L'AGUA
celles de la première variété, avec ou sans raie longitudinale. Enfin, il en est qui rappellent exactement les diverses variétés de notre Crapaud vert après la mort. Il est rare que la teinte blanchâtre qui règne sur les régions inférieures de ces Grapauds soit marquée de petites taches noires. »
Distribution géographique.— D’après Boulenger, sous le nom de Crapaud panthérin ont été confondues trois espèces. Le Crapaud mauritanique (Bufo mauritanicus ) habite tout le nord-ouest de l'Afrique, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie ; le Bufo regularis est plus méridional et se trouve dans toute l'Égypte, l'Abyssinie, la Gambie, le Zambèze, le Calabar et l'Arabie ; on trouve le Zufo angusticeps dans le sud de l'Afrique, au Cap et dans la Cafrerie.
L'AGUA. — BUFO MARINUS.
Aga.
Caractères. — Le géant de la famille des Bufonidées est le Crapaud Agua (Bufo marinus, aqua, horridus, humeralis, ictericus) ; cet animal dépasse comme largeur, en effet, beaucoup de Tortues et peut avoir 0,20 et plus de long.
Cette espèce a le port du Crapaud commun. La tête est un peu aplatie dans son ensemble, et le dessus est concave, muni d’une forte arête osseuse qui, commençant à l’extrémité du museau, se dirige vers l'œil; le museau est court, tronqué, comme coupé perpendiculairement ; l'@ll et le tympan sont grands; les parotides sont énormes, obliquement placées en travers des épaules. Les membres sont robustes; le premier doigt est plus long que le second. Le dessus du corps est couvert de grosses pustules, parfois aplaties, parfois coniques.
Suivant Duméril et Bibron, « le mode de coloration du Crapaud agua n’est pas moins variable que celui des autres espèces du même genre. Pourtant la majeure partie des individus conservent assez longtemps la livrée sous laquelle ils naissent, et qui paraît être à peu près la même pour tous. Elle consiste en un nombre plus ou moins grand de taches brunes ou noirätres disséminées ou rapprochées de chaque côté de la ligne moyenne du corps et de la tête, sur un fond d'un brun clair, relevé d'une raie médio-dorsale blanche ou jaunâtre; puis en d'autres taches dilatées en bandes transversales sur la face supérieure des mermbres, qui, du reste, sont de la même teinte
que la région dorsale, où l’on voit quelquefois répandues çà et là des gouttelettes blanchâtres. Quelques individus parviennent à l’état adulte sans abandonner cetle livrée que d’autres, également adultes, offrent un peu modifiée; c’est-à-dire que chez eux la raie blanche ou jaunâtre du dos s’est considérablement élargie et que les taches des parties latérales forment alors deux grandes bandes brunâtres. Certains sujets, plus ou moins âgés, sont tout bruns; on en rencontre d’entièrement olivâtres ; puis il y en a de gris, de fauves, de roussâtres uniformément ou ayant leurs tubercules dorsaux et fémoraux d’une teinte plus claire ou plus foncée que le reste du corps. Ceux qui sont hérissés de petites épines ont ces épines peintes en noir ou en brun très sombre. Presque tous ont leurs régions inférieures, et particulièrement la poitrine et le ventre, nuagés, tachetés, marbrés ou vermiculés de brun sur un fond blanc. »
Ces pointes cornées se trouvent chez le mâle et manquent chez la femelle.
Distribution géographique. — L'Agua se trouve dans l'Amérique du Sud et dans plusieurs des îles des Antilles. Duméril signale cette espèce à la Guyane, au Brésil, à Buenos- Ayres, à la Martinique; Boulenger la mentionne à Jamaïque, à la Trinidad, aux Barbades, dans le sud du Mexique, à l’Équateur, au Pérou, dans le Vénézuela, les Guyanes, le Brésil.
Mœurs, habitudes, régime. — De même que les autres Crapauds, l'Agua reste caché pendant le jour, mais sitôt que le soleil est couché ou lorsqu'il pleut, il sort en telle quantité que, suivant l'expression du prince de Wied, « la terre paraît comme couverte de cet animal ». D'après Schomburck, l’'Agua est particulièrement abondant à Georgetown, la capitale de la Guyane anglaise, de telle sorte que chaque soir on le trouve en nombre dans les rues mêmes de la ville, Pendant la saison pluvieuse on le rencontre dans l’intérieur des habitations. «A côté deshideux Geckos, écrit Schomburck, on voit de gros Crapauds. Ils se tiennent pendant le jour dans les recoins obscurs des cabanes, cachés parmi les caisses et derrière les meubles; à l’approche de la nuit ils se mettent en chasse. Lorsqu'on saisit à l’improviste un de ces animaux, il pousse un cri de douleur qui tout d'abord vous surprend.
Une chose curieuse est que ces hôtes désagréables établissent très volontiers leur domi-