‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 8 sur 276 · DES SENS · texte numérisé non relu

DES SENS

Fig. 23.

Fig. 21 à 24. — Cerveau d’un Reptile (Varan du Bengale) et d'un Oiseau (Dindon) (*).

résulte une dépendance mutuelle moins intime entre les différentes parties de l’économie. »

Centres nerveux. — L’encéphale des Reptiles est peu développé ; bien que la surface du cerveau soit lisse et sans circonvolutions, le système nerveux s'élève cependant, chez les animaux que nous étudions, quant à la structure de ces diverses parties, au-dessus de celui des Amphibiens. Les hémisphères, qui sont creusées intérieurement d’un ventricule, commencent déjà à recouvrir le cerveau moyen. De même que chez les Oiseaux, il n’existe pas de corps strié ; les lobes olfactifs sont assez gros, ainsi que les lobes optiques. Le cervelet offre un développement progressif depuis les Serpents jusqu'aux Crocodiles, chez lesquels il rappelle ce que l’on voit chez les Oiseaux (fig. 21 à 24). Les nerfs qui partent de la partie postérieure de l’encéphale sont plus différenciés que’chez les anallantoïdiens. La moelle allongée est comparativement plus développée que chez les animaux plus élevés dansla série.

Grand sympathique. — On sait que chez les Verlébrés, à part chez ceux qui sont placés au bas de la série, outre le système nerveux cérébro-spinal, il existe dans la cavité ventrale une double chaîne de ganglions reliés entre eux, en connexion avec la moelle et avec l’encéphale, au moyen de quelques nerfs crâniens; cet appareil, qui tient sous sa dépendance une grande partie des fonctions soustraites à l'influence de la volonté, est connu sous le nom de grand sympathique ; il est probable que ce système représente, en tout ou en parlie, le système nerveux principal des Annelés et des Mollusques. Le système de ce sympathique existe chez tous les

Reptiles. Les diverses parties qui le composent, |

disséminées chez les Serpents et chez les Sauriens,

(*) Fig. 91 et 23, Cerveau d’un Reptile (le Varan du Bengale) et 22 ct 24, d'un Oiscau (le Dindon). — O!f, lobes olfactifs; Pn, glande pinéale; Amp, hémisphères cérébraux; Mb, lobes optiques: Cb, cervelet; Mo, moelle allongé ; ti, iv, vi, 2°, 3e et 6° paires de nerfs cérébraux; Py, corps pituitaire,

BREuM. — V.

, Commencent à se concentrer, en divers points chez les Crocodiliens et chez les Tortues, et rappellent en partie ce quel’on voit chez des animaux plus élevés en organisation.

On peut dire, en règle générale, qu'il existe une chaîne ganglionnaire de chaque côté de la colonne vertébrale, dans toute l'étendue des régions dorsale, lombaire et sacrée, les ganglions communiquant avec la moelle épinière et donnant un filet auxnerfs qui se rendent dans les muscles situés entre les côtes. À partir du cou, le sympathique monte vers le crâne, s’anas(omose avec le pneumogastrique, ce nerf qui préside avec lui aux fonctions du cœur, des poumons, des divers viscères, donne un filetau glosso-pharyngien, nerf quifournit desrameaux àla langueet au pharynx, et pénètre dans le crâne avec une branche du trijumeau ou nerf de la sensibilité de la face et d'une partie du cou. Dans sa parlie centrale, le sympathique forme des plexus qui, accompagnant les vaisseaux, se jettent sur les intestins, le foie, l'estomac, les organes génilourinaires, le cloaque.

Organes des sens. — Les organes des sens présentent un développement supérieur à ce que lon voit chez les Amphibiens. Parmi les organes sensoriels, l'œil occupe le premier rang, bien qu'il soit ordinairement petit et qu’il puisse même être entièrement caché sous la peau, ainsi qu'on le voit chez certains Ophidiens, chez les Typhlopiens. Le plus où moins grand développement des paupières fournit des caractères distinclifs pour certains groupes. « C’est chez les Serpents, écrit Carl Vogt, que ce développement présente le plus de simplicité ; chez eux toute paupière fait défaut. Les couches cutanées, en passant au devant du globe oculaire, deviennent transparentes et forment une Capsule qui s’enchâsse, comme un verre de montre, dans un repli de la peau. Le liquide lacrymal remplit l’espace compris entre cetle capsule

et le globe oculaire ; il s'écoule dans la cayilé nasale à travers un large conduit placé dans l'angle interne de l'œil. Chez presque tous les autres Reptiles, tandis que la paupière supérieure, peu développée, consiste simplement en un repli Cutané semi-cartilagineux, la paupière inférieure, bien plus grande et plus mobile, peut recouvrir tout le globe oculaire ; elle est souvent soutenue par une petite plaque osseuse ou semi-osseuse particulière; elle peut être transparente en son milieu de manière à permettre aux rayons lumineux d'arriver, en partie, jusqu’à l'organe de la vision, la paupière étant close. Chez la plupart des Lézards, des Tortues et des Crocodiles, on trouve

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Fig. 25. — Vue externe d’une section de la région auditive du crâne chez une Tortue (Chelona midas) (*).

en outre une membrane clignotante qui renferme également dans son épaisseur une plaque cartilagineuse et qui peut recouvrir le globe de l’œil plus ou moins complètement à partir de l’angle interne. Chez les Caméléons, la paupière, étroitement appliquée contre l'œil très proéminent, ne laisse qu'une fente étroite et se ferme circulairement. » Chez la plupart des Reptiles, les yeux ne jouissent pas d’une grande mobilité ; chez les Caméléons cependant la mobilité est fort grande, l’animal ayant la faculté de mouvoir ses yeux dans tous les sens et indépendamment l’un de l’autre. La pupille, arrondie chez certains animaux, est allongée chez d’autres, comme celle des Chats et des Hibous, et disposée pour une vienocturne ; c’est ce que l’on voit chez la plupart des Geckotiens. La structure et le volume de l’œil varient beaucoup; chez les Tortues, l'œil, de même que chez les Oiseaux, est soutenu par un anneau osseux contenu dans l’intérieur de la sclérotique ; cet anneau était très développé chez des animaux ayant vécu pendant les époques jurassique et crétacé et que nous ferons connaître plus bas sous le nom d’Ichthyo-sauriens. Dans l’œil des Lézards, on remarque des plis par-

(*) fo, fenêtre ovale; fr, fenêtre ronde; esc, asc, psc, canaux semi-circulaires externe, antérieur et postérieur ; BO, tympanique; 0, mastoïdien (d’après Huxley).

ticuliers de la choroïde, qui répondent au ligament falciforme de l'œil des Poissons et forment chez les Oiseaux ce que l’on désigne sous le nom de peigne.

L'appareil auditif est bien moins complet que chez les Mammifères et même que chez les Oiseaux. Il n'existe jamais de conque auditive et l'oreille externe n’est représentée que chez les Crocodiles qui ont un faible repli cutané situé au-dessus de la membrane du tympan. Il existe un limaçon et une fenêtre correspondante, ou fenêtre ronde (fig. 25). L’oreille moyenne et la caisse du tympan présentent beaucoup de variélés. La caisse et la membrane du tympan manquent chez les Serpents et chezles plus inférieurs des Sauriens, chez ceux qui sont privés de membres. Lorsque la caisse du tympan existe, la columelle est reliée à la membrane du tympan par une extrémité cartilagineuse. Cette membrane peut êlre tendue dans un cadre cartilagineux à la surface de la peau ou être cachée sous la peau ou même dans les muscles; uue large trompe d'Eus-

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