‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 85 sur 276 · partie postérieure de la (ête, le cou, le dos, sont BreuMmM. — V · texte numérisé non relu

partie postérieure de la (ête, le cou, le dos, sont BreuMmM. — V

Fig. 191. — L'Hattérie. ponctuée (1/4 grand. nat.).

surmontés par une crête peu élevée et profondément découpée, interrompue au niveau des bras. La peau des flancs est granuleuse, quelques tubercules plus gros que les autres se voyant sur la queue; la partie inférieure du corps est protégée par des écailles de forme irrégulièrement losangique, placées bout à bout; un pli de la peau forme au cou une large collerette; les écailles qui garnissent les membres sont plus petites que celles du ventre; une large pleque se voit à l'extrémité

| du museau.

La teinte générale est d'un vert olive assez sombre; les flancs et les membres sont mouchetés de petites taches blanches entre lesquelles se voient quelques taches jaunes plus grandes; la crête est d’un jaune brunâtre (fig. 191).

Distribution géographique. — L'Hattérie

LES AGAMIENS.

est particulière à la Nouvelle-Zélande. Des renseignements recueillis par les voyageurs

sulte que ce reptile était assez commun dans toutes les îles. L'introduction des pores et la guerre qui à été faite à ce Saurien a largement contribué à la disparition d’une espèce intéressante à tous égards; il est aujourd'hui rare à ce point que beaucoup d’indigènes ne l'ont jamais vu. ;

Anderson, un des compagnons du capitaine Cook dans son troisième voyage, signala le premier à la Nouvelle-Zélande un reptile monstrueux, voisin des Lézards. Taweicharooa, Néo-Zélandaisembarquésurla Découverte, assura, en effet, au naturaliste anglais que l’on trouvait dans sa patrie « des Serpents et des Lézards d’une grandeur énorme ; d’après ce qu'on nous dit de ces derniers, ajoute Anderson, ils doivent être de huit pieds de long et aussi gros que la cuisse d’un homme; ils saisissent et dévorent parfois les naturels, se tapissent dans des trous creusés sous terre, et on les tue en faisant du feu à l'entrée des terriers. »

Dans la relation de son voyage à la Nouvelle- Zélande, publié en 1638, Palock signale également un Lézard gigantesque abondant surtout dansl’îlede Victoria et à la baie del’Abondance; les naturels ont grand’peur de ce reptile et racontent sur lui bien des histoires effrayantes.

Taylor rapporte qu’il a vu plusieurs fois un reptile ressemblant à un petit crocodile, se tenant au bord des cours d’eau, mais qu'il n’a pu s'emparer de l'animal, qui plonge à la moindre alerte; certains individus tués et que notre voyageur à été à même d'examiner | avaient près de six pieds et pesaient jusqu'à

vingt livres anglaises.

Hochstetter parle du même animal dans l'ouvrage qu'il a consacré à la Nouvelle-Zélande

dans la première partie de ce siècle, il ré- | et dont la première édition allemande a paru

en 1863.

D’après Dieffenbach, les Néo-Zélandais désignent sous le nom de Zvatera ou Narara un reptile qui vitdans les collines sablonneuses qui bordent les rivages de la mer.

Les premiers animaux arrivés en Europe ont été étudiés à Londres. Depuis, en 1877, la ménagerie des reptiles du Muséum d'histoire naturelle de Paris a reçu plusieurs de ces animaux capturés à Rurima Rock, dans la baie de l’Abondance.

Méœurs, habitudes, régime. Nous avons dit que, d’après les dires des indigènes, l'Hattérie se tiendrait de préférence au voisinage de l’eau. Ceux que nous avons été à même d'observer à Paris se tenaient presque toujours dans l’eau, le corps à moitié immergé.

Les Hattéries de la ménagerie du Muséum se sont toujours montrées exclusivement carnivores ; elles n’ont jamais touché aux plantes, aux fleurs, aux fruits qu’on leur présentait, mais se sont, au contraire, avidement jetées sur des rats nouvellement nés, sur des oiseaux qui venaient d’éclore, sur de gros insectes ou sur, des vers de farine.

Nous avons dit plus haut que les Néo-Zélandais avaient grand'peur de l’Hattérie et racontaient à son sujet les fables les plus effrayantes : le reptile est cependant fort doux et ne cherche nullement à mordre: il est très craintif et se sauve au moindre bruit; ses mouvements sont vifs et saccadés et ont lieu, pour ainsi dire, par secousses. L'animal mâchonne sa proie, et les replis qui garnissent le bord des mäâchoires remplissent l'office de lèvres.

LES AGAMIENS — AGAMIDÆ

Caractères généraux. — Duméril C(t Bibron ont désigné sous le nom d’/guaniens ou d’£unotes des Sauriens chez lesquels le corps est | couvert de lames cornées, sans écussons | osseux, ni tubercules enchâssés, n'étant jamais disposées par anneaux verticillés ou circulairement entuilés; ni le ventre ni la tête ne sont revêlus de grandes plaques cornées; la langue est libre à sa pointe, épaisse, non cylindrique et ne peut point rentrer dans un fourreau; les

yeux possèdent des paupières mobiles; les doigts sont libres, distincts, tous onguiculés.

Les dents sont tantôt appliquées, comme des pieux, contre le rebord de la mâchoire formant parapet (fig. 192); elles sont d’autres fois soudées au bord libre de la mâchoire, qu'elles semblent continuer (fig. 193, 194); la première dispositicn est dite pleurodonte, la seconde acrodonte.

Se basant sur le mode particulier d'’implan-

LES AGAMIENS.

tation des dents qui correspond à des faits intéressants de distribution géographique, on partage généralementles Iguaniens ou Eunotes de Duméril et Bibron en deux familles, les Iguaniens proprement dits et les Agamiens.

Les Agamiens sont des Sauriens dont cer- | taines espèces arrivent à une assez grande

Fig. 192. — Coupe de la mâchoire d’un Iguane.

taille. Le corps est généralement comprimé latéralement, parfois très élancé; il est déprimé chez les Fouette-queue et chez les Phryno-

céphales. Les formes sont toujours élégantes et

indiquent des animaux agiles. La queue peut être arrondie, formée d'écailles épineuses, disposées par anneaux, ainsi qu’on le voit chez les Slellions, déprimée, armée d'’épines ou formant des verticilles, comme chezles Fouelte-

Fig. 193 et 194. — Mächoire d’Agame vue en dessus et littéralement.

queue. Le dos est parfois orné d’une crête plus ou moins haute, irrégulièrement dentelée,

s'étendant plus ou moins sur leur queue; cette disposition s’observe chez les Istiures, les Lophyres ; elle est basse chez lesLyriocéphales, les Cératophores et n’est plus représentée que par un rudiment chez les Silanes. Chez les Chlamydosaures, une énorme collerette plissée, dentelée, formée par la peau couverte d'écailles et soutenue par des osselets osseux, s'étale de chaque côté du cou. La peau des flancs étendue | et soutenue par les côtes forme une sorte d’aile ou de parachute chez les Dragons. Un énorme fanon se voit sous le cou chez les Sitanes mâles; les Istiures ont également un fanon, mais plus petit. Les écailles peuvent former un pli au devant de la poitrine, ainsi qu'on l’observe chez les Istiures, les Lophyres. Chez les Lyriocéphales l'extrémité du museau estsurmontée d’une protubérance molle recou-

verte d'écailles ; le museau se prolonge en une | sorte de corne molle chez les Céralophores.

Les écailles du corps sont parfois disposées par bandes obliques (Galéote, Lophyres, etc.); d’autres fois, comme chez lesGrammatophores, aux petites écailles imbriquées qui revêtent la partie supérieure du corps, se mêlent des tubercules épineux formant des bandes lon-

| gitudinales sur le dos, transversales sur la

queue. Des épines se voient en différents points du corps, principalement autour des oreilles et derrière la tête.

Les doigts sont au nombre de cinq à chaque membre, à l'exception des Sitanes et des genres démembrés de celui-ci, qui n’ont que quatre doigts aux membres postérieurs; les bords des doigts sont dentelés chez les Phrynocéphales. Les pores fémoraux peuvent exister (Istiure, Grammatophore, Chlamydosaure), ou manquer (Galéote, Lophyre, Dragon, Sitane, Cératophore, etc.); il existe des pores anaux chez les Agames et des écailles crypteuses au devant de la fente anale chez les Stellions.

La langue est généralement épaisse, fongueuse; elle peut être légèrement échancrée (Istiure, Galéote), ou entière (Dragon, Silane); elle est écailleuse dans sa moitié antérieure, papilleuse dans sa partie postérieure chez les Leiolopis. La membrane du tympan est généralement grande, tendue à fleur de tête, parfois un peu enfoncée, ainsi qu'on le voit chez les Grammatophores, les Istiures, les Lophyres, les Chlamydosaures; elle est parfois cachée, comme chez les Lyriocéphales, les Phrynocéphales, les Cératophores; cachée chez certains Dragons, elle est visible chez d’autres; le trou de l'oreille est vertical, en partie caché par des dentelures écailleuses de la peau chez les Fouette-queue.

Les dents sont implantées dans la substance même des os des màchoires; elles y adhèrent intimement par la base de leurs racines, de manière à faire corps avec elles ; les dents latérales sont comprimées, triangulaires, souvent échancrées, tandis que les antérieures sont généralement coniques et pointues; il n’existe pas de dents sur la voûte palaline.

Distribution géographique. — Tous les Agamiens sont de l'Ancien monde et d'Australie; c’est dans le sud de l'Asie que la famille atteint son plus grand développement, car on y trouve environ la moitié des espèces connues. Le Stellion commun est le seul représentant de la famille que nous ayons en Europe; il habite la Grèce. Les Phrynocéphales se trouvent aux confins de l'Europe et de l'Asie; ce sont

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