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LE CRAPAUD CRIARD

cile au milieu des bouteilles, des cruches et d’autres vases renfermant de l’eau ; ilssemblent fuir l'humidité des savanes. Lorsque nous déplacions un meuble, on voyait des nichées de Crapauds, de Geckos, de Lézards, deScorpions, de Serpents, de Millepattes, qui s’enfuyaient épouvantés d’avoir été dérangées dans leur agréable sommeil. Une telle quantité d’horribles animaux, fourmillant tous ensemble, nous remplissait d'horreur; nous nous habituâmes cependant à ce spectacle. »

Malgré sa lourdeur, l’'Agua se meut assez rapidement, et, de même que le Crapaud commun, saute assez rapidement. Son cri, qu'il fait entendre surtout à l'entrée de la nuit, ressemble à un aboiement ronflant et retentissant. Wood rapporte qu’on a songé à domestiquer cet animal dans les Antilles anglaises, dans le but de se débarrasser des insectes qui y pullulent; lorsque l’on transporta les premiers individus de cette espèce à la Jamaïque, ils remplirent d’épouvante, par leurs cris stridents, les colons et les nègres.

C’est au commencement de la saison pluvieuse que l'Agua va à l'eau pour nager. Les têtards, dont la couleur est noirâtre, sont petits relativement à la grandeur que peut atteindre l'animal adulte, car ils ont accompli leurs métamorphoses lorsqu'ils sont arrivés à la taille de 2 centimètres seulement. Les jeunes individus ont sur le dos des taches brunes disposées symétriquement et entourées d’une bande de couleur claire; entre les yeux se voit une tache de même couleur ; les flancs sont parcourus par des taches entre lesquelles d’autres plus petites sont disséminées.

LE CRAPAUD CRIARD. — BUFO MUSICUS.

Caractères. — Le Crapaud criard (Bufo musicus, lentiginosus, americanus) est une espèce aux formes trapues, chez laquelle la bouche est extrêmement fendue, la tête très élargie en arrière, concave entre les yeux que borde une grosse arête ; cette crête est d'autant plus développée que l'animal est plus âgé. Les yeux et le {ympan sont grands. Les mâles sont pourvus d’un sac vocal. De grosses pustules, entremêlées de plus petites, se voient sur le dos; des tubercules coniques, pointus, hérissent les épaules, les flancs et le dessus des membres, où ils ont assez souvent l'apparence de petines épines.

Le dos est irrégulièrement marqué de ta-

ches noirâtres se détachant sur le fond, qui est brun olivâtre; le plus ordinairement on voit une ligne ou une bande jaunâtre ou orangée le long du dos et deux ou trois bandes en chevrons entre les yeux ; un brun jaunâtre se trouve sur la mâchoire supérieure, la mâchoire inférieure étant blanchâtre. La pupille est noire, cerclée de jaune, l'iris étant réticulé de noir et d'or. Le ventre est d’un blanc sale, lavé de jaunâtre ou de roussâtre.

Distribution géographique. — Cette espèce se trouve dans toute l'Amérique du Nord, depuis le lac du Grand-Ours jusqu'à Mexico.

Mœæurs, habitudes, régime. — « Le Crapaud criard est timide et a des habitudes extrêmement paisibles; pendant le jour, il se tient caché dans quelque endroit obscur, d’où il ne s’aventure à sortir qu’à l'approche de la nuit pour se mettre en quête de sa proie, qui consiste en toutes sortes d'insectes. Il paraît qu'il ne les saisit que lorsqu'ils sont en vie, et qu'ils témoignent de cet état par des mouvements quelconques. Catesby prétend qu'il recherche de préférence les fourmis et les vers luisants, et qu’on l’a vu quelquefois, sans doute trompé par l'apparence, se jeter sur de petits charbons ardents et les avaler.

« C'est au mois de mai qu’on peut les voir par centaines dans les étangs et les marais, qu'ils quittent aussitôt après y avoir déposé les œufs, pour rester à terre jusqu’à l’année suivante. Les mâles produisent alors un coassement très bruyant; mais en tout autre temps ils sont silencieux; seulement, lorsqu'ils sont inquiétés ou qu'on les prend, ils font entendre un léger cri analogue à celui d’un moineau qui pépie.

« Holbrook, de qui nous empruntons ces détails, rapporte avoir observé un individu vivant qu’on conservait depuis longtemps, et qui était devenu très familier. Pendant les mois d'été, il se retirait en un coin de la chambre, où on l’avait placé, dans une petite habitation qu'il s'était lui-même préparée au milieu d’un petit tas de terre déposé là à son intention; vers le soir, il allait cà et là dans cette chambre et s'emparait avidement des insectes qu'il rencontrait sur son passage. Un jour chaud de juillet, Holbrook ayant eu l’idée d'exprimer sur la têle de ce pelit animal une éponge imbibée d’eau, il le vit revenir le lendemain à la même place avec l’apparent désir qu'on répétât l’ablution de la veille, puisqu'il recom-

LES PÉLOBATES.

mencça souvent le même manège pendant tout le temps que durèrent les chaleurs (1). »

LES RHINOPHRYNES — RHYNO- ; PHRYNUS

Sippe.

Caractères. — Duméril et Bichon nous ont fait connaître sous le nom de Rhinophryne à raie dorsale (/hinophrynus dorsalis) un Batracien qui se distingue de tous les autres Anoures par sa langue attachée en arrière, libre en avant.

Cette espèce, dont la longueur atteint à peu près 0",18, a la tête très petite, confondue avec le tronc, formant comme un petit boutoir aplati en avant. La peau qui enveloppe le corps est tellement lâche, que l’animal semble être renfermé dans une sorte de sac qui enve-

loppe non seulement le tronc, mais qui se prolonge sur la plus grande longueur des membres. Ceux-ci sont très courts, très épais, terminés par cinq doigts réunis à leur racine seulement, et par cinq orteils palmés, dont le premier est comprimé et garni d'une enveloppe cornée marquée de stries transversales. On ne voit ni tympan ni parotide, et la peau est lisse, excepté sur les flancs, où elle est légèrement granuleuse (fig. 453).

Le corps est d'un brun verdâtre sur les parties supérieures, tandis qu’une teinte blanchâtre règne sur la région inférieure. Une raie d'un blanc jaunâtre règne sur le dos, depuis l'extrémité du museau jusqu’au coccyx; sur les côtés du tronc se voient quelques marbrures de la même couleur.

Distribution géographique. — Cette espèce est originaire du Mexique.

LES PÉLOBATIDÉES — PELOBATIDÆ

Caractères. — La famille des Pélobalidées se compose de Batraciens qui ont certaines ressemblances avec les Discoglossidées ; ils s’en distinguent! cependant par l'absence de côtes.

Chez eux la mâchoire supérieure est garnie de dents, ce qui les a fait rapprocher des Grenouilles par Duméril et Bibron. Les apophyses transverses des vertèbres sacrées sont largement dilatées; le coracoïde et le précoracoïde sont réunis par l’épicoracoïde ; le sternum est cartilagineux. Les vertèbres ont la cavité articulaire antérieure concave dans la plupart des genres ; ces vertèbres sont cependant opisthocéliennes ou à cavité tournée en arrière chez les Mégalophrys, ainsi qu’on le voit chez les Discoglossidées.

Distribution géographique. — Cette famille comprend huit genres et dix-huit espèces. Les Scaphiopes habitent le nord de l'Amérique et le Mexique; les Batrachopsis et les Astérophryx sont spéciaux à la Nouvelle-Guinée ; c'est dans l'Inde et les îles qui géographiquement en dépendent, telles que Ceylan, Java, Sumatra, que se trouvent les Megalophryx, les Xénophryx, les Leptobrachiums; les Pélobates et les Pélodytes sont spéciaux à l'Europe.

(1) Duméril et Bibron, Erpélologie lgénérale, t. VII, p. 693.

LES PÉLOBATES — PELORATES

Krütenfrôsche

Caractères. — Sous le nom de Pélobates, Wagler a désigné des Batraciens dont le dessus de la tête est protégé par un bouclier osseux et dont le premier doigt porte, à sa base, un fort ergot aplati et tranchant. Le corps, trapu et ramassé, ressemble beaucoup à celui des Crapauds ; la tête est comme rentrée entre les épaules; mais ce qui donne à ces animaux une physionomie toute spéciale, c’est la saillie des yeux au-dessus du crâne. Chez le Pélobate cultripède l'orbite est tout à fait fermé en arrière, et la fosse temporale-complètement cachée par suite de l'expansion des os frontopariétaux et des temporo mastoïdiens, tandis que chez le Pélobate brun le cercle orbitaire n’est pas complet et que la fosse temporale est à découvert.

Ajoutons que la langue est circulaire, libre et à peine échancrée à son bord postérieur, que la pupille est verticale, que le tympan n'est pas visible à l'extérieur, et que les dents vomériennes forment deux petits groupes au niveau de l’orifice des arrière-narines.

612 LE PÉLOBATE

LE PELOBATE BRUN. — PELOBATES FUSCUS.

Knoblauchkrôte.

Caractères. — Chez cette espèce le crâne est fortement renflé longitudinalement, rugueux sur le vertex ; les éperons qui arment les pattes de derrière sont jaunâtres. Le dessus du corps est jaune-brunâtre, avec de larges marbrures d’un brun très foncé, que Rœsel compare à une carte géographique coloriée, où l’on verrait les fleuves et les îles, dont les côtes seraient de nuance plus claire (PI. XIX).

Histribution géographique. — Le Pélobate brun se trouve en France, en Allemagne et dans une partie de l'Italie. Il est assez commun aux environs de Paris, dans les mares situées sur la rive droite du canal, entre Pantin et Bondy.

Mœurs, habitudes, régime. — Les Pélobates sont des animaux essentiellement terrestres et fouisseurs, qui ne vont à l’eau qu’au moment de la ponte; le jour, ils se retirent dans les cavités qu'ils se creusent dans les berges et ne chassent que pendant la nuit.

Lorsqu'il est à l’eau, le Pélobate brun a l’habitude de s’enfoncer dans la vase, qu’il a soin de troubler, et comme, il recherche avant tout les endroits des mares dont le fond est couvert de jones, dont les berges sont excavées, il est fort difficile de le capturer; il nage, du reste, très rapidement. Lorsqu'il est à l’eau et que rien ne vient le troubler, le Pélobate brun fait entendre son chant monotone; les notes qui le composent sont basses et espacées ; les mots crôoc, crôoc, crôoc, prononcés lentement et de la gorge, imitent assez bien ce chant. La femelle pousse une sorte de grognement; mais si on lui pince une patte, ainsi qu’au mâle, ils font entendre, d'après Rœæsel, une sorte de cri de douleur aïgu et prolongé qui rappelle le miaulement d’un chat; ils laissent exhaler en même temps une forte odeur d'ail; cette odeur s’exhale avec d'autant plus de force que l’animal est plus inquiété ou plus excité.

Le Pélobate brun est une de nos espèces indigènes frayant le plus tôt. C’est aux mois de mars et d'avril qu'il faut chercher cet animal; car à cette époque il se trouve à l’eau. Le mâle et la femelle se tiennent alors à la surface; car pour mieux flotter ils font entrer une grande quantité d’air dans leurs poumons; ils ne sortent ordinairement que la tête hors de l'eau.

CULTRIPÈDE.

La femelle pond ses œufs en deux cordons longs d’un mètre environ ; le frai s'attache aux jones, aux roseaux et aux autres plantes aquatiques. Cinq à six jours après la ponte, les larves éclosent et nagent par groupes. Dès le neuvième jour apparaissent les panaches branchiaux; c’est vers la neuvième semaine que l’on voit les membres postérieurs ; trois semaines plus tard les pattes -de devant; vers le quatrième mois, les animaux muentet sortent de l’eau.

Venin ; son action. — Chez le Pébolate brun la peau est presque complètement lisse, bien que de petits tubercules se voient surles côtes du dos. Bien que presque entièrement dépourvu de glandes, cet animal n’en possède pas moins un venin très actif, ainsi que l’ont montré les expériences faites par E. Sauvage.

Si l’on irrite, en effet, un Pélobate brun en imprimant pendant quelques instants une série de mouvements de circumduction aux membres postérieurs, on recueille dans l’aine un liquide blanchâtre, fort visqueux, d’une odeur forte et pénétrante, qui est le venin. Ce venin, inoculé à une souris, la tue en 27 minutes, après avoir produit des éfforts devomissement, de tremblotement des muscles, des convulsions; il participe à la fois de l’action du venin du Crapaud et de celui de la Salamandre terrestre.

LE PÉLOBATE CULTRIPÈDE. — P£LOBATES CULTRIPES.

Caractères. — Le Cultripède se distingue facilement de l'espèce que nous venons de décrire par ses éperons de couleur noire, le dessus de la tête entièrement rugueux, le vertex et la région postérieure du crâne présentant une surface plane.

La coloration, qui rappelle beaucoup celle du Pélobate brun, est, en dessus, d’un brun rougeâtre sur lequel se voient des taches d’un brun beaucoup plus foncé ; le dessous est d'un blanc-jaunâtre, piqueté de brun roux, les mouchetures étant surtout nombreuses sous la gorge et le bas-ventre.

La forme générale du têtard, au moment où naissent les membres postérieurs, est celle d’un ovoïde arrondi à ses deux extrémités, surtout à l’antérieure ; la queue est fort large ; les yeux sont très gros, placés latéralement. La pupille est ronde, l'iris brun, avec une fine bordure entourée elle-même d'un cercle de couleur jaune pâle. Le dos est jaune roux,

BrEum, Reptiles. T. V, p. 614. PI. XIX.

Varis. 1.-B, Baillière et Fils, édit. Corbeil, Crété, 1mp.

LE PÉLOBATE BRUN.

NI

LES PÉLODYTES.

plus ou moins foncé, lavé de brun. Sur les côtés du corps domine une teinte bleuâtre mélangée de roux et de brun. La partie charnue de la queue est roussâtre avec des taches brunes; la partie membraneuse est d’un jaune roussâtre clair, parsemée de très petits points bruns et de taches de même couleur. La gorge est d’un gris bleuâtre, le ventre d’un gris blanchâtre, avec des lignes irrégulières et des points nacrés.

Distribution géographique. — Le Cultripède est plus méridional que le Pélobate brun ; il habite le Midi de la France, l'Espagne, le Portugal; on le trouve également dans l'Ouest de la France, aux environs de Nantes, dans la Gironde, le département des Landes.

Mœurs, habitudes, régime. — Suivant A. de l'Isle, «le Pélobate cultripède habite les sables du littoral méditerranéen. Il se nourrit de coléoptères, surtout de très nombreux représentants de la famille des Mélosomes. Il ne sort que la nuit, et, comme il procède par sauts assez étendus, il se trahit lui-même par le bruit qu'il fait en heurtant des Z’phedra, des Eryngium maritimum, et autres plantes coriaces et résistantes. Repu et quand la fraicheur se fait sentir, il enfle ses énormes poumons à large vésicule, ferme, en faisant basculer ses os incisifs, les opercules à levier de ses narines, et de ses couteaux tranchants se creuse dans le sable fin et meuble de la dune une retraite assurée ; car à mesure qu'il s'y enfonce à reculons, le sable retombe sur lui et le dérobe. A l’aube on aperçoit encore sur le sol une faible dépression, indice accusateur seulement pour un œil exercé ; puis la brise de mer souffle ; les troupeaux de petite race de Bos longifrons passent et repassent sur sa tête et l’animal demeure enseveli tout le jour dans sa prison. »

Le mâle du Pélobate cultripède fait entendre un coassement qui a quelque rapport avec celui de la Grenouille agile, ou mieux avec celui du gloussement de la poule. Lataste décrit ce chant comme composé d’une seule note et d’une seule articulation, plusieurs notes, assez lentement émises, assez élevées et brèves, étant très détachées l’une de l’autre; ce chant peut se rendre par les syllabes cé, c, cé, c6, cé, émises sur un ton plus bas et moins rapidement répétées que ne fait l'Agile.

La ponte ne se fait pas en un seul cordon :

de l'Isle a observé qu'il y avait toujours deux de ces cordons, émis seulement à certain in-

tervalle de temps l’un après l’autre ; ces cordons se trouvent, au printemps, dans les eaux stagnantes, près du bord, parmi les herbes.

L'évolution, très rapide, se fait en près de trois mois et demi.

LES PÉLODYTES — PELODYTES

Caractères. — Le genre Pélodyte, qui ne comprend qu'une espèce, le Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus), a été créé par Fitzinger pour un Batracien de faible taille, chez lequel les dents qui garnissent le palais sont disposées en deux groupes ; dont le tympan est distinct, la langue à peine échancrée et libre à son bord postérieur; la pupille est verticale ; les doigts ne sont pas dilatés à leur extrémité. Ajoutons que la cavité antérieure des vertèbres est concave, que les apophyses des vertèbres sacrées sont fortement dilatées et qu'il existe deuxcondyles pour l'articulation avec le coccyx.

Ainsi qu’on le voit par la figure 454, ce qui frappe au premier abord chez cet animal, ce sont ses formes élancées, qui le rapprochent de la Rainette. La tête est un peu plus longue que large chez la femelle, fort aplatie dans son ensemble; le museau fortement arrondi, l’œil gros et saillant; un sac vocal gulaire interne existe chez le mâle. La peau est parsemée de tubercules irrégulièrement disposés.

Le dessus du corps est d’un gris olivâtre, et sur ce fond se détachent des marbrures d'un beau vert ; ces taches sont plus grosses et plus nombreuses sur les membres. Le dessous est d’un blanc mat. Chez le mâle, au printemps, cinq plaques brunes et épaisses se remarquent sur les membres postérieurs.

Suivant F. Lataste, le jeune Pélobate a les formes et les contours de l'adulte, seulement sa face supérieure est souvent plus claire, et toute semée de petits points bruns. Les têtards sont gros, de forme ovalaire allongée ; Le dos est d’un brun roux avec des taches irrégulières d’un brun effacé ; le ventre est d’un blanc assez pur, la gorge d’un blanc jaunâtre; la partie charnue de la queue est rousse, avec de très petits points roux ou bruns.

Distribution géographique. — Le Pélodyte se trouve surtout en France; on a signalé cette espèce aux environs de Paris, dans le Jura, dans l'Yonne, dans Maine-et-Loire, dans la Loire-Inférieure, dans la Vienne, dans la Charente, dans la Gironde. Boulenger la mentionne en Espagne et en Portugal.

LES PÉLODYTES.

Fig. 454 — Le Pélodyte ponctué (grand. nat.).

Mæœurs, habitudes, régime. — Le Pélodyte est une espèce terrestre qui ne va à l’eau qu’au moment des amours. Duméril indique qu'aux environs de Paris, dans l'ancien parc de Sceaux-Penthièvre, on peut le voir au premier printemps dans de petits étangs, anciens restes de grandes pièces d’eau, et puis en automne au milieu des buissons de ronces qui bordent les murs du parc exposés en plein soleil de midi. Cette espèce nage mal, aussi se contente-t-elle le plus souvent de pelites flaques ou reste-t-elle tout près du rivage dans les mares un peu grandes; elle nage toujours -le museau seul hors de l’eau.

. Ainsi que la Rainette, le Pélodyte peut grimper le long des parois verticales en faisant le vide à l’aide des tubercules qui revêtent la face inférieure du corps ; Lataste rapporte qu'ila vu cet animal grimper sur les buissons et qu'il

a remarqué, en le chassant lesoir, qu'il aimait |

beaucoup à se percher sur les pierres.

D'après le même naturaliste, dans la Gi- |

ronde, le Pélodyte se tient principalement le long des chemins bordésde vieux parcs.On peut

le récolter en le cherchant le soir, par les belles

nuits de printemps ou d’été, au pied des murs ou le long des petits ruisseaux. Cette espèce paraît aussi nocturne que l’Alyte, en compagnie duquel on la rencontre souvent et dont elle doit partager la retraite; elle se cache aussi sous les pierres pendant lejour.

« Le cri, que l’on entend surtout au mois

d'avril et de mai, le soir, dans les petites mares, les eaux pluviales, les fossés qui bordent les chemins, n’a pas la puissance de celui de la Rainette, auquel il ressemble beaucoup.

Fig. 455. — OEufs de Pélodyte.

Du reste, cette espèce est beaucoup moins bavarde, et soil à cause de sa plus grande rareté, soil à cause de sa préférence pour les petites flaques d’eau, elle ne se réunit jamais en aussi grand nombre. La note est assez pleine, lente, chevrotante et très grave; on s'étonne de la voir produite par un si petit animal. Le Pélo-

: dyte la répète sept à huit fois, sans se presser; - puis il s'arrête quelque temps pour recom- - mencer ensuite. Quoique assez faible, elle est

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