, le mucus qui les environne est extrêmement gonflé par l’eau. Dans son intérieur on distingue alors l'œuf proprement .dit, dont le volume égale celui d’un grain de moutarde. Du douzième au quinzième jour, suivant la température, il sort de l'œuf un petit têtard. Deux mois et demi après l’éclosion, la queue du têtard se résorbe et les jeunes Rainettes cherchent à quitter l’eau. L’entier développement de l’animal ne s'effectue, du reste, qu'avec lenteur; ce n’est que vers l’âge de quatre ans qu'il est en état de perpétuer l’espèce ; jusqu’à cet âge, la bête est presque muette.

Aussitôt la ponte accomplie, les parents se rendent sur les arbres, sur les branches desquels les Rainettes sautent avec la plus grande agilité ; lorsque les beaux jours sont venus, On voit ces animaux se jeter sur les Insectes qui passent à leur portée, les saisissant rapidement au moyen de la langue qui peut se renverser; les allures de la Rainette ressemblent assez à celles du chat qui guette un oiseau ou une souris; c’est en sautant quelquefois à près d’un pied de distance qu’elle s’élance sur sa proie. Elle paraît plus stupide que les Grenouilles qui craignent et évitent le danger ; se fiant peut-être à la couleur trompeuse de son corps qui s’harmonise merveilleusement avec la teinte des feuilles qui l’entourent, la Rainette se laisse saisir sans quitter la place où elle est tapie.

La coloration du corps de la Raïne varie, en effet, suivant les circonstances, et l’on voit parfois des Raïnettes qui, du plus beau vert pré, passent au jaunâtre; d’autres sont violacées et tournent même au noir. D’après Falio, la chaleur, la lumière, la sécheresse, tendent à éclaircir les nuances des Batraciens, tandis que le froid, l'obscurité, l'humidité produiraient l'effet inverse.

Nous avons dit que la Rainette est essentiellement arboricole. Lorsque l’on observe avec quelque soin cet animal, on voit bien qu'il se meut sur les branches par une série de sauts et que les ventouses ou épatements en disques dont ses pattes sont pourvues le maintiennent par la pression atmosphérique ;

lorsque l'animal presse cette pelote contre une branche, par exemple, elle s’applique hermétiquement contre l'obstacle sur lequel la bêle doit se fixer. L'animal se maintient et grimpe également en appliquant toute la surface inférieure de son corps. Une preuve évidente que la pression atmosphérique, et non un liquide visqueux et collant, maintient la Rainette, est donnée par l'expérience que l’on peut faire à l’aide de la machine pneumatique. Si l’on porte une Rainette sous cet appareil et que l’on vienne à raréfier l’air, il est absolument impossible à l'animal de se maintenir dans une position inclinée. Une Rainette qui sort de l’eau glisse le long de la surface qui n'est pas horizontale et cela parce que le liquide qui adhère encore à ses pattes l’empèêche de former un espace vide d’air entre les doigts et la surface sur laquelle ils doivent adhérer.

C’est en se tenant ainsi que notre animal grimpe sur les arbres, saute de feuille en feuille. Les jours de beau temps, la Raïnette reste à la surface supérieure de la feuille, mais se cache en dessous aussitôt qu'il pleut.

La nourriture de la Rainette verte se compose exclusivement d'insectes, mouches, petits coléoptères; elle ne recherche absolument que les proies vivantes et en mouvement et dédaigne complètement les animaux morts.

Sa vue perçante et sans doute aussi l’ouïe fort développée l’avertissent de la présence des insectes, principalement des mouches et des moucherons qu’elle semble préférer à tout.

Elle observe attentivement ces animaux, s’élance brusquement sur eux, la gueule toute grande ouverte, et se sert de sa langue pour les entraîner au fond de son gosier. C'est vraiment un spectacle fort curieux que de voir la Rainette guetter patiemment une mouche posée sur quelque feuille, s'approcher doucement, presque invisible grâce à la couleur qui la fait confondre avec le feuillage, puis, arrivée à distance convenable, s'élancer parfois à près d’un pied de distance ; il est rare que la Rainette manque sa proie. Gredler et Günther ont observé sur des Rainettes qu'ils nourrissaient avec de grosses mouches, que ces Batraciens s’aidaient de leurs pattes de devant pour porter leur nourriture à la bouche.

Vers la fin de l'automne, la Rainette verte quitte les arbres, descend sur le sol, se rapproche de l’eau et se blottit dans la vase ; d’après Fatio, elle hiverne par petites compagnies.

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