LA TORTUE GRECQUE
d’un jaune beaucoup moins clair, et les taches noires qu'on y remarque ne sont pas disposées de la même manière.
La Tortue grecque atteint, en général, 0,30 de longueur ; le poids dépasse rarement deux kilogrammes.
Distribution géographique. — La patrie de la Tortue grecque paraît être circonscrite à une portion de l’Europe méridionale, c’est-àdire à la Grèce, à la Turquie, à la Dalmatie, à l'Italie et aux principales îles de la Méditerranée ; on la trouve, en outre, dans l'Asie Mineure et, d’après Tristram, elle est abondante en Palestine. Elle a été importée du sud de l'Italie dans le midi de la France.
D’après Schreiher, l'espèce a dû être introduite depuis assez longtemps dans plusieurs pays comme animal domestique, par des religieux, puis rendue à l’état sauvage. Elle est commune dans l'Italie méridionale, et dans la Grèce, auprès de Méhadia et au pied de l’Allion.
Mœurs. — La Grecque paraît rechercher de préférence les terrains sablonneux et boisés ; elle aime à se réchauffer aux rayons de soleil. «Nous nous rappelons, dit Bibron, qu’en Sicile, où ces animaux sont très communs, c'était toujours au moment le plus chaud de la journée que, sur le bord des chemins, nous en rencontrions dont la carapace avait acquis un degré de chaleur tel, qu’à peine pouvionsnous endurer la main sur ce test. »
Vers l'hiver, les animaux s’enfouissent profondément dans le sol et s’endorment pour reparaître vers le commencement du mois d'avril ; ils s'engourdissent dans des trous qu'ils se creusent parfois à plus de deux pieds de profondeur.
La Tortue grecque se nourrit d'herbes, de racines ; elle ne dédaigne pas les vers de terre, les limaces, les insectes et même les matières excrémentitielles. En captivité, elle mange des fruits, des légumes, du pain trempé dans de l’eau ou du lait; à condition de la protéger contre le froid et de la laisser hiverner on peut la conserver pendant fort longtemps.
Tschudi cite une Tortue qui aurait vécu environ 400 ans dans une campagne située au voisinage d'Adorf, dans le canton d'Uri. « Une Testudo, dit White, qui devint ma propriété après avoir été conservée par un de mes amis dans un espace clos pendant plus de 40 ans, s’enfouit chaque année au milieu de novembre et reparaît au milieu d'avril. Lorsqu'elle réapparaît au printemps, elle montre peu @’appé-
tit; au milieu de l'été elle dévore beaucoup plus; vers l'automne elle mange moins, et pendant plusieurs semaines ayant de s’enfouir elle n’avale plus rien. Les plantes laiteuses constituent ses repas de prédilection. Pour creuser son trou en automne, elle gratte avec beaucoup de lenteur et de circonspection, à l’aide de ses pattes antérieures, la terre qu’elle rejette en arrière, puis elle la repousse plus loin à l'aide de ses pattes postérieures. Les pluies l’effrayent : par les temps humides, elle reste cachée toute la journée. Par le beau temps, elle va prendre son repos vers quatre heures de l'après-midi, en plein été, etelle ne reparaît qu’assez tard le lendemain matin. Par les très grandes chaleurs, elle recherche l’ombre, de temps à autre; mais d'habitude elle se délecte voluptueusement à la chaleur solaire. » Reichenbach a observé que les Zestudo qu'il conservait en captivité erraient au loin, et reprenaient toujours la même route; quand il faisait plus froid ou quand le soleil ne paraissait pas, il les retrouvait toujours sous une plante déterminée dont les feuilles offraientun large abri. <
D’après Cetti, en Sardaigne, où l'hiver bien qu’adouci est toujours assez rude pour obliger les Tortues à chercher un abri dans le sol, elles s’enfouissent en novembre pour reparaître en février. En juin, elles pondent leurs œufs, au nombre de quatre à cinq et de couleur blanche, dont les dimensions rappellent ceux des pigeons domestiques. Pour pondre, elles choisissent un endroit aussi ensoleillé que possible, et y creusent à l’aide de leurs pattes postérieures une fosse dans laquelle elles déposent leurs œufs; elles s’en remettent au grand foyer lumineux qui éclaire le monde pour les soins ultérieurs de leur postérité. Au début des premières pluies de septembre on voit apparaître les petits dont les dimensions sont celles d’une demi-coque de noix et qui sont bien les petits êtres les plus paisibles de la création.
Lorsqu'on laisse ces animaux en pleine liberté, ils se comportent, même dans les pays les plus septentrionaux, absolument comme dans leur patrie. Dans une chambre à température élevée et constante, ils ne tombent pas dans le sommeil hivernal, maïs, d’après Fischer, ne vivent pas aussi longtemps que quand on leur ménage le repos de chaque hiver. C’est ce qui arrive fréquemment dans les ménageries si la température est constante;
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les animaux les plus difficiles à conserver, dans ces conditions, sont toujours ceux des pays tempérés qui ont l'habitude de s’engourdir chaque année; en les tenant constamment éveillés, on les fait vivre plus rapidement, si l'on peut s'exprimer ainsi.
Usages. — En Italie et en Sicile, la Tortue grecque est fréquemment apportée sur les marchés; on estime tout particulièrement la soupe qui est préparée avec leur chair. Dans l'Asie Mineure, on dresse des chiens à rester devant ces Tortues et à aboyer te ce qu'on vienne les capturer.