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courts, bien qu'assez robustes ; les doigts sont libres, au nombre de quatre (fig. 491).
La peau est lisse; il existe un pli gulaire bien marqué.
La coloration est, en général, d'un gris brunâtre cà et là tacheté de noir et marbré de taches sombres: la face supérieure du corps est parsemée de taches irrégulières sur un fond brun; une bande de couleur noire se voit le plus ordinairement le long des flancs: le ventre est couleur de chair pâle.
La langue est presque entièrement soudée au plancher de la bouche, libre cependant dans sa partie antérieure. Les dents voméropalatines sont disposées suivant une longue série. Les yeux, quoique petits, sont bien visibles. Les branchies externes sont très développées.
Distribution géographique. — Cette espèce a été recueillie dans les grands lacs situés à l'est des États-Unis, tels que l'Érié, le Champlain, le Sénéca ; on l'a trouvée dans l'Ohio et dans différents points du Canada, aux environs de Montréal
Moœurs, habitudes, régime. — Le Ménobranche paraît être rarement capturé, car on ne sait pour ainsi dire rien de ses mœurs. Mitchell dit que l’on prend parfois à l’'hamecon cet animal et qu’on a l'habitude de le montrer comme une rareté.
Gibbes rapporte que les nègres ont une crainte effroyable du Ménobranche, qu'ils tiennent pour excessivement venimeux. Le baquet de bois dans Jequel on avait placé cet animal fut même brisé par eux, de manière à ce qu'il ne püt servir.
Plus tard, Gibbes réussit à conserver vivants plusieurs Ménobranches.
Lorsque ces animaux sont tranquilles, ils déploient leurs magnifiques bouquets de branchies, du plus beau rouge; mais à la moindre alerte, ils les replient le long du cou.
Les Ménobranches montent lentement vers Ja surface de l’eau, prennent un peu d'air et plongent, tout en laissant échapper quelques bulles de gaz.
Captivité. — Nous avons remarqué au Muséum de Paris que, de même que le Ménopome, le Ménobranche est un animal essentiellement nocturne ; il est toujours dans le coin le plus obscur de l'aquarium qu'il habite, coin rendu plus sombre encore par la construction d’une retraite dont l’ouverture est placée à contre-jour.
On ne voit que très rarement l'animal, car il attend, en général, que les animaux dont il fait sa nourriture passent à sa portée; il s'empare de sa proie et la déglutit absolument comme le Ménopome.
L'animal tient ses panaches branchiaux écartés à une certaine distance du cou, puis, de temps en temps, les ramène contre le corps, pour les écarter de nouveau, et ainsi de suite.